ACTE PREMIER. JO
MAURICE, TivenMnt.
Ohl excellentl (iièm« j«b.) ...mais un peu prosaïque... peut- ^tre U*
c£ciLE.
Peut-être !
MAURICE, un pen iviltenr.
Voyons, entre nous... il ne faut pas lui demander le sens de tout ce qui est délicat,, artistique... et fin I
CËCILE, sonnant.
Ohl jamais 1 mais il est si bon !...
MAURICE
Oui, madame... mais la bonté... la bonté !•••
CÉCILE
Oh! assez d'éloges 1... C'est vous qu'il faut plaindre 1 Heureusement, TOUS êtes jeune et vous vous consolerez bien vite 1
MAURICE
Seul, sans ami qui me soutienne, qui me raisonne, qui m'encourage ?
CÉCILE
Eh bien, et mon mari?
MAURICE, Vf te plot de ehaleor. ,
Eh! madame, tous le savez bien, il est de ces blessures pour qui la main d'un homme est trop lourde... il faut les soins légers et délicats de la femme... Il n'est <][ue votre amitié qui puisse faire oublier votre amour !... Je n'ai plus de mèrel... je n'ai pas de sœur!... c'est une amie qu'il me faudrait!... ou plutôt, à un pauvre malade tel que moi... une sœur de charité... comme vous!
Gomme moi!...
MAURICE, tttondj rar la table et les mains jointes.
Ah I si j'osais vous supplier d'être cette fée, cet ange, et poui: tout dire en un mot, cette amie que je rêve...
CÉCILE
Hais une femme, je ne sais pas trop...
MAURICE, TiTement.
Ce n'est qu'une lettre de plus, madame... Et d'ailleurs, avezvous le droit de refuser ce litre que vous avez si bien justifié? car vous m'avez accueilli en amie, soigné en amie, sauvé en amie! Ahl vous le voyez bien... j'ai le droit de vous le donner,
ce nom qui m'est si doux & prononcer... et qui ne peut pas tous sembler bien cruel à entendre I
cécir^.
Je ne dis pas... certainement... Vous consolerl Vous faire de la morale comme une grande sœur, à condition que vous écouterez comme un petit enfant t... Et, à force de bons soins, guérir cette maladie de Tâme comme nous avons guéri rauti:e... c'est une bonne action...
MAURICE
Certes t
g£cilb«
Et comme cela!... le ne vois pas..* je ne crois pas... car enfin, ce n'est que de l'amitié, n'est-ce pas? une anutié vraie...
Une...
CÉCILE, M letanti et Ini tendant la mtfai à ranglsîM*
Une amitié de garçon I...
MAURICE
Et il n'y a rien là qu'on ne puisse avouer.
CÉCILE, Tivement»
Seulement nous n*en dirons rien : le monde est si méchant I
(Elle pose sa tapisserie dans la corbeille.)
MAURICE
Rien! Et ce sera délicieux! Nous aurons nos secrets! un secret à nous deux ; nous aurons nos petits mystères... nos regards et jusqu'à nos rendez-vous... comme en amour...
CÉCILE, retirant sa main.
Oh!
MAURICE, TWenent.
Oh! nous pouvons bien en parler... nous en sommes si loin!
CÉCILE, après one certaine hésitation, loi tendant la main.
C'est vrai, nous en sommes si loin !
LAURENT, dans la coulisse.
H. Maurice est au salon.
TH0L03AN, de même.
Bien! bien !
MAURICE, à paru On vient! diable ! (n s^tourte vlTement de Cécile.) Âh !