PARIS
HENRYK SIEN KIEWICZ & « QUO VADIS ? »
Le célèbre écrivain polonais Henryk Sienkiewicz est né en 1846. Ses ouvrages, tous très remarquables, sont aussi goûtés en France que ceux de nos propres romanciers. Son « Quo Vadis », que nous offrons au public dans 1 dêal-Bibliothèque , est celui qui a eu le plus grand retentissement.
Sous l’affabulation d'un roman, d’ailleurs très prenant, Quo Vadis nous montre un épisode de la longue persécution que le christianisme naissant eut, humble et désarmé, à subir de la part du pouvoir fidèle au paganisme déjà expirant, sur Lequel sa supériorité morale s’affirmait cependant peu à peu, et qu'il devait bientôt supplanter pour toujours. Dans ce livre minutieusement documenté, et dont les traducteurs Kozakiewicz et Janasz ont si bien rendu la couleur, on voit se succéder les plus intéressants tableaux des mœurs et des idées romaines au temps de Néron. Une touchante histoire d’amour se déroule, à travers les intrigues et la corruption de la Cour impériale, entre un jeune officier du grand monde païen et une captive chrétienne, dont il finit par embrasser la foi.
Les extravagances de l’imperator, la bassesse de la plèbe, l’effervescence de la rue, les jeux du cirque, la faveur et la disgrâce de Pétrone, la rigueur avec laquelle les chrétiens furent traqués après l’incendie de Rome qu'on leur imputait et qui était 1 œuvre de Néron, sont autant de sujets que l’auteur a exploités avec une maîtrise supérieure, tout en faisant ressortir le contraste qui s’établissait entre l’immoralité générale, le détraquement moral de la société païenne, et les mœurs simples et pures, des premiers disciples du Nazaréen, leur vie calme, leurs idées droites, et la puissance de leur foi, qui leur faisait affronter délibérément les plus cruels supplices, et, comme l'Apôtre Pierre, ne répondre à cette question Quo vadis? (où vas-tu) qu’en s’en retournant vers la persécution à laquelle il pouvait échapper et qu’il avait commencé de fuir, pour donner aux fidèles hésitants l’exemple de l’abnégation et du courage en face du martyre.