MADAME DE LA SOUCHE 1 97 -J
<^^ Il advint que la bonne dame fut malade, et "^
•5^ comme elle fut prête de mourir, elle appela son "^
'^^ mari et lui dit : Mon ami, je vous ai toujours 2*
^b été obéissante et douce, je crois que vous ne "?
'^'^^' vous plaignez point de moi ? A*.
'a — Non, ma mie, réjouissez-vous et revenez ^
e,. au monde. ^<,
^L — O mon ami, je suis fort dolente et ennuyée •^■^
^S,< d'une faute que je vous ai faite; mon cher '•?<•
^^' mari, je ne vous en ai fait qu'une, je vous prie '•?*
««'9' de me la pardonner. "^
'^î:^ — Las, ma mie, prenez courage ; il n'v a rien "^
". que bien. ^
*!* — Mais, mon ami, la faute est grande. ^
e — C'est tout un ; je vous la pardonne. ^2^
^ç^ — Hélas ! mon ami, ce petit garçon n'est pas ^
^<L de votre fait; c'est Paulet qui me le fit, le jour 4**
^i. qu'il tailla notre treille, l'année passée. •8<'
<^- — O, ô ! ma mie, dites-moi, étoit-il à notre "è^
<'t journée ? J^
"^ — Oui, mon ami. J7
*r — O bien, ô bien, ma mie, c'est tout un, ^
^ puisqu'il étoit à notre journée et que nous ^
^ l'avons payé, l'enfant est à nous, d'autant que ^^
^ê^ ce qu'il faisoit étoit pour nous ; reposez en paix ^
^è^ et ne vous affligez plus. •!§<•
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^ l'enfant noir h|^
^.^^ Mon compère Livet, procureur au Ghâtelet i^
•ol" de Paris, ne laissoit jamais son écritoire. Il ^4.
*9' advint par malencontre de bas avis que madame -ij*
^c sa femme, voyant un gai, gaillard et jeune •8<*
^^ Maure, en eut envie. Elle le fit entrer et, pour "^"^
1" reme'dier à un mal d'estomac qu'elle avoit, "^"^
.P elle le fit coucher avec elle. Ce qu'elle en fai- '^
^ soit étoit qu'elle considéroit que sa peau, vu J^
^ sa nation, étoit plus chaude que celle d'un ^
^ François. ^2^
^^ Le jeune homme ayant été là assez longtemps ^
<f^ fut remercié et salarié de son bon office, où il <^^
'^'b n'y avoit point de mal, vu que cela tendoit à la tB<*
'*^' santé. Mais que c'est des impressions! Il lui "6*
g advint que son mari venant à la copuler, elle, "^
F qui se souvint du Maure, en engendra un ; ce "^
^ qui parut quand elle accoucha. ^
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'>^ l'enfant noir 199 '^
^^ Sa commère, voyant à son enfantement cette ^
^fh aventure si noire, l'en avisa; et la pauvrette lui +]<.
«0^ dit sa friande imagination. A quoi la bonne t5<*
^'^ commère et amie pourvut, et s'en alla au Ghâ- ■^<'
*''9' telet faire appeler Livet, qui venu lui dit : 'î^
*(f — Hé bien, ma mie, qu'avons-nous ? ■^'^
/^ — Un beau fils, lui dit-elle: mais, ie vous X
e prie, dites-moi en conscience, mon compère, J
^e,^ n'avez-vous jamais accolé ma commère, que ^.
^^ vous eussiez votre écritoire à votre côté ? ^.^
^^. — O que si, plus de trente fois. .i<<.