‹ RabagasChapitre 187 sur 358 · CÉCILE, MAURICE · texte numérisé non relu

CÉCILE, MAURICE

CÉCILE

Comment vous trouvez-vous?...

HAURICK.

Un peu fatigué I...

GËCU^Ej passant entre la table et U canapé et poussant le tabovret sou» les pi«df

de Maurice.

Mettez le tabouret sous vos pieds.*.

MAURICE

De grâce^ madame!...

CÉCILE. '

Allons, allons! vous n'êtes pas ici pour faire vos volontés I...

MAURICE.'

**Ahî madame, comment vous exprimer ma reconnaissance pQUf les soins adorables dont vous m'entourez!. ..

QltCILB. (KRe met do suere dans le Terre.)

Oh! n6 parlons pas de cela!'

Parlons-en toujours, au contraire! Quelle prévoyance délicate!... Ah! c*est bien vous qui m'avez guéri !,„ .

CÉCILE

Avec le médecin!

* Géolle, Haorice.

MAURICE

Non, madame, non! le médecin n'y est pom rien... c'est votre douce influence gui m'a sauvé... C'est ce magnétisme si doux de la femme, qui nous enveloppe comme une caresse et qui rafraîchit notre front brûlant mieux que ne le ferait un ange gardien en agitant ses ailes!... (câdie ▼« chercher ie dtron qat est

retlé sur le gnéridon , et revient à la table où elle verse de l'ean dans le verre.) Au !

madame, languissant , épuisé par la fièvre, les yeux fermés, je vous entendais aller et venir comme dans un rôve et parler bas , sans autre bruit que le son de la cuillère dans la tasse ou le frôlement léger de votre robe... et j'écoutais, ravi!... Vous me disiez si doucement... « Êtes-vous mieux?... Voulez-vous boire?...» Et je me soulevais pour boire, non pas cette liqueur il 'pide que votre main me versait , mais le son de votre voix, mais vos regards, mais votre souffle... et^ avec lui, la santé^ l'espérance et la vie !.. .

CÉCILE , remnant avec la. CttilUre le sacre qui fond.

Allons! allons! vous êtes un enfant!.. , Êtes-vous mieux?...

MAURICE s'éventant avec son monchoir.

Oui^ madame, un peu mieux I...

CÉCILE

Vous avez encore bien chaud !... Voulez- vous un éventail?...

(Elle repose le verre sûr la table et va à la console en passant derrière le canapé.) VoyCZ

pourtant comme vous êtes imprudent!... Si vous aviez une rechute!...

MAURICE

Ah! plût à Dieu!...

CÉCILE , prenant l'éventail.

Gomment! plût à Dieu!

MAURICE

Car je serais encore votre malade, et je les retrouverais, ces souffrances que vous changiez en bonheur... Et je la bénirais de son retour, cette maladie qui s^éloigne, hélas ^ et qui emporte avec elle tant de douceurs!...

CÉCILE , redescendant à loi *.

Mais, mais, mais, mais qu'est-ce que c'est que cela; mais voulez-vous bien ne pas dire des folies pareilles!...

MAURICE

Ah ! ne défendez pas ^ celui ^ue vous avez sauvé 1^ sçule

* Maurice, Cécile.

AG7B PREHIBR. 19

joie qui Iiri reste aujourd'hui... la reconnai^ance , celte douce religion du cœurl...

(Cécile lui tend l'éTCntaii qu'il prend, 6t ils restent nn moment à le tenir tous deux.)

CÉCILE

Mais, avec vous^ ce n'est plus de la religion, c'est du fana*

tisme!

UAUBICE, pff«naBt PérenUil, «n glinant sa main 4« fa(QD 4 «fBsmtff eatli de CWcBi«

Qu'impolie I...

CÉCILE I retirant sa main.

Vous ayez encore un peu de fièvre 1

MACRICB.

Peut'ôtrei.i. ,|.

CÉCILE

Ohl certainement !..« je le vois bien... Un peu d'agitation encore !

(«lie revient à la table.) MAURICE*.

Toujours 1

CÉCILE

C'est votre faute I

MiURICB.

Ma faute?...

CÉCILE^ rapprochant la table du gojridofe.

Assurément ! Deviez-Yous fumer et marcher ainsi ?.•• Il vous fkut du repos, du calme, et vous vous passionnez.., Ahl je comprends que vous soyez tombé malade de chagrin!..,

UAURIGE.

Vous savez?,..

CÉCILE , achevant de faire la limonade et coupant le citron.

Oh! fort peu! M. Gaussade est très-discret! Mais j'ai entendu carier de rupture, je crois... d'amour malheureux... contrarié! — Enfin, quelque chose comme cela, n'est-ce pas? Je ne sais déjà plus ! (siie presse le citron.) — Âvcz-vous asscz de citron?...

MAURICE

Oui, madame! Vous disiez qu'un amourl...

CÉCILE, sans le regarder.

Ah ! mais, pardon, c'est mon mari qui disait cetdi ce n*cst pas moi!...

* Géeile, Maurice.

MAURICE

Eh ! bien oui^ madame, j'ai aimé.

CÉCILE, viTement.

Mais, je ne vous le demande pas.

(Elle pose Id Terre devant Maurice et reprend sa iapiteerie.)

MAURICE

J'ai aimé> aimé comme un fou l Et ce que j'ai souffeii, madame... Non ! il n'est pas de paroles humaines pour l'exprimer... Adorer une créature indigne, vulgaire, absurde l Lui sacrifier

devoirs, famille, fortune... (Cédle s'assied mr U chaise à gaoehe da ^idoa.)

Et jamais une pensée qui fût l'écho de la mienne... jamais ce doux accord, cette harmonie, cette poésie^ cette fusion des âmes, qui est tout l'amour, vous le savez^ et sans lequel l'amour n'est pas possible I

CÉCILE

C'est bien vrai I

MAURICE^ viremoit.

N'est-ce pas, madame 7

' CÉCILE, on pen troabUe.

Du moins... on le dit 1 Je n'en sais rien 1

MAURICE, s'aecoodant sur le guéridon et U regardant, dcneiiiil,

Rienl En êtes- vous bien sûre?

CÉCILE

Âb I mais vous êtes dangereux, monsieur, vous donnez an tour aux paroles qu'on laisse échapper...

MAUBICE, a&ni la regarder, et jouant avec rëventaO.

r4'est qu'il est bien difficile, madame, de ne pas faire certaines comparaisons, entre vous... et lui... Vous savez de qui je veux parler?

CÉCILE

Mon mari. — Eh bien, n'est-ce pas le meilleur des hommes, le plus dévoué, le plus affectueux, le plus estimable...

MAURICE, vivement.

Oh 1 madame, estimable I Â qui le dites-vous? Je suis ici pour

faire son éloge, moi, son ami !... (Doncement et avec nue eerUine hési-

ution.) Mais l'amitié me fait justement un devoir de regretter que son intelligence ne soit pas toujours à la hauteur ie son cœur... pour vous comprendre.

CÉCILE

Il est si boni

Page 1