ACTE PREMIER
EVA, à André.
Monsieur de Mora ne reconnaît pas une vieille amie?... (sue
lui tend La main.)
ANDAÉ.
Ohl si, madame. (U luI baise la main.)
LE PRIKCE, surpris.
Vous connaissez moniieur?
EVA
De Naples, oui I... où nous nous sommes vus souvent l*hiver dernier 1
LE PRINCE, aree une nuance de jalousie, suirant des yeui André, qui sort avec Carie.
Ahl il est plus heureux que moi.
SCÈiNE X.
LE PRINCE, EVA
EVA, assise sur le caDapé.
Toujours galant, donc, monseigneur?
LE PRINCE, dçbout.
Galant avec vous... quel. motl... Dites toujours épris,., toujours amoureux, amoureux fou!
i EVA.
Après deux ans?
LE PRINCE
Deux ans où votre souvenir n*a cessé d^être présent à mes yeux. Depuis le jour où, désespéré de vos rigueurs, j*ai quitté Paris pour vous fuir... je puis vous le-jurer... voici le premier instant où mon cœur s'épanouit à Taise!... Ah! Dieu, que je luis heureux !... Ah 1 que je suis donc heureux de vous voir!
EVA
Eh bien, mof, franchement, sans y mettre tant de chaleur, j'ai vraiment le plus grand plaisir à vous tendre la main...
LE PRINCE^ a'asseyaot près d'eUe sur une chaise.
Voilà une bonne parole, au moins. Et vous éliez à Monaco, dans mon jardin, et sans ces maladroits!...
EVA
Oh! pour cela, oui; arrivée cette après-midi, j*étais bien résolue à partir demain.
LE PRINCE
Sans me voir?
EVA
Eh! sans doute!.. Inattention que Votre Altesse a bien voulu me prêter à Paris, où le hasard nous fît rencontrer...
LE PRINCE
A l'ambassade d'Angleterre!... Ah! quelle soirée! Elle a empoisonné toutes les joies de ma vie.
L'attention donc que vous avez bien voulu me prêter, sous l'influence de ce poison, n'a pas été sans faire naître quelques propos.
LE PRINCE
Tout à mon ridicule, grand Dieu, et à votre louange..,
EVA
Bon!... -mais j'étais mariée, alors, et depi^ que je suis veuve I...
LE PRINCE
Veuve!... M. Blounth?...
EVA
Il y a dix-huit mois qu|^l n'esî. plus de ce monde...
LE PRINCE
El je l'apprends?..