Cornélius, Ballhazar
seulement avec un cerf-volant sur l'Amstel... tu joues aussi à la raquette avec Christiane... et ce sont vos deux petits cœurs qui servent de volants I
CORNÉLIUS
Comment, tu crois...
BALTHÂZAR.
Mais voilà trois mois, ami Cornélius, et je ne pense pas que ce soit pour mes beaux yeux seulement. . . trois mois que tu viens ici deux fois par jour : à midi, en allant à tes cours du jardin zoologique, et à quatre heures, en en sortant.
CORNÉLIUS, vivement.
C'est le chemin lo plus court.
BALTHAZAR
Oui... pour te faire aimer.
CORNÉLIUS
]Vlais enfin, Christiane...
BALTHAZAR, Tinterrompant.
Voyons, là, raisonnons... Christiane n'est pas une jeune fille comme une autre, tu le sais bien... C'est une pauvre enfant recueillie , élevée par ma mère , et presque une sœur pour moi I Elle est intelligente, passablement instruite, et assez, je t'en réponds, pour admirer un savant tel que toi. — Or, tu lui serres les mains, tu t'inquiètes de sa santé; tu lui prêtes des livres qu'elle dévore ; c'est un petit cours de chimie, à propos d'une tache sur sa robe; d'histoire naturelle, au sujet d'un pot de fleurs : ou de physique, à l'occasion du chat. Elle t' écoute de toutes ses oreilles... de tous ses yeux, et tu ne veux pas que l'amour se mette de la partie entre un professeur de vingt-cinq ans et une écolière de dix-huit!... Allons donc!
CORNÉLIUS, résolument. *
Eh ! bien, je l'aime, quoi 1... Que veux-tu y faire ?
BALTHAZAR
Eh ! bien, et toi?...
CORNÉLIUS
Eh I bien, je veux l'épouser !