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REVELATIONS DE LA CABALE

Premier Chapitre

Il ne faut pas à Dieu pour être, des années

De mille siècles morts, d'éternités fanées!

Dès que le monde fut. Dieu par lui-même était.

Dans chaque atome, en chaque être il se portraitait.

Car il n'est qu'une Loi dans toute la nature. Dans FÊtre-Créateur, dans toute créature.

C'est la Loi de justice, au-dessus de l'amour. Et toujours travaillant, elle repose un jour.

Cette Essence est égale, en toutes ses parties. Mais les créations, qui d'elle sont sorties, Ont toutes, plus ou moins, de matière et d'esprit ; Ce qui, dès leur naissance, en elles est prescrit.

Et cette Force-Essence, elle seule immortelle, Ne saurait créer une autre force comme elle.

Car Dieu même est la Loi, qui suit toujours sa loi. Nulle forge me grée une autre égale a soi !

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Il n'est pas de corps simple, et qui soit par lui stable, Dans aucun Univers, de Tastre au grain de sable. De matière et d'esprit, les corps sont composés. Plus ou moins bien doués, plus ou moins bien dosés.

De cette Essence en soi, créatrice autonome, L'Etre, le mieux doué, le mieux dosé, c'est Thommc. Esclave de son corps, par l'esprit il est roi. Au ciel, comme à la terre, il impose sa loi.

Des êtres créés, seul, l'homme sait qu'il est libre. C'est par sa volonté, qu'il agit et qu'il vibre. Seul, parmi ce qui vit, sachant qu'il faut mourir, Au crime il n'est jamais forcé de concourir.

Il ne fut nuUe part, un corps créé sans âme ;

Et pas d'âme sans corps. C'est la chahie et la trame.

Astres, terres et cieux, le Temps les détruit tous.

Les anges, où qu'ils soient, ils mourront comme nous.

Ces êtres, sortant tous de l'Essence immortelle. Contiennent d'elle, en eux, au moins une parcelle. Ils sont, par cette source, égaux en qualité. Et la parcelle échappe à la mortalité.

Mais par la quantité de ces divines doses, Ils sont inégaux, en leurs effets et leurs causes. Tous sont égaux devant la naissance et la mort. Mais inégaux de race et d'esprit, faible ou fort.

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Quand la chair, par la mort, retourne à sa poussière. L'âme s'envole vers son Essence première.

Et là, par la justice, elle essore à Finstant ; Vicieuse, plus bas; vertueuse, en montant.

Nombre d'êtres élus, supérieurs à l'homme, Existent quelque part. Anges, Saints, on les nomme. Les Justes de la terre y vont de prime-saut.

Et plus d'un être humain est tombé de là-haut.

Existe-t-il un homme, ayant palpé son âme ?

Et pourtant il la sent, quand elle le réclame. Vous ne le voyez pas. Mais haut, et coups sur coups, Dieu parle en votre cœur. Son Essence est en vous.

Si jamais rais du jour n'eût éclairé la terre,

Un homme eût-il pu dire : // n'est pas de lumière !

Si l'un reste en sa nuit, un autre a vu le jour.

Et l'aveugle sans yeux, peut y croire, à son tour.

Voyez vous un aveugle avec une lanterne?

C'est l'athée et son verbe, et qui guide et gouverne.

Ainsi le fanatique, un voile sur ses yeux.

Vous met dans un caveau, pour vous combattre mieux.

Autre Chapitre de la Cabale

L'homme n'invente rien. Il trouve. Il se rappelle* Sans lumière à quoi sert à l'homme sa prunelle ?

L'âme-prunelle au fond, voit Dieu s'y refléter Si DIEU n'existait pas, nul n'eut pu l'inventer!

Dieu ne se repent pas. Sa loi ne peut se rompre. Dieu ne pardonne pas. Rien ne peut le corrompre, A déjà dit Moïse, en sa langue de feu.

Nul, depuis ce Nabi, n'a mieux que lui vu Dieu !

Jamais Dieu n'a parlé, ni calme, ni farouche, A nul être vivant, de la bouche à la bouche.

Moïse, en cinq mots, dit, au nom de Jéhovah : « Nul Adam ne me vit, et vivant se trouva ! » *

Si Dieu par le pardon, violant sa justice.

En acte de vertu pouvait changer un vice, A quoi bon être juste ? A quoi sert la vertu ? Si, par un mot, on peut voir le vice abattu ?

Dieu jamais ne fera, ni ne fit un miracle.

De sa Justice-Loi, ce serait la débâcle.

Si pendant un clin d'œil. Dieu violait sa loi, V Univers tout entier s'écroulerait sur soi!

Dieu ne détache pas les effets de leurs causes. Et jamais d'un chardon ne sortiront des roses. Ses décrets, dans les mains du Temps Dieu les unit. C'est lui qui récompense, et c'est lui qui punit,

i Exode, cbap. xxxiii, verset 20.

La paix et le bonheur fuiront toujours le vice. Le Temps, sur son métier, le déploie et le tisse ; Pour en faire sortir des châtiments brûleurs. Pleins de larmes de honte et de sang de douleurs !

L'histoire, par les faits et plus d'un axiome. Prouve que partout, où le crime élève un homme, Dans un acte pareil, cet homme s'engloutit.

En vain il cherche à fuir, le destin Tabrutit.

Par le même moyen, où son pouvoir s'élève, Il trouve, tôt ou tard, la justice et son glaive. Dans la vie ordinaire et dans l'ordre privé, C'est dans la même voie, où l'homme est arrivé

Par le vice, qu'il tombe ! A ses yeux tout se fausse. Derrière lui le fouet, et devant lui la fosse I Mais le Temps justicier n'abandonne jamais Le Juste et sa famille. Il le porte aux sommets.

Sa gloire, devenant de plus en plus robuste,

En tout temps servira de bouclier au Juste.

La mort qu'il ne craint pas, n'est pour lui qu'un vain mot

Le méchant seulement en a peur. Et le sot I

Autre Chapitre de la Cabale

Dieu n'est pas au-dessus de son œuvre qu'il crée. Tout être sort de lui ; toute chose est sacrée.

Tout n^ est pas Dieu, comme un ancien penseur Ta dit. Mais Dieu se trouve en Tout^ même encore inédit.

Nulle force ne crée une autre force égale.

Loi sans exception, base de la Cabale.

La force inférieure, ayant Dieu pour blason, Ne saurait enfanter im être de raison.

Les astres, se mouvant en leurs stricts équilibres, N'ont point de volonté, n'étant nullement libres. Mais pour produire un homme, ayant sa liberté, Il faut la force libre, en double qualité !

Donc, aucun élément, ni soleil, ni planète,

Ne peut créer un homme, honnête ou malhonnête.

Comme Font prétendu des sophistes païens,

Et même des penseurs, qui se disaient chrétiens.

Encore moins admettre, avec d'humaines têtes. Comme les Egyptiens, qu'on ait pour dieux des bêtes. La liberté, peut-on la donner sans Tavoir?

La bête ferait mieux, d'abord, de s'en pourvoir.

ff Pour créer l'homme libre, et fùt-il un athée, Il faut la libre force, et force ilUmitée.

Ainsi qu'il naît des corps sans yeux, ou ténébreux, Des âmes peuvent naître, aux yeux éteints, ou creux.

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L'athée, en aucun cas, ne s'est créé lui-même.

De Tillibre nature, il n'est pas le problème.

Il ne saurait sortir, ni de l'eau, ni du feu.

Jamais homme vivant n'eût vu le Jour sans Dieu!

Dieu ne peut, ni ne put s'incarner dans un homme. Qui, n ayant qu'une part de l'Essence autonome, Est toujours de matière et d'esprit composé; Fardeau, dès la naissance, à la vie imposé.

Donc, le Dieu des chrétiens et des rabbins ; le culte D'un Jéhovah-Mystère et d'un Jésus occulte, Est une idolâtrie, impure en ses secrets ; Impie en ses leçons et fausse en ses décrets.

Il fut interrompu par les cris de Donie.

« Gloire ! s'écria-t-elle ! Honneur à ce génie ! Oh ! laisse-moi signer ce quatrain de mon sang. Je l'ai toujours senti, je crois, même en naissant I »

Devant le Créateur sont égaux tous les êtres. Les religions donc et leurs différents prêtres, Dont les pouvoir, du sang des peuples sont trempés, Sont, ou des imposteurs, ou des trompeurs trompés !

Autre Chapitre de la Cabale

Il n'existe qu'un seul Dieu. Le Dieu des ténèbres Est une invention d'idolâtres funèbres.

En créant la nature, en lui traçant sa loi,

Dieu n'a pas d'autre dieu pour remplir son emploi.

S'il existait un diable, et qui de Dieu s'approche, Ce dieu ne serait plus qu'une ombre et qu'un fantoche. Le mal se trouve en tout. 11 est l'envers du bien. Mais l'homme en peut briser ce dangereux lien.

Le mal prémédité, promptement abattu.

Seul, il est le fumier où pousse la vertu.

Gomme des champs l'ivraie, ainsi l'ivraie humaine. 11 faut la retrancher, racine, tige et graine.

La fleur de la vertu ne fleurit pas sur l'or. Elle a son propre engrais : le vice mis à mort. Vouloir améliorer l'humaine mauvaise herbe, Autant lier T ortie au milieu de la gerbe.

Le mal comme le bien, est dans la main de l'homme. Du vice il sort debout, mais la vertu l'assomme. Si les hommes étaient justes et vertueux.

Tout mal disparaîtrait, en peu de temps d'entre eux.

Oui ! Tous les maux et tous les fléaux de la terre. Famine et maladie, et le plus grand : la guerre, Le Temps les a couvés, sur des crimes humains Impunis ! Et l'Espace en emplit les chemins.

Les animaux de mal, ces horreurs spontanées, Microbes monstrueux d'iniquités fanées.

Disparaissent partout, où les hommes du lieu. Remplissent leurs devoirs envers la terre et Dieu.

Autre Chapitre de la Cabale

Un corps en plein repos, puis en pleine vitesse, Produit le même aspect, en lenteur et prestesse. C'est l'image de Dieu, réunissant en lui.

Les extrêmes de tout ce qui vit et reluit.

C'est cette vérité qu'explique l'exégèse.

De la création, peinte par la Genèse.

Le travail au milieu d'un repos apparent, Étant toujours le même et toujours différent.

Commençant par le faible et graduant son œuvre, Du plus faible au plus fort. Du monde le manœuvre, Par son exemple veut, que de l'homme l'effort. Aille du fort au faible, et non du faible au fort.

Le dernier créé, l'homme, ayant dans sa poitrine, La dose la plus grande en Essence divine.

Est le plus fort. Il peut être juste ou pervers. Sans lui tout croulerait ! Sans lui plus d'Univers!

En moins d'un demi siècle, on verrait la nature, Depuis l'astre au ciron, tomber en pourriture. Lui seul voit Dieu debout. Ange artificiel, Par Vhomme sm^ la terre^ on voit marcher le ciel.

Les faibles sans un fort, ne sont que des pygmées, Paraissant des géants, en colonnes armées.

En grimpant Fun sur l'autre. Un seul homme, un seul fort, Et d'un seul coup de pied, les envoie à la mort.

Selon la loi de Dieu, dans toute la nature.

Le fort ne fait jamais du faible sa pâture.

L'arbre, pour conserver les deux tiers de son fruit.

En perd un tiers, comme un jour se perd dans la nuit.

Mais le flot de la mer, en sa forte tempête.

Devant une falaise, il recule et s'arrête.

Et jamais on n'a vu des bœufs et des chameaux. Dévorer, afl*amés, des moutons et des veaux.

L'animal malfaisant, et qui doit disparaître. Seul, il chasse et détruit le faible, mais en traître. Mais selon le prophète, un jour viendra ; le jour De paix et de bonheur, de justice et d'amour !

En ce jour, le lion et l'agneau, dans les herbes. Mangeront dans les mains des noueuses de gerbes. Tigres, lions et bœufs, où dort un nourrisson. Traîneront, en broutant, le char de la moisson !

En ce temps de concorde et d'union prospère, Plus d'éléments de haine! Et plus d'horreurs de guerre ! L'homme sera pour Thomme, un frère, un compagnon, Les peuples n'auront plus qu'un seul Dieu^ d'un seul nom!

Ils transformeront leurs citadelles en rues,

Et leurs lances de guerre, en contres dé charrues !

Et voici Tapologue, affirmant notre foi.

D'un cabaliste ancien, que j'ai traduit pour toi !

La Statue qui parle

Un homme un jour, devant un bloc de pierre ;

Beauté de part en part, Sentant le feu, l'âme de la matière ;

Ce feu sacré de l'art !

' Electriser sa paresseuse langue.

Et son esprit transi.

Lui tint, dans une émouvante harangue.

Le discours que voici :

« Honneur et gloire à toi, beauté fervente !

« Du ciel vivant reflet !

« Auprès de toi, toute femme est servante,

« Et tout homme est valet I »

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Soudain ce bloc, cessant d'être immobile,

Et se tenant tout droit, Lui répondit : Je suis pétri d'argile.

L'honneur revient de droit

A mon faiseur, sculpteur de premier ordre !

Enfant de son ciseau.

Je sais qu'il peut me briser et me tordre,

Comme un frôle roseau.

Il m'a donné beauté, génie et force.

Pour exalter son nom.

Je ne suis plus qu'une pierre et qu'un torse.

Si j'ose dire : Non!

Et si j'allais de mon socle descendre,

Pour m'ébattre à mon goût, Comme une loque, il me broierait en cendre.

Que l'on jette à l'égout !

Eh bien ! si fort, si beau, si vivant que soit l'homme, Il ne s'est, certes, pas créé soi-même, en somme !

Il est du grand sculpteur La vivante statue; un bloc de terre glaise.

Par une éme allumé, qui brûle comme braise.

Un céleste lutteur !

Créé pour exalter, pour dire par son œuvre,

La grandeur, la splendeur de son divin manœuvre.

Car ce qui plait à Dieu, Est utile aux humains, leur est indispensable. Sans Dieu tout édifice est bâti sur le .sable.

En tout temps, en tout lieu.

Malheur à lui ! Malheur ! si son cœur plus ne vibre. Au nom du Créateur. Si l'homme se croit libre ;

Libre pour se rouler, Selon son bon plaisir, dans la boue et la honte ! S'il ramasse sa gloire, et comme un vin qui monte,

La boit pour s'en soûler.

Il sera tôt ou tard, accusé par son maître.

Et jugé par ses pairs, comme félon et traître.

Fût-il même un géant.

Celui qui sait verser le feu sacré dans Té me. Sait aussi, par son souffle, en éteindre la flamme.

Et la rendre au néant !

L'homme, depuis l'enfant jusqu'au vieux patriarche. N'est, ni ne fut jamais, qu'un bloc du ciel qui marche.

Le nom de l'ouvrier Est gravé sur son front. Il est un sanctuaire. Et quand il disparait, il remonte à son aire ;

Pour se rapatrier !

Mathis n'alimentait plus le feu de résine ; Sa tête de sommeil tombait sur sa poitrine.

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Mais Fidèle attentif, ne fermait pas un œil.

On eût dit, qu'il voulût prouver son bon accueil.

Et Donie enchantée, écoutant la parole

De Télu de son cœur, devenu son idole.

Lui dit : « Je vais signer ce Credo ^ de ma main.

Non pas sur du papier, mais sur du parchemin.

Dis-moi, ce livre d'or, qu'aucun trésor n'égale,

Dis-moi sa loi pour toute union conjugale. »

— Argent ! Écrit! Amour ! De ces modes, chacun

Suffit, par deux témoins, pour un hymen commun.

Une pièce d'argent, des lettres acceptées,

A plus forte raison, des amours constatées.

Sans serment et sans prêtre, et Ton est marié !

Selon les mœurs, ce code a souvent varié. »

« ! s'écria Donie, il est divin, ce mode !

Il est surtout humain ! Je Tadmire, ce code;

Cette trinité sainte : Argent ! Écrit ! Amour ! *

Tu vas me les donner, tous les trois, tour à tour ! »

ï Voici les mots de Talmud! Beksseph, Bestar, Béhiah. Be veut dire avec.

TROISIEME EPOQUE

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