LE PAYSAN ET LE JUGE
•>9' Je me souviens qu'étant à Paris, chez un iP,*
<%- conseiller, j'ouïs un bon apophthegme. Il y •^<'
"^(.■" avoit un bon paysan, qui avoit gagné son procès "^^
^^•' et étoit allé parler à son procureur, qui lui ^^
^ avoit donné avis d'aller voir ce conseiller qui i
ç^ avoit été rapporteur, afin qu'il le remerciât. i^
^ Ce bonhomme allant pensoit en lui-même i^
^ que, possible, il lui faudroit encore donner ^
^ quelque chose ; toutefois, il s'assura qu'il auroit i^*
•0^ tant de conscience qu'il ne lui demanderoit ■^<'
'^ plus rien, vu que, pour payer les épices, il "^^
^ avoit même été contraint de vendre sa vache, ^^
^ seul reste de son bien. "^
^ Le pauvre homme vmt saluer monsieur son ^
a4 rapporteur, qui lui dit : Mon ami, je vous sais i^
^ê,, bon gré de m'être venu voir; je prends plaisir ^^
^Sj, à m'employer pour les gens de bien ; remerciez -i^*
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•jft- LE PAYSAN ET LE JUGE 201 •t^'O»
"tj.g^ Dieu que vous avez eu tel, qui vous a conservé ^2^
^ votre droit. ^
<f^ Or, il y avoit en la même salle un peintre qui -i^
'^^ faisoit une chasse, en un paysage, où il y avoit ■*B*
'^c' plusieurs sortes d'animaux que ce paysan se "^"^
*^' mit à regarder. Le conseiller lui dit : ^*
r — Que regardez-vous là, bonhomme ? "^
g^^ — Je regarde si entre tant de bêtes qu'on £
^d, vous donne, ou qu'on emploie pour vous ap- ^^
^d, porter de l'argent, je ne verrai point ma vache; ,,2^
<.Si. au moins que la moitié y fut, puisque vous +3<.
•>9' l'avez eue et davantage. -^^^f
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♦l XXII ^
*^ SŒUR DRONICE '^<'
^Û L'abbesse, s'ppercevant que cette nonnain Y^
*l- venoit à quatre pieds (enceinte) au chœur, la '-^
^ prit a part, et lui remontra, la censurant amero- '^
è^ doucement, comme font les capucins, qui en ^^
^^ cela imitent les ministres de Genève, qui éplu- ^^
^p^ chent à leur mercuriale, qu'ils font le jeudi ^<,
<.^ prochain des Quatre-Temps, et puis vont ban- 4<*
•fr^ quêter ensemble. •*^<'
*&* Sœur Dronice, qui ne voulut point être tan- "ii^
*G^ cée pour avoir si bien fait, lui dit humblement : '^*
^ Madame, pardonnez-moi ; je ne pense pas avoir ^
r failli. J'ai lu au grand livre de Parchemin : "y.
e^ Bonum est omnia scire , il est bon de tout ^.
^^ sçavoir. ^ ^ . •^<-
^2,. — O ma fille, il falloit tourner le feuillet, ^
<.^ vous eussiez trouve' : Et non uti, et n'en faut ^^
<r^ user. ^ô"
*9' — Madame ma chère mère, excusez-moi, ■^^•^
*^' s'il vous plait ; quand je serai de votre âge, je -•?<'
■^J* tournerai le feuillet. ^
"^ . .... -^ A^^ * ^ î-Jj cjj îL^j t'jj ctj çij tJ^j o|lî i^to ti^
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