‹ RabagasChapitre 21 sur 358 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

LE PRINCE, EVA

EVA, assise sur le canapé.

Toujours galant, donc, monseigneur?

LE PRINCE, debout.

Galant avec vous... quel mot!... Dites toujours épris,... toujours amoureux, amoureux fou I

EVA

Après deux ans?

Deux ans où votre souvenir n'a cessé d'être présent à mes yeux. Depuis le jour où, désespéré de vos rigueurs, j'ai quitté Paris pour vous fuir... je puis vous le jurer... voici le premier instant où mon cœur s'épanouit à Taise!... Ah! Dieu, que je suis heureux!... Ah! que je suis donc heureux de vous voir!

EVA

Eh bien, moi, franchement, sans y mettre tant de chaleur, j'ai vraiment le plus grand plaisir à vous tendre la main...

LE PRINCE, s'asseyanl près d'elle sur une chaise.

Voilà une bonne parole, au moins. Et vous éliez à Monaco, dans mon jardin, et sans ces maladroit»!...

EVA

Oh! pour cela, oui; arrivée cette après-midi, j'étais bien résolue à partir demain.

LE PRINCE

Sans me voir?

EVA

Eh r sans doute!.. L^attention que Votre Altesse a bien voulu me prêter à Paris, où le hasard nous fit rencontrer...

LE PRINCE

A Tambassade 'd'Angleterre!... Ah! quelle soirée! Elle a empoisonné toutes les joies de ma vie.

EVA

L'attention donc que vous avez bien voulu me prêter, sous l'influence de ce poison, n'a pas été sans faire naître quelques propos.

LE PRINCE

Tout à mon ridicule, grand Dieu, et à votre louange...

EVA

Bon!... mais j'étais mariée, alors, et depuis que je suis veuve!...

LE PRINCE

Veuve!... M. Blounth?...

EVA

Il y u dix-huit mois qu'il n'est plus de ce inonde...

LE PRINCE

Et je l'apprends?..

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