ACTE DEUXIÈMF
BÂLTHAZAR, courant d'un objet à l'autre.
Et le portefeuille I... et le cartonnierî... et le secrétaire!...
CORNÉLIUS
On a pris l'argent?
BALTHAZAR
Trois cents florins, quinze cents ducats... Tout disparu!... Tout, et le coffret aux bijoux?...
CORNÉLIUS, vivement.
Gela? (Il ramasse le petit coffre d'acier.)
BALTHAZAR, l'ouvrant.
Vide!... On a tout pris, jusqu'au médaillon.
CORNÉLIUS
Le médaillon aussi !...
^ BALTHAZAR
Oh! le misérable. Il m'a pris mon médaillon!... Au voleur! (n
court à la fenêtre, qu'il ouvre, et crie dehors.) Au VOleurl...
CORNÉLIUS
Mais ne crie pas!...
BALTHAZAR
On a pris mon médaillon, ma fleur, et tu ne veux pas que je criel...
CORNÉLIUS, oherchant à le calmer.
Mais... voyons!...
BALTHAZAR, hors de lui.
Pardieu! Je me moque bien de l'argent! mais le médaillon!... C'est mon mariage, c'est mon bonheur. Je n'oserai plus me présenter devant Sara : j'aurais l'air d'avoir menti.
CORNÉLIUS
Écoute!
BALTHAZAR, sans l'écouter.
Non!... Le bourgmestre monsieur Tricamp loge en face!... Je vais le réveiller, moi!... (a la fenêtre.) Monsieur Tricamp, réveillez-vous!... levez-vous 1... Au voleur!...
TRI CAMP, dehors.
Hé! làl... monsieur... Quel tapage!. .
BALTHAZAR, à la fenêtre.
Ah! monsieur Tricamp... vous êtes dans la rue?... C'est le ciel qui vous envoie.
TRICAMP, dehors.
Prenons que c'est le ciel... je rentre du bal!... Qu'y a-t-il donc?
BALTUAZAR.
Je suis volé, monsieur Tricamp I... Ou a dévalisé mon cabinet, mon secrétaire!... Venez voir!...
TRICAMP.
Ail! diable!... Je vais voir en effet!... Le temps d'ôter ces habits de bal, et je suis à vous!
BALTHAZAR
Non, non! monsieur le bourgmestre; tout de suite, s'il vous plaît!
TRICAMP.
Laissez-moi du moins le temps de mettre à sa porte cette aimable dame à qui je donne le bras! (on entend le marteau d'une
porte.)
BALTHAZAR
Mais, monsieur...
TRICAMP.
Mais je vous dis que je suis à vous!... Et voici justement trois agents qui accourent à vos cris!... Ouvrez-moi !
Jy vais! (n sort par le fond. Cornélius, seul en scène, va d'un objet à l'autre.)
TRICAMP, dehors.
Chère madame, permettez-voi de baiser votre belle main.