SCÈNE PREMIÈRE CHRISTIANE, GUDULE
Vers la fln de l'ouverture, on entend gronder l'orage qui va croissant. — Au lever du rideau, Gudule est agenouillée à droite. — Christiane sort de sa chambre, un petit paquet à la main, et traverse pour aller à la fenêtre. — Elle va pour ouvrir : un éclaû- l'aveugle, et au même instant la foudre éclate sur la maison. — Christiane pousse un cri, et tombe assise.
GUDULE
Ah! mademoiselle Christiane!... ça vient d'éclater sur la maison !
CHRISTIANE
Ahl que j'ai ou peu ri
GUDULK.
Je l'ai entendu, ce coup-là... moi qui suis sourde!... Mon Dieu!...* je ne peux plus me relever, mon enfant!... c'estJa fin du monde!...
CFIRISTIANE, l'aidant à se relever.
Pas encore... ma bonne Gudule... Assieds-toi, là... tiens!
GUOULE.
Vous êtes toute pâle aussi... pauvre mignonne!...
CHRISTIANE
Oui... j'ai le cœur qui bat d'une force!... (EUe remonte à la fenêtre, où elle reprend son petit paquet sur Tappui.)
GUDULE
N'ouvrez pas la fenêtre!... mademoiselle Ghristiane... ça attire
la foudre!... (Elle se bouche les oreilles arec son tablier. — On entend le tonnerre gronder plus loin et la pluie tomber avec violence. — . Les éclairs continuent à briller.) *
CHRISTIANE
L'orage s'éloigne... et la pluie tombe à flots maintenant, (a eiie-
même, après avoir jeté un coup d'oeil dans la rue à travers les vitres.) Il ne
viendra pas par ce temps-là!... Gomment faire?... (on frappe à la
porte extérieure.)
GUDULE
On frappe!
CHRISTIANE, troublée.
Oui!... C'est M. Balthazarl (EUe cherche ù cacher le paquet. — On frappe à coups redoublés sans discontinuer.)
GUDULE
Mademoiselle Ghristiane, je ne peux bouger, ouvrez donc !
BALTHAZAR, dehors, frappant.
Ghristiane!... Gudule!
CHRISTIANE, cachant le paquet dans le bahut.
Oui. oui... j'y vais!... j'y vais!... (eiic ouvre.)