SCÈNE II
Les Mêmes, BALTHAZAR, CORNÉLIUS.
BALTIIAZAR , entrant en conrant et se secouant.
Voilà une idée de nous faire attendre par un temps pareil!...
CORNELIUS, entrant de même, il a sur l'épaule un grand cerf -volant auquel psndent une foule de petits papiers de tournesol
légèrement rougis.
Brou... ouhl... vite! vite! du feu, Gudule!
BALTHAZAR
Des serviettes! des habits! des pantouQesî... (cimstiane va et
vient, allant prendre des vêtements dans l'appartement à droite.)
CORNÉLIUS
Nous ruisselons!...
Essuie!... vite! vite!...
iGrUDULE, essuyant le parquet derrière eux.
Ah! mon Dieu! c'est vrai, mon pauvre parquet!
CORNÉLIUS
Mais c'est nous qu'il faut essuyer... ce n'est pas le parquet.
BALTHAZAR, changeant de vêtements.
Ah! bien, oui, va... une Hollandaise!... et puis elle ne t'entend pas.
CHRIST lA NE, s'approchant de Cornélius pour lui prendre son manteau.
Si VOUS voulez permettre, monsieur Cornélius...
CORNÉLIUS
Ah! chère enfant!... je ne vous ai pas serré la main!... Ah mon Dieu, vous êtes glacée... Qu' avez- vous ?
BALTHAZAR, se débarrassant du manteau.
C'est vrai, tu es livide !
CHRISTIANE
C'est ce grand coup de tonnerre... Jo tremble encore!...
BALTHAZAR
Ah! vous l'avez entendu, hein?
CORNELIUS, frappant dans les mains de Christiane.
Pauvre enfant!
BALTUAZAR.
J'ai cru que toutes les vitres d'Amsterdam étaient en éclats.
CHRISTIANE
Vous étiez dans la rue?
BALTHAZAR, se chauffant.
J'étais sur le quai de l'Amstel... sous un auvent... avec lui.
CHRISTIANE, emportant les effets mouillés qu'elle donne à Gudule, qui les porte au fond.
Sous un auvent!... Je crois bien que vous êtes mouillé!...
(Cornélius se débarrasse du cerf-Tolant, qu'il pose contre la table à gauche.)
BALTHAZAR
Eh bien, et lui donc, qui était là, depuis une heure, assis sur une chaise, et occupé, tu ne devinerais jamais à quoi... à faire aller son cerf-volant sur l'Amstel !
CHRISTIANE
Comment, son cerf-volant?
BALTHAZAR
Oui... Cette idée de jouer au cerf-volant par ce temps-là!... Un homme grave, un savant... le premier chimiste 'd'Amsterdam!...
CORNÉLIUS
Ne l'écoutez pas, chère enfant; il ne sait pas ce qu'il dit, ce vil commerçant! Je ne jouais pas au cerf-volant... Je constatais (il prend le cerf-volant) la présence de l'acidc nitrique dans les nuages chargés d'électricité... témoin tous mes papiers de tournesol qui sont devenus roses.
BALTHAZAR
C'est pour cela que tu étais là planté ?
CORNELIUS, allant déposer le cerf-volant, au fond,
près de la fenêtre.
Mais je crois bien! — Pas de maisons rapprochées; un bel