‹ RabagasChapitre 176 sur 358 · BENJAMINE, JENNY · texte numérisé non relu

BENJAMINE, JENNY

(filles arrosept toutes deui del caetns.)

BENJAMINE

J'espère que maman ne dira pas qu'on néglige ses cactus!

C'est bien biscornn tout de môme ces plantes-là I Dire qu'il y en a comme ça dans toutes les maisons de campagne de ville-d'Âvrayl... Est-ce que vous trouvez ça joli, tous, mademoiselle ?

BENJAMINS*

Pas trop \ Mais maman les aime, cela lui rappelle son pays I Elle les a vues hier au bas de la terrasse et a demandé pourquoi elles n'étaient pas dans la serre. Avant déjeuner» j'ai fait

* benjamine, Jennj*

tout monter par le jardinier, et, pendant qu'elle s'habille, nous aurons le temps de tout arroser pour lui faire la surprise.

JENNT.

Gomme c'est drôle !

' BENJAMINE

Qu*est-ce qui est drôle, Jenny?

JENNY

De Yous entendre parler comme ça de madame I

BENJAMINE

De maman?

(Elle passe à droite.) JENNY.

C'est qu'elle n'est pas Yotre maman, comme yous dites... elle n'est que YOtre belle-mère I...

C'est Yrai; mais j'étais si jeune quand ma pauYre maman est morte... et puis, qu'est-ce que cela fait qu'elle soit ma bellemère, si elle est aussi ma bonne mère ? Quand papa arriva d'Alger, où il était allé refaire sa fortune, et quand il vint me cbercher au couvent des Oiseaux, où j'étais depuis son départ, à la vue de cette belle dame, qu'il avait épousée là-bas et qui lui donnait le bras, mon cœur se serra et je fondis en larmes t Mais elle m'attira si doucement, en m'appelant sa fille, que je . lui sautai au cou et je l'embrassai comme si je n'avais fait que cela toute ma vie... et, depuis ce temps-là, ce qui m'arrive est bien singulier, val... Autrefois^ quand je pensais à ma pre- . mière maman, je la voyais tout de suite devant moi avec ses

Î^eux bleus et ses grandes boucles J)londes; maintenant, c'est a figure de ma seconde maman qui vient à sa place, si bien qu'avec le temps, il me semble qu'elles ne font qu'une toutes les deux, et que c'est toujours la même qui était partie et qui est revenue.

JENNY

Ah F vous pouvez bien vous figurer cela, mademoiselle ; mais elle^ je yous réponds bien que non I

(Elle remonte atec l'arrosoir.) BENJAMINE.

Pourquoi?

JENNY

Parce que cela lui ferait dix ans de plus^ donc! Une grande

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