ACTE DEUXIÉME
pas du tout la moitié qu'il vous faut!., c'est tout au plqs un quartier., et encore quel quartier!... insuffisante mesquin... qui ne peut aucunement vous compléter ï... mais vous êtes une duchesse. C'est un Martin sec!... mais votre moitié, c'est moi!... rriailame... Vous croyez? Mais oui! Essayez? Essayons! Et l'inmioi alité de la fable c'est que ces deux moitiés-là se raccordent toujours yn peu plus niai que les deux autres!...
Mauvais plaisant !.«• Tu parles bien comme un homme qui n*a jamais aimé I
THOLOSAN.
Et toi, gamin... as-tu la prétention d'aimer?
(Il passe h ganebe.) MAURICE.
Je n'aime pas cette femme?
TUOLOSAN, il s'assied sur la chaise pr&s du piano.
Allons donc ! Tu as 25 ans!.. Tu ne fais rien... tu t'cnnuîcs..; une aventure se présente... qui flatte ta vanité... qui t'amuse..» qui t'occupe...
MAURICE, awc ch.i1eur.
Ahl je te dis que je Taime I que je l'aime comme un fou l — Oui, j'ai commencé comme tu le dis. — Je n'ai vu là qu'un j^u, la fantaisie d'une imagination qui s'égare... entin, cet échange de coquetterie qui se môle toujours à l'amitié d'une jolie femme... mais depuis deux jours... depuis hier surtout... depuis que tu m'as forcé toi-m(^ino à me rendre compte de ce que j'éprouve... Ah! ce n'est plus ni caprice, ni folie... ni vanité, comme tu le dis... c'est de l'amour, — de i'anicur... et rien que de l'amour!...
THOLOSAN.
Mais malheureux!...
MAUPJ'''E.
Ah! îaisse-moi parler! Voilà bien assez loni^fenips que tu soutiens la morale et la raison. Laisse-moi défendre ma cnuco, à moi!... celle de la jeunesse et du cœurî... Prouve-moi dijnc. que je ne dois pas aimer... maintenant que j'aime ! Est-ce qi:o tu cro's que je l'écoute?... Est-ce que j'entends un mot do co que \n me dià? Et quand je l'entendrais... qu'est-ce que ra me fait à moi, ta morale?. . je l'aime! la voilà, ma morale 1 l.e voilà, mon devoir! Je l'aime, et Je voudrais le crier par dessus les toits... Je l'aime parce qu'elle est belle, parce qu'elle câ
adorable... et parce que je Taime, entends-tu, et voilà des rai* sons... et de bonnes... et les seules que je comprenne!
THOLOSAN.
Mais sac à papier... j'aime I tu aimes! il aime! et la probité?
MÂUBiCE.
Ah! parbleu! je t'attendais là... et la vertu, n'est-ce pas? Eh bien, non... je ne suis pas vertueux!... oui... je suis un coupable... c'est convenu ! Et je ferais mieux de m'en aller... Certainement! — Mais cela t'est bien facile à dire, à toi! ordonne donc à mon cœur de régler ses battements sur ceux de ta montre! Est-ce que c'est moi qui mène mon amour?... c'est lui qui me mène. Et je pourrais l'étouffer que je ne le voudrais pas!... et je le voudrais après tout, que je ne le pourrais pas!...
THOLOSAN.
Obi oh! de TAnton^f! — Et le mari! il ne compte pas! le mari?
MAURICE
Eh bien, le mari? Quoi le mari? Il est dans son rôle et moi dans le mien! Il ne voit rien... Tant pis pour lui! C'est le mariage cela.. .depuis le commencement du monde... Est-ce ma faute à moi si l'amant attaque toujours bien... si le mari se défend toujours mal... et si la femme passe toujours à l'ennemi.
THOLOSAN^ le reprenant
Pardon!... A l'ami!
KAUBICE.
Ehi je ne suis plus l'ami de Caussade... je suis son ennemi ôi son rival... puisqu'il est le maître de mon bien.
THOLOSAN.
Ton bien ?
MAURICE
Oui, mon bien! Un cœur qui est tout à moi... un amour qui se donne à moi... une femme...
THOLOSAN, rinterrompanU
Enfin, sa femme, quoi...
MAURICE
Eh! bien oui... sa fenmie... et voilà pourquoi je l'exôcré!
THOLOSAN.
Ah! je te demande pardon, je po:uis mal la question. — Du