‹ RabagasChapitre 274 sur 358 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CAUSSADE, à Maurice.

Eh bien!... rue?...

MAURICE, achevant résolument.

Rue de Grammont!... numéro!... quel numt^fO Qoac?... A Thoiosan) Je ne puis plus!

1 HOLOSAN, Ini faisant respirer des sels, sans qu'on le Toie.

Hardi! c'est fini 1

Eh bien! Numéro neuf!... (a céciie) Neuf, n'est-ce pas?

CÉCILE

Mais je ne sais pas!...

CAUSSADE, très-naturellement.

Ah! tu n'es jamais allée chez lui?

CÉCILE

Chez lui!... Mais vous le savez bien !...!

CAUSSADE

Il a oublié le numéro de sa maison depuis qu'il est ici!

MAURICE

Numéro neuf!... . ^

(La plame s'échappe de sa mam.) CAUSSADE, reprenant la plume et la lui tendant.

A Paris!

MAURICE, reprenant la plume après avoir réprimé un mouvement de douleur.

A Paris!...

(Il se lève et va tomber épuisé dans le fauteuil à droite.) THOLOSAN, l'arrêtant et prenant l'enveloppe *,

Je crois inutile de mettre le département.

(Tl la donne à Gausâade.> CAUSSADE, se levant.

Merci! (regardant récriture.) C'est un pcu tremblé!...

(Il la montre à Cécile.) CÉCILE, prête à s'évanouir.

Oui, c'est un peu tremblé !

CAUSSADE

Mais enfin, c'est tout ce que je voulais!

(Il garde l'enveloppe à la main en remontant.) CÉCILE, à part.

Ah 1 je suis morte!

• Cécile, Gaussade, Thoiosan, ^' ,

ut NOS INTIMES!

UÂURICE, àTholosUL

S'il faut recommencer cela!

THOLOSAN.

Tais-toi ^t détournons la conversation 1 (ii prend an jouma).) Ah 1 Ah! vous avezle même journal que moi... Voilà un feuilleton ridicule!...

CAUSSADE, soaCflant sur l'envelopre pour la faire sécher et Fagitaut.

Vous le lisez?

THOLOSAN.

Jamais! C'est mon domestique qui me l'a dit!

CAUSSADE

Je ne suis pas de l'avis de votre domestique. Le feuilleton de ce matin, surtout, est très-dramatique ! II y a là un mari !..•

(Mouvement.) THOLOSAN, toasaant.

Hum!

CAUSSADE

Un mari trompé par sa femme !..«

THOLOSAN; à part, frappant sur le journal.

Sapristi! pas de chance!

CAUSSADE

Et qui se tue de désespoir! C'est très-bien fait et très-vrai !.•*

(Silence.) THOLOSAN.

Très-vrai I... Permettez-moi de vous faire remarquer, mon cher monsieur Caussade, que voilà un homme qui prend les choses bien tragiquement !

CAUSSADE

Et comment voulez-vous qu'il les prenne? En gaieté? Ah ! si vous étiez marié, monsieur, et si vous étiez seulement jaloux!... vous comprendriez à quel point de folie le plus pel,it soupçon... et quand, au lieu de soupçon, c'est une certitude.... quand il n'y a plus à douter... que faire?... Tuer le séducteur... Et après?... Chasser la femme... Et après?... Rester seul avec sa douleur et sa honte... et son amour peut-être... tourment plus atroce... ou bien pardonner?... Quel pardon!... On fait grâce, oui, mais on n'oublie pas î... Et le souvenir est toujours là! Il ne vous pardonne pas, lui! Ah! décidément, ce mari raisonne bien; mr/urir en une seconde d'un coup de pistolet... ou d'une agonie 4ui dure toute la vie.! Il n'y a pas a hésiter!... Jeeuis detroj H. je me tue!...

(MouTcmcnt.)

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