‹ RabagasChapitre 177 sur 358 · ACTE PREMIER. s · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. s

fille comme vous !... Savez-Tous que ça la chaâserait tin pei^ loin ; et madame, qui a des prétentions...

' BENJAMINE

Elle est si charmante !

Damel les créoles I... car c'est une créole, n'est-ce pas, mademoiselle ?

BENJAMINE

Oui.

JENNY

Laurent m'a conté cela. Il paraît qu'on était joliment riche, mademoiselle, dans cette maison-la; mais les procès mangeaient tout, si bien qu'à la fin, madame vivait bien pauvrement avec sa mère, quand elle fut demandée en mariage . patr votre papa, qui avait fait.fortune, et qu'elle épousa... par^ dévouement pour sa mère... (a part.) J'en ferais bien autant!

BENJAMINE

Avoue qu'elle était faite pour la richesse, Jenny!... Quelle grâce I... quel goût I...

JENNY, déposant ton arrosoir et descendant en scène.

Oh I oui. Seulement, depuis quelques jours, je lui trouve des manières très-drOles !

BENJAMINE

A maman?

JENNY

Mais oui, mademoiselle!... Elle me donne un ordre, et, cinq .minutes après, c'est tout le contraire !... Elle m'appelle : j'accours, et elle me regarde d'un air tout étonné!... Les trois quarts de la journée, elle reste dans un fauteuil à rêvasser les

Îeux fermés, et quand elle se lève, c'est pour courir comme si e feu était à la maison !. . . Si une femme de chambre comme moi avait des lubies pareilles, on appellerait ça des turlutainesl...

Papa est toute la journée occupé à son jardin; elle s'en- \ nuie ici.

< JENNY

J'ai fini d'arroser, mademoiselle,

BENJAMINE. (Elle remonte vers le fond et regarde la eampagpie.)

Alors, reposons-nous. Quelle belle journée de printemps! Regarde donc la pelouse au soleil et le hoisdes JPausses-âepos^s

i NOS INTIMES!

tout là-bas.... Comme il fait bon vivre pai^ un temps pareil I Est-ce que tu ne trouves pas que cela grise ?

JENNY, arec malice.

Il faut bien que cela grise, mademoiselle, car vous parlez du bois qui est à droite, et vous regardez la maison de M. Tholosan, le médecin, qui est à gauche !

BENJAMINE^ un peu troublée.

Moi?

JENNY

Dame!

BENJAMINE

C'est que je trouve qu*il tarde bien à venir- aujourd'hui, (se reprenant.) Je dis ccla^ tu comprcuds, à cause de notre convalescent.

JENNTf rangeant le canapé, la chaise, etc.

Oh l je comprends bien!... Mais soyez tranquille pour le convalescent, mademoiselle. Madame a soin de lui : voilà une bonne idée qu'il a eue là, ce M. Maurice, de tomber malade chez nous!

Pauvre jeune homme! Le mal l'a pris si subitement! Papa Tavait amené de force à Ville-d'Avray pour lui faire voir sa nouvelle campagne et pour le distraire, car il parait que M. Maurice avait de grands chagrins. Et, comme il se levait de table après dîner, voilà qu'il devient pâle tout à coup et qu'il tombe évanoui. On cherche le médecin... personne!... Enfin,

Ëapa se rappelle qu'il y a ici, à deux pas, un grand ami de [. Maurice, le docteur Tholosan, un médecin homœopathe...

JENNT, avec intention.

Un jeune homme charmant !

BENJAMINE

Oui... et qui n'exerce la médecine qu'en amateur. Il court, le ramène, et voilà M. Maurice au Ik, avec une fièvre!...

JENNY

Allons, ça n'a pas été bien grave, mademoiselle.

BENJAMINE

Parce que M. Tholosan était là ; autrement...

JENNY. J

Voici madame ! L

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