‹ RabagasChapitre 197 sur 358 · SCÈNE XIII Les Mêmes, moins BENJAMINE · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII Les Mêmes, moins BENJAMINE

CAUSSÂDEy 1 Tholosan, qui redescend*

J'attends justement quelqu'un ce soir!

CÉCILE

Vous attendez quelqu'un?

CAUSSADE

C'est-à-dire j'attends et je n*attends pas... (céciie remonte à gaeciin

Maurice, qui est resté à droite, prend un journal, et remonte de façon à r^oindre Cécile shos

* Gaassade, Cécile, Benjamine, Tholosan, Maurice. ** Gédle, daussade, Tholosan. Maurice.

n NOS INTIMES!

•ibeitUoD.) Figurez-Tous que j*ai, au deuxième étage, la plus jolie chambre bleue I Une chambre d*ami... une amour!... Je ne sais pas si vous êtes comme moi ; mais je ne comprends pas une maison de campagne sans chambre d'ami I II me faut toujours des amis autour de moi 1 Des gens gais , de bons visages, des cœurs chauds... Enfin, je me sens si heureux que je veux toujours quelqu'un qui partage mon bonheur 1

THOLOSAN, ^ gardant Sattrice et Cédle qni se sont rejoinU et qui le parient bat, et hii

montrant Haurioe.

Ehl bien, vous avez votre affaire?

CAUSSADE

Maurice I oui: mais ça ne suffit pas I La chambre est vide I II est tombé malade ; il a fallu lui dresser un lit dans On cabinet, au premier, à portée de tous les secours 1 (a xhoiofan, prjœenpé i» mariée et de Cécile.) Qu*est-ce que VOUS regardez donc?

THOLOSAN, faisant lemblant d'enraager ta emwte.

Rien... c'est oe faux-col I

CAOSSADB, loi arrar|tant son faoz-eol et eentinuaiit.

Et VOUS ne sauriez croire à quel point je suis agacé de voir une chambre si bien meublée se faner toute seule l C'est absolument comme une jolie fille qui ne trouve pas à se marier... et encore la jolie fille a la ressource... Non, ma comparaison n'est pas bonne...

THOLOSAN.

Elle n'est pas bonne 1

CAUSSADB.

* Je me dis un beau matin : « Il faut que je la remplisse cette malheureuse pièce. » Je prends le chemin de fer, je tombe à Paris, et, à chaque ami que je rencontre, je crie : « Comment I ici, vous î... par ce temps-là! Mais venez donc à Ville -d'Avray,

vous y serez comme chez vous I » (Même jea de Tholoean, dont rœil suit Cécile et Uaarice, qui remontent Ters le jardin.) Ëst-ce que Ça UO va

pas?

THOLOSAN.

Si, si, fSfà même très-bien!

CAUSSADE, conthuiant.

J'ai fait la proposition à tous mes amis : à Marécat, un ami d'enfance; à Vigneux, un ami de collège; à Cahusac, un ami

que j'ai fait en Algérie, (id vannée et Céeile disparaissent i deai dans le jar> din. Tbolosan n'écoute plus Caussade et remonte un peu derrière lui, pmir les surveiller : Canssade continue atas renuir^er son absence.) A ValeUCiu, UU ami qUO j'ai

ilCTE PREMIER. 8S

fait à la chasse... (Ul U Aenhe. Iholosan il m droite, «i ne le retrouve qn*i M

gauche.) Non^ à la pêche.». Non, je disais biea, à la chasge...

THOLOSAN.

Oui, oui^ très-bien!

CAUSSADE

Aux Grandmenil, des amis que j*ai faits en chemiô de fer; à PérigQon, un ami que j*ai fait à la Bourse; à... ,

THOLOSAN, rinterrompant.

Sapristi! mais voilà bien des amis. Combien on ayez-vous

donc comme ça? ((pfh» haut, de manière à interrompre la convereation de Maorioe

et de Cécile.) Sans compter Maurice ?

(Maariee descend en entendant ion nom.) CADSSADE*

Oh I comme lui, pas beaucoup!

THOLOSAN, & 9M«*.

C'est heureux !

CAUSSADB, frappant amioalenent nir k tAle de Vaariee*

Le fils d'un vieux camarade I Un gamin que j'ai vu naître.... Mais j'en ai d'autres I

Une douzaine ?

CAnSSADB.

Ohl une vingtaine au moins!

THOLOSAN.

Une vingtaine, peste I

CAUSSADB.

Oh I je suis très-li^nt, moi ! Quand j'ai vu un homme deux ou trois fois, et que je connais bien son caractère... Est-ce que vous n'êtes pas liant, vous?

THOLOSAN.

Non.

■AUBICB.

Âh I vous tombez bien I Un homme auquel on ne connaît pas un ami, excepté oksài

THOLOSAN.

Et encore I

MAURICS,

Et encore, oui!

* Tholoun, Qtnttade, Manriee.

CÉCILE, qai eal deaeendos tenlemflnk

Pas un ami, et pourquoi *?

Mon Dieu, madame, parce que je n'ai trouvé personne qui fÛi digne de l'ôlrel M. Caussade se rattrape sur la quantité, lui! Moi, je n*en veux qu'un, mais qui soit bon ! Vous ôles un gourmand d'amitié, vous ; moi,' je suis un gourmet !

CÉCILE

Mais TOUS êtes donc bien difficile, monsieur ?

THOLOSAN.

Pardonnez-moi, madame, de vous répondre ^par une question : Avez-vous lu les fables de Pilpaï!

CÉCILE

Non.

THOLOSAN.

Non I (a part.) Moi non plus l (Haut.) Alors vous ne connaissez pas celle qui est intitulée : le Bat et ses intimes.

CAUSSADE

Le Bat et ses amis intimes ?

THOLOSAN.

' Non, pardon l Remarquez bien la finesse du fabuliste. Il ne VOUS dit pas : Le Bat et ses amis intimes, il ne s'engage à rien : Le Bat et ses intimes ! Maintenant, sont-ils ses amis, sont-ils ses ennemis, c'est ce qu'il s'agit de savoir!

CAUSSADE

Oh! oh ! voyons un peu votre fable?

THOLOSAN.

n y avait une fois à Ispahan, un rat qui donnait la clef de son cœur à tout le monde... et qui avait tant d'amis!... tant d'amis !..•

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