CONCLUSION
^ Mon père (i), qui avoit mangé de la vache .^^
4 enragée (de la vache à Colas) et qui étoit délié ^
4 comme soie fendue en deux, avait fait mettre -t^*
♦9* au front de la porte de sa maison : '8<*
'^ç' Chassez au loin ces prêtres et ces moines "v*
«>$(- Et ne donnez entrée à ces chanoines. '^
'^C (i) Mathieu Beroalde , ministre protestant à Genève, "^
•>§♦• mailre de Théodore Agrippa d'Aubigné, t3<*
^^«^ tf^ rjî «^-î f^ t-^ cJt) r:i:^ ro rt:^ r^Tï rp rir» ot^ <^tî o^
'PqAUX.T^^^'^UELIS'iME
^L fut sonné, trompeté, corné, crié, sT) huche, dit et proclamé, avec la trompe philosophique, que toutes ^^^M^ âmes, qui avoient serment à la Sophie, se trouvassent au lieu désigné, ainsi qu'il avoit été ordonné et promis avec serment solennel, comme il est ordinaire es affaires sérieuses de la benoite coutume des sages ; pour assurance de quoi les enfants de la science
'^^i^' «x^ «x^ «x^ «xî' rîTi fx''» rîTi «x^ «x^' ^x^ '^i'^ rî> «x^ «x* ^x^ 'T^ *~"X5 «x^ «x^ «x^ «x^'^'^
*^-^ 122 PANTAGRUELISME -île*
^d. avoient mis la main au symbole de la con- ^^
^L science. Par quoi nous fûmes tous résolus de ^
^^ nous trouver chez le Bonhomme, notre père 4^
*9" spirituel. >^
^'b Pour célébrer cet admirable banquet nous "^
^(^' fûmes introduits en une belle erande salle "^^
^ parée, comme dit l'autre, autant à l'antique '^
n^ qu a la moderne ; tout y etoit avec grâce et ^
• 2,. avec symétrie parfaite, et ce, pour donner ^
^ autorité et lustre à l'aventure et aux discours ; h^
<.^. et trouvant tant de gens de bien assemblés, ^
<.^+ nous nous sentîmes saisis de quelques menues -^
•>^ tranchées de sagesse. •*^<f
"^b Le vin étoit dans les vaisseaux plongés en •^♦'
^c' l'eau fraîche pour se rafraîchir ; car nous étions "^
^ moult de doctes buveurs, n'ayant point honte de "^
^ demander à boire frais, ni en demander davan- Jy
J^ tage, si on leur en verse trop peu, ou si on leur ^
^ baille un reste, mais osant demander du meil- h^
^ leur, goûter à tous les flacons, arrangés sui- 5^
<»|. vant leur mérite et ne cherchant point la vérité ^
♦9* dans l'eau. Voici pourquoi l'on dit que Démo- -^
*E^ crite la trouva au fond du puits, la Vérité. •'B*
^ Le roi avait fait faire un puits, qui répondoit "^s^
'^ à une vieille carrière, où Démocrite alloit sou- "^
X vent se rafraîchir. En ce puits on rafraîchissoit ^
e^ le vin du roi. Démocrite s'en aperçut, et alla, ^
a.^<lÎj cJIj ci» <tX> tj-s c^ îis t^ zXj tfc «X» ç%J cXs tX> it^ C^ «Xî î^ çSj tJLs tX.' çjtjî)?*
<^ï-;|fi c^ c^ SY^ f^ iyy> rîfi c^y r^ c±^ e^ <r^ c^ c^ e^ (^ c^i tr^j i-^ <r£i f^'S «xis)fc;^
<.û- LE BANQUET DU BONHOMME 123 ^2^
^<L avant que d'être aveugle, joliment prendre le ^
<â. bon vin gisant en flacons dans l'eau du puits, A^
<.§. et trouva que c'étoit la vérité, que le vin valoit J^
^ mieux que l'eau. ^
*9' Vous qui savez que le pain est plus ancien ■^<r
*f. que le vin, d'où vient qu'étant le pain en la -^B*
'^ bouche, il est longtemps à se démener çà et là, "^
r avant de trouver le chemin de la vallée [Vavalée) "^^
^c' et le vm tout mcontment le trouve r '*
^(^ — Ce mystère n'est pas de votre religion. ^
^d. — C'est pour ce qu'il y a plus d'esprit en une h^
^^ pinte de vin qu'en un boisseau de blé. Voire, ^.j^
<f^ direz-vous, l'eau en fait bien autant. O lour- ^^
*9" daud, mon doux et bel ami, c'est une folle que -t^^*
*r l'eau ; elle se laisse tomber du haut en bas, elle -tB*
*^ court les rues et fait devenir fols ceux qui *6<'
^ l'aiment. Et là-dessus, mon mienon, résolvez "^
ç^ un peu a quoi il y a plus de réputation a se ^
^çi^ faire déclarer ivrogne ou fou ?
^ Aux bonnes gens qui ne savent pas les mys- J'
i>^ tères mystérieux du vin, comme nous autres h^
«fr^- philosophes, ne faisoit-on pas accroire que les ^^
•0'9' lanternes étoient vessies et n'attribuoit-on pas i^*
"^u" ces malheurs à d'autres jolies causes pour leur -t^
*&* emmaillotter l'esprit ? '6<*
^ Prenez earde à ce que honneur soit porté et "^^
^ distribue honnêtement aux scientihques per- -'
•0^«xï (T^-i 4-5"J »^"i fX5 «T^ f^ O.'^ «T^ <'~t? fX^ «-"iL^ «Y2 ei.'î i^y «Tî '"Ti «^Nfi f^.'î '"YS ^"5 .-£71 Jfe,V
^d. 124 PANTAGRUELISME ,i^^
^Sj. . , . -i^*
ç^ sonnes et discrètes qui sont en ce banquet, 3^
e^ comme poulets en mue. i^
^ Ne pensez pas que ce soit moquerie que de ^./^
^i. ce sympose et souper philosophique, le plus 4**
♦-^ authentique qui fut jamais, et auquel toutes •'B<'
<%- questions, propositions, théorèmes, problèmes "^
*9' et plusieurs autres ont été solues, résolues, v*
"^('^ trouvées, démontrées et fidèlement reconnues 'î
■: en toute perfection ; pour ce que tout y lut 3
^ débattu, égratigné, écorché, tourné et entendu; ^i^
^(^ et ce, selon les grâces dont étoient barrés les ^^
^., assistants, qui pourtant furent et ont été et .i^<.
42i< seront approuvés doctes et savants ; ayant, au -î^i^
<•?!< reste, tous si bon esprit qu'ils ne mirent guère -^"^
•^9' à devenir fous. Ainsi soit-il de vous ! Amen. r^
^' Ils avoient les yeux ouverts, comme chiens "^^
*^ qui chassent aux puces. Nos amis et toute belle Y^
^ et sage compagnie turent ranges en la salle, au ^
k^ beau milieu, en même ordre et façon que la ^^
^ reine de Saba festoya ses princes en Méroé, ^^
^e,. quand elle voulut faire preuve de sa sagesse. h|>
.^[-t. A voir tous ces gens de bien en bel ordre, vous -^
^ eussiez dit et pensé avoir devant vos yeux une •%<'
•>9' belle, joyeuse et sainte congrégation, comme "^^
?+ iir.« Kot-..!^ ^^ r^^^lof-^ •*?<•
une bande de prélats.
*^ Et que faisoient tant de bonnes gens de J^ f loisir? Voire, mais, que lit-on là? ^
Af<5«J^ t^ «-^' <^' 'î-'^ «A-' î^' «^J «^ '^' "^ '^'' '^ '^ '^' '^ '^■' '^ "^ *i' ^^' ^^iP<^
^^2*+* «^"î <r|;ï e-^ «^"î t"^ r|fs «^ i^'i f^p rîfs f^ rp «"!;■* fY^» «rfrî r|r* ^^i'* rfr* f^lfi «^.f* r|r2 î,/i5v
^cv On parla, on mangea, on but, on fit st, on se 4^<.
^+ tut, on fit du bruit, on protesta, on rencontra, ^^■^
•«•9' on rit, on bâilla, on entendit, on disputa, on •%>
•^E^ cracha, on moucha, on s'étonna, on s'ébahit, "5*^
*c on admira, on gaussa, on remarqua, on se tre- '^^'^
*f moussa, on s'accorda, on cria tout bas, on se Y^
^: tut tout haut, on se moqua, on murmura, on •>
i s avisa, on se reprit, on se contenta, on passa ^.
^e,. le temps, on douta, on redouta, on s'assagit, .^^
^L on devint, on parvint. .,^<,
^^ Qu'en advint-il ? Il en advint ce docte monu- -k,***
•î.^' ment, ce précieux mémorial, ce joyeux réper- •-;)<•
<^- toire de perfection, cet antidote contre tout ""o*^
*(^' malheur, cette afïiloire de bonnes grâces, ce "^^^
^s** MOYEN DE PARVENIR, uuiquc bréviaire de réso- '^i>^
^f lutions universelles et particulières ; à quoi on '*i^
^ ne peut contredire, ni opposer d'hyperboles, ^^
^Q^^ ni le redarguer de fausseté. ;]^
^^ Et dites que vous en avez, captieuses tignes, ^
^^ qui voulez tout réformer et refondre ! ■î^<^
^9* Mais vous, sectateurs de vraies vertus car- -tB-c*
<^^ dinales, gens haïs de l'oisiveté, qui aimez mieux -^È^
*>^ vous amuser à boire que penser à mal ou "^
*^ perdre le temps inutilement ; considérez ceci, "1*
^ empoignez ce volume; volume dit, à cause de \
^ la vérité qu'il contient, comme un bon verre -L
^^ plein de vin. ^,^
^^ ii%s iXi çJ-> «iXs rio cX? i%J t%J «Xs tJo zXs cjjj cXi çXs t%j> «Xs cXs «X? t^ iX^ zXs ^Xs^y^
^ai'^i^ '^ *^ *^ '^]p rîTi i~^ «^ «^"i i^ ri'* rf5 «x^ «^ rf^ <y^ o*."^ «^ rîT* «y*" 'T' *+• »q^
«fr^* 126 PANTAGRUELISME ^
^e^ Sitôt que quelqu'un ouvroit la bouche pour ^
<.^ prononcer sa goule'e, aussitôt les secrétaires ^2^
«[+ les mettoient par e'tat et colligeoient les paroles ^
'>^ et propos, comme belles et bonnes perles es •è;^'
•fr^* rives d'Asie, dont ce volume a été compilé, et -^^
*r lequel de tout temps a été et sera, à cause de "8*
*^ son excellence, pour son mérite et à jamais, "^
^ par ceux qui ont de l'entendement, en grosses ^^
.(. lettres dit, nomme le livre. i
^e,. Sur quoi je vous dirai un grand secret et ^.
^Q^. puis l'autre ; c'est que vous ne trouverez point ^^
<.|. en ceci du truandage de pédantisme, comme es ^
*^ autres pleins du ravaudage de folle doctrine qui -^
<r'^ n'apporte point à dîner. Et davantage je vous •^•^
^r^ dirai le secret des secrets; mais je vous prie, '*S*
*c afin qu'il soit secret, de vous embéguiner le "^
^ museau du cadenas de taciturnité. "^
F Et écoutez : ce livre est le centre de Y^
.e^ tous les livres. ^.
^e^ Voilà la parole secrète, qui doit être décou- ^^
^<^ verte du temps d'Hélie, artiste, ainsi que disent ^2^
^gt. les Alquemistes. ^
^^ Tenez-le fort caché, et vous gardez des pattes ■%>
<%■ pelues de ces enfarinés qui gourmandent la •^*
'^'(t science et l'emplissent d'abus ; étrangez-vous t)*^
^^' de ces pifres présomptueux qui, voyant les *^*
^ bonnes personnes désireuses de se calfeutrer "7^
A^siiTj cXj îXj îXs çXs zXj (As cXj tTo cXj cTo îXs zXj zXj cX? cAj zXj cXs zXj cXs cXs t^ J>^
^si '~i^ *^ '^ *^ '^ *Y* *+* ^^ '^ *^ *Y* *T^ ' +^ 'i^ '^j^ *^ '^ ^4^ '^ '^ *^ *+^ ?i)'*
^4 le cerveau d'un peu de bonne lecture et profi- ^^
^2^ table, s'en scandalisent; chassez ces e'corcheurs ^2^
<.|- de latin, ces e'carteleux de sentences, maque- ^<.
<%■ reaux de passages poétiques, qu'ils produisent et t^»
•>§- prostituent à tout venant; gardez-vous de ces en- •^•c»
*r trelardeurs de the'ologie allégorique, de ces efFon- "8*
'''^ dreux d'arguments et de tous ceux qui aiguisent "^^
^ les remontrances sur la meule d'hvpocrisie. "^
^ Fuyez telles betes, et ne leur communiquez j
^ point ce rare trésor; ains, le commettez à gens ^
^ de bien, comme gens de bien ont pris la peine ^^
^gi. de vous le donner. ^
^^. — Mais, tandis que je vous sermonne, il m'est ^■^
•fr^" îivis que je vois un glorieux Caparaçonneur >%>
^^ d'intelligence bigarrée, qui, donnant dans les "^^
^^ hypocondres de la conscience, pour éclore y*"
^ quelque œuf d'hypocrisie, feint qu'il a couvé "^
r sous le voile bigot de sapience folle ; lequel, J
^e^^ grignotant de dépit et pour faire l'habile homme, ^
^c^ jettera dédaigneusement l'œil sur ce monarque ^^
^ des livres d'humanité; blasphémera, et, pour ^
^9* en conter, se fera peter les mâchoires, comme ^
<%- un vendeur d'époussettes, disant que nos -^
'^^ paroles sont erronées, et nous pensera faire -^■^
^^ des escapades d'admirations, alléguant des "^^
*^ sentences du Livre saint, auquel tels que lui "7^
f n'entendent rien. v.
<»'^ tjj t^ dki cXs zXj îX5 çXj îJo Oo tJJ cZj zX> tX> «As cÀj tXs cjj «Xs cX? cJ^ eXs cX??)^*
♦^f^ «^ r^fi (T^ f^ i^-5 <^ cji r|^ f^ «^ r:p rp «^ «^ «^ r^
*>^ 128 PANTAGRUELISME 'ii'^
^^ Si quelqu'un ne prend plaisir à ce banquet et •t^'O'
•>^ aux beaute's qu'il a produites, qu'il se fasse -^
^^ fouetter. •^<'
*E^ Messieurs, vous direz que je suis fou? Je "^
^^ voudrois le pouvoir devenir, pour ce que sitôt "*^*
^ que je le serois, je serois aussitôt exempt du J^
r feu si on me disoit hérétique, délivré de prison, \
e^ si je devois, non sujet au Consistoire, ou à la ^^
^c^ mercuriale, ou à la réprimande. 3^
^ Je vois déjà un fripon de Proposant (protes- ■^■^
-fr^ tant) qui est joint avec un aspirant à la prêtrise -i^*
«^ mediante coquedindo et ils disent que je suis -6*
*9* Nigromanchian, que je fais parler des morts ! '"s*
*k'* Je suis bien plus habile que cela ; les morts "^-f^
*^ ont parlé, ils le savent bien ; mais je fais parler "^
"^ les betes, et beaucoup parleront, si Dieu plait. "^
.r Or ca, mes amis, ce dit enfin le Bonhomme, /).
.e^ le père spirituel, chez qui se fait le souper phi- ^^
^(\. losophique, vivons en liberté. Notre banquet ^<fy.
j^ s'achève; les convives sont sur le dessert; je >i^4>
<<»^' suis un peu sorti pour vous le dire. D'autres +3*
•fl^ pourront recueillir le reste que j'ai oublié pour •^*
*>&* mon plaisir et votre commodité, d'autant que "^
^<^ les veux vous feroient mal, qui seroit fort au ^
^ désavantage de votre vue. i
^ Avez-vous envie de parvenir? Lisez ce volume ^^
^ de son vrai biais. On m'a dit qu'il y a quelques n^
•fr's'- - -^
^^ cX5 (^ tXs çXj cXs cXs cÀ> do cXs «Xj çXs ç^
VQ-ii^ rifi «xs rifs e^ri rîT^ <^ rîT^ ^x^ r^ *^ *x5 *^ *xï rîf^ «x* fX5 rî'ï s~îfs i^ «x^ fY"- S^v
^c^ malotrus qui ont dit : Voici des traits d'athéiste ! ,^5^
^4 Endà, je n'en sais rien ; je m'en rapporte à ^i^
->^ eux. Si j'ai rencontré à dire leur naïveté, ça été -h^^
♦^ sans le savoir. •k3"0'
^"^ Ils disent que je suis un moqueur, un con- "3^
**'r tempteur ? Il est vrai, s'ils le prennent selon "i^
'^f leur folle fantaisie, je m'ébats à me moquer '^'^
;• deux; mais aussi, le contrôle leurs sottises et ^
2^ )e condamne leurs impudences ; je taxe les vices ^
• e^ d'une belle façon. ^^
J* Le Bonhomme. "^^^
♦©t*!^ r:fi «Y? rp «^ '^ rjfs (Tp <^'iirt-i'rp,<rp f^ï c±-i c^ {-^-3 rX's «^ «^ «^ qp> «^g;-*
*E^ Il ■^<-
^ CHAPTTRE ET CONSISTOIRE "t^*
^<4 Monseigneur l'éveque de Luçon (le bon pré- ,;)^
^^ lat) parloit de son Chapitre. ^<.
<%- A ce mot de Chapitre, chacun prêta l'oreille ; t^<.
^s*" sur quoi l'un des convives du banquet dit tout -^
"^(f haut : Holà, messieurs, avant que passer outre, "^j"*"
sachons que c'est que Chapitre, oiseau, poisson
.(^ ou bete ? 9
•frH- . ^<,
^ç^ Un autre empoigna la parole et dit : Chapitre .,
^<^ est un corps, non corps, un certain com- ^
^ posé dissoluble en ses éléments, sans distrac- ^^
«fr^* tion d'aucun; chose merveilleuse à cause de ^^
<%• tant d'habitudes différentes et semblables dont -^^
"^b uniquement et multiplement il subsiste, étant -^^
*(.■" homogène ; distingué en ce qu'il contient et en ■^<*
"^'-^ ce qui l'établit; une vraie arche de Noë, auquel "^o*
,: elle symbolise incessamment ; et, ce qui le fait "^
J^ être cela dont il est compose, sont plusieurs j
<« k- tjj ïX? iJj t$J' <i^-J 'i^^" çj^ f t^ oL" t^j tî-? t T. ' !■> .' t^,* «t.* çJ^.' îj>' r,*,' ç:î^.' î;Sj et.- -jfj J'À-'A
<>^ f^ rip iT^ «^ rp if^ <^ "^4^ «"^ rf^ f^ '"|r^ '~î^
<»^ CHAPITRE ET CONSISTOIRE l3l t^*
^(\ têtes, oreilles, yeux et culs, sans quoi on n'au- ^
^e^ roit aucune séance. ^^
^^ On m'a dit qu'il étoit advenu une grande «i^*
•ô-^' aventure : C'est que, depuis quelque temps, il *^'ï»
•>^ s'étoit échappé, comme le lièvre de l'arche, un "^^
^9* certain petit Consistoire, qui sortit du Chapitre "^
^<^' imperceptiblement, ainsi qu'un atome, et est "1
1* devenu grand, ayant déjà fait plusieurs enfants. :^'
^ Je parle d'un petit corpuscule, nom.mé Cou- ^
^^ sistoire. Je n'entends pas proférer ce que je dis ,;^^
^;, de ce grand et unique Consistoire, père des .;>
j^s^. Chapitres. .i-3'î'
<.^ Paix 1 ce dit monsieur de luçon ; vous vous -^^^
♦9' jouez à un dangereux monstre. "^i*
a!^ i|-5 cXj tJj z^ zXj i^j cX? eJLs z.%j cXs çjto tt-J tX? cJLj cj|j cJj t^ t)^ «X» <lJj tjj cJfj>«,\4»
Vg^ r|o f^ c^ «^ f^ r^ e^ r;^ r^ f^ f^ f^ «^ r^-j r^-j f^ r|fi f^-î «^ rp «^ «^ 5^*
^ III ^<
^ LEC ABSTRACTEURS tj^
^e^ Oyez doncques que c est de cei tains purs, ^^
<.^ vrais, saints et justes éléments que je veux ^^
•fr^- parler, lesquels falsificateurs, brouillons et -^
<^ hypocrites ont gâtés : et j'en veux à ces trom- -^"C*
*u peurs, pour autant qu'ils me firent perdre ma "^
^(^ manuelle (mon Manuel?) quand j'allai quérir ''5*
^ les petits ordres. Aussi je n'ai garde d'y retour- ''•^
S. ner, de peur de tout perdre ; encore faut-il vous ^
^ avertir touchant les abstracteurs, d'autant qu'il ^^^
^ y a une sorte. ^^
<.^ On m'a dit que les plus subtils sont à La Ro- +^<.
♦fjt- chelle, pour ce que c'est une ville maritime, et •^■^
♦&• que là sont les abstracteurs de cérémonies, qui ■^
"^(^ se parent bravement de leur sujet, comme
"^ entendus philosophes qui lèvent les accidents
'a de leur substance... Je ne sais que j'en dois t
^ dire, de peur d être estime hérétique; je les ^
<»%îtî-> dh t%j d^ i^ iX> çAî t^ t^ tX> t/tj cTo cJo* cAj (Xj t^ t^ ç^j cXj c^ ti? tjji:^
^<t2 *^ *^ *^ '^ *T* ^•i-'*' 'ï^ ' +^ 'IP' 'T*' '+*' 't^ *+^ *T*' *'**' 'T^ *T^ '^ ^i^ *"^ *T* <^rîf)t,'fr
•>^ LES ABSTRACTEURS l33 ^^^
^ laisse donc, mais je hais abondamment les ^.
^ voleurs qui ont tire de certains éle'ments d'une ^^
^ doctrine que l'Antéchrist a inventée et suppose'e, ^>
•fr^' sous lumière de religion, pour faire une ombre -i^
^c' mirlifique. Vous saurez tantôt que c'est, et '^^
*v' jugerez si je ne passe point les limites de rai- ti*
'a' son; mais je galope ces gabeleurs de théologie, '-^^
2^ qui ne trouvent bon que ce qui cadre à leur :]
.Çi^ paillarde opinion. J
A^îCjtJj ci> î^-> c^ t^ t^ cJ^ î-ij t;JL5 tlo î^ (lSj (lÎLj eJj t^ j t^ (^Sj tfc cJ^ cJ^ cj^' çjtjTQA
^èîM^ "1^ «^'^ <1P «"-^-^ «"-■^ ^i-'^ «"-i-'^ «X5 «T'î ê!î «Tî «Y5 4^ rjs «^i irTi oli «^ iyi t^ «^ ^^
t IV ^^
.e, LE METIER DE HUGUENOT ^
''f. ÎTn honrpfiois Hf Ta Rnrhellft. re dernier "^"^
Un bourgeois de La Rochelle, ce dernier
carême-prenant, ayant été tancé, parce qu'il '^j'^
Qj^ étoit de la Religion, d'avoir joué joyeusement ^
^4 (et même le Consistoire Tavoit repris aigrement), J
^^. se trouvant en compagnie où l'on le consoloit J.
<.^ de ce qui s'étoit passé, va dire : ^^
^'^ ■ — Gertebieu ! si j'avois trouvé quelqu'un qui ^^4,
'^'è' me voulût bailler cinquante écus de mon métier ^3<*
"^Z^ de huguenot, je m'en déferois. "to*
V^ <^ "^ «^ "^ "^ "^ «^ cIj 1^ çij (^Jj çijs tij 1^
•0»,^ f^ «^ c-^ ri"! f£j f^'i f^-i i~^ f~|> «X2 rlfi f^^ «x* rifs f !''•> »X5 rifs «r^ fï? rîTs rir^ «x* ^•\'fr <-». ' ' * . ' ...... ^^