DEDICACE
à Madame St M.
La Grèce eût fait de wus^ non pas une déesse^ Mais la reine des cieux^ d* immortelle jeunesse. Prototype autonome ^ émergé de son Moi, Fiat-lux de son Verbe et du monde la loi!
Tai beau me rafraîchir des portraits les empreintes Des beautés que V histoire a décrites et peintes ; J'ai beau me relater les combats combattus^ Par des femmes de cœur ; exploits de leurs çertus. Nulle n'est comme i^ouSj un idéal mélange ,
De la terre et du ciel^ de la femme et de l'ange.
Nulle nest comme wus^pour moi la papauté.
Alliant les çertus de Vâme à la beauté; Du doigt de Dieu nimbée et de sa main bénie ^ Et portant sur le front le signe du génie !
On est heureux de vivre^ on nargue le trépas^ Quand on croit voir le ciel avancer sur vos pas. Mais comme Dieu lui-même, aux profanes tu voiles Ta divinité', d'ombre et de reflets d'étoiles. Et ta splendeur céleste éclate même en rais, A ceux gui ne voient pas ^ et quand tu disparais. Car pour lest/eux de chair ^ dans l'humaine phalange, Ce nest quà son départ y que Von reconnaît Vange!
Prélude
Aurai-je encor le temps de finir ce poème?
Ils ne reviendront plus, les beaux jours de bohème.
Où Vénus, m'approuvant, scandait mes vers d'acier;
Où j'eusse été de feu, même sur un glacier;
Où, me croyant au ciel dans les bras d'une vierge,
J'aurais éteint Tenfer, d'un souffle, comme un cierge ;
Où j'exaltais la vie, après avoir vaincu
Plus d'un ennemi, comme un paradis vécu.
Avec tous ses bonheurs et toutes ses délices,
Même avec ses serpents et leurs humains complices.
Tout cela, je le vois, comme un jour qui s'enfuit
Devant la noire, obscure, envahissante nuit,
Me quitter, pas à pas, puis courir, disparaître.
Pour chercher et servir un jeune et nouveau maître.
La vieillesse est un don envoyé par la mort,
Pour partager sa couche. Et pendant qu'elle y dort.
Après avoir raclé la suie et la poussière.
Des murs et des parquets, pour les mettre en lumière,
La vieillesse, au poète épris d'humanité.
Prépare un immortel séjour d'éternité!
L'histoire que je vais raconter à moi-même,
(Car je ne me connais plus de lecteur qui m'aime,)
Est un songe idéal, qui me charme et me tient, (Rarement l'homme invente, il trouve, ou se souvient.) Depuis plus de soixante, oui, de soixante années, Qui m'ont pompé la vie, en sueurs ahanées, Jusqu'à Tàge, où Ton perd ses amis et ses dents, En respectant la tête et l'esprit au dedans.
En voici les débuts. C'est un roman rustique. Fait pour étonner un monde peu poétique.
Uien n'est moins vraisemblable au malade alité, Qu'une santé parfaite, en sa réalité.