ACTE PREMIER. î
BALTHAZAR, virement.
Eh ! bien, alors, dis-le donc I
CORNÉLIUS, de même
Mais je le dis 1
BALTHAZAR
Pourquoi me fais-tu des histoires ?
CORNÉLIUS
Mais c'est toi qui m'en fais.
BALTHAZAR
Mais...
Chutî... c'est elle !
CHRISTIANE^ rentrant avec une bouteille de vin.
Voici le meilleur vin, monsieur Balthazar.
BALTHAZAR, versant, puis s'arrétant h regarder tristement un petit papier collé sur la bouteille.
Avec la date écrite...
GHRISTIANE, très-émue.
De sa main !
BALTHAZAR, soupirant.
C'était une vieille habitude, la pauvre femme.
CORNÉLIUS
Qui donc ?
BALTHAZAR
Ma mère, Cornélius.
CORNELIUS, vivement, lui prenant la main.
Ah ! pardonne-moi I
BALTHAZAR
Ah I quand on pense qu'il y a un an à peine, elle était là... Ne parlons pas de cela, tiens, Cornélius.
CORNÉLIUS
Si tu n'espères plus la revoir, tu as raison, Balthazar ; ne prononce jamais son nom : ce ne serait que tristesse ; mais si tu crois avec moi à ce monde meilleur où l'on se retrouve, parlons d'elle;
oublie que c'est là un triste souvenir pour te rappeler que c'est aussi une radieuse espérance... et pensons sans amertume à ces morts chéris qui sont plus vivants que nous, puisqu'ils sont plus près de Dieu ! . . .
BALTHAZAR
Tu as raison, Cornélius... mais, tu vois, l'enfant pleure.
CORNÉLIUS, se levant.
Christianel... machèreChristianet. . (Chrlstiane se détourne, en cachant ses yeux sans répondre, puis sentant quf> les larmes vont déborder, elle entre virement dans sa chambre.)