‹ RabagasChapitre 182 sur 358 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

BENJAMINE

Âh ! oui, papa.

CAUSSÂDE, avec complaisance*

C'est le fumier! Tu t*y feras, c^est sainl... c'est sain t.. ^ Ce sera bien autre chose quand je vais engraisser mes bétes et concourir avec elles.

BENJAMINE

Tu viens donc de planter quelque chose? '

Oui, d'abord des pièges pour attraper une misérable hôte que le soupçonne d'être un renard, et qui depuis hier ravage le poulailler... et puis trois cents pieds- d'alouette (à céciie) que tu désirais pour bordure au parterre... et je te prie de croire qu'en plein soleil...

CÉCILE

Des pieds-d'alouette ! J'aurais mieux aimé du réséda.

CAUSSADE, déconcerté.

Ah!

BENJAMINE, à Gaaisade.

Voilà comme nous sommes, ce matin.

CAUSSADE

Sapristi! Moi qui croyais... Enfin, j'arracherai les trois cents pieds-d'alouette et je planterai trois cents pieds de réséda, mais tâchons de nous entendre !... (Aperccrant le cactas.) Tiens! mon cactus ^ est là!

(Il remonte et prend la flenr.)

BENJAMINE*

Qu'est-ce que tu appelles ton cactus?

CAUSSADE

Celui-ci. (vitement.) Ne touche pas !

BENJAMINE

Ça pique?

CAUSSADE

Ça pique... et puis c'est précieux, (n descend enle tanant I la maia

avec solennité.) Ccci, chèic cnfaut, tc réprésente le cactus Cédlia, une espèce nouvelle, unique, créée par ton père, et â laquelle j'ai donné par galanterie le nom de ta maman.

(Il pose la fleur sur la table, detant Cécile.) * Caussade, Benjamine, Cécile. .

CÉCILE

Mon nom à celai... Mais je vous le défends; c'est très-laid!...

CAUSSADE*

Oh! c'est très-laid ! mais c'est ce qui en fait la beauté! Figurez-vous bien qu'il n'y a pas encore dans le commerce un cactus dont la laideur approche de celle-là ! Regardez-moi ça de profil!...

BENJAMINE

Oh! c'est horrible !

CAUSSADE, avec satisfaetion.

C'est monstrueux!... Et la fleur! Tu verras la fleur, demain, quand elle s'ouvrira... une heureuse combinaison de l'entonnoir et de l'artichaut. Mon voisin, M. Courtenot, va crever de dépit!

(Il remet la fleur à Benjamine.) BENJAMINE.

Ah ! il produit aussi des...

(Elle Ta reporter la flenr au fond.) CAUSSADE.

Ah! oui, mais... moins réussi que cela; ce qui a provoqué entre nous quelaues discussions, puis de l'aigreur, et enfin une véritable discorde. Nous ne nous parlons plus, et il n'est pas de pierre ou de détritus végétal qu'il ne jette dans mon jardin, par-dessus la haie qui nous sépare. Tout à l'heure encore, cette souche de dahlia, que je lui ai renvoyée^ qu'il m'a renvoyée et que je Igi renverrai.... Mais avant, je voulais consulter l'ami Maurice pour savoir si j'étais dans mon droit.... Où donc est-il?

CÉCILE, qai s'est levée aux derniers mois.

Mais je n'en sais rien ; je le croyais avec vous!

CAUSSADE

Mais non!... Ah! mon Dieu! vous le laissez sortir par ce grand soleil ?•••

CÉCILE. '

Mais c'est vous qui le laissez sortir!

CAUSSADE, agité.

Un convalescent!... Un garçon qui n'a pas plus de raison !. , Un véritable enfant!... (Appelant.) Maurice!...

* Benjamine, Canssade, Cécile.

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