‹ RabelaesianaChapitre 86 sur 91 · LE DOCTEUR EN THEOLOGIE ET LE PAYSAN · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR EN THEOLOGIE ET LE PAYSAN

2^^ Le cousin de Vaugirand, qui est docteur en ^j

^ç,. the'ologie, venant un jour de prêcher d'un vil- ^^

^p,, lage où on l'avoit prié, s'en retournoit. Or, ^^

<«9' allant et rêvant sur sa bête il s'égara, et trouva i^^

•>9' un paysan auquel il demanda le chemin pour h^

^^ aller à Sevenière. Le paysan le reconnut et lui •!?)<•

-^f dit : "^

f — Hé dà, monsieur, vous êtes un homme de "^

^ bien ; je vous ai ouï prêcher en notre village; j^

.e^ j'ai plus retenu de votre sermon que de tous ^

^é^. les autres; je voudrois bien en avoir une demi- ^.

^ douzaine de semblables. Aj,

*^ — Eh bien ! dit-il, mon ami, vous en aurez ^<.

•>9" quelque jour; mais enseignez-moi le chemin ^

*c pour aller à Sevenière ? •6<'

^(^ — Ha, ha ! dit le paysan, le bon Dieu m'en '^'^

^ veuille bien garder d'enseigner à un homme qui Y^

a'^ c^ «^ ciï ci> îi? «4^ t*j (^ (^ çij tx, ç:j^

♦x^o^ f^ f^ «~^ rp ciT^ r^ ri^î op rjp <^ fx' Ci^ rp «^Ifî «^

^ sait tout; ha, ha! vous vous moquez bien de ^

^ moi. Les petits enfants le savent bien ; et vous, i|<.

•0^ qui savez tout, ne le sauriez-vous pas? Il n'y a -^

*^ pas de dret. Adieu, monsieur. •^■^

*^' Et le laissa là. Il fut bien camus de cette ré- "^^

^'^■!' ponse du paysan ; il en eut le nez aussi long, ^j^

A qu il lut camus. '^

•se- •^*

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1 XXIV f

^ PRUDENCE HUMANI-MONACALO-CHANOINESSE î).

^ Savez-vous pas bien qu'en matière de pru- ^^

S dence humani-monacalo-chanoinesse, un grand ^

^c,, tort ou dommage invisible est réparé et satisfait i

^(L. par un petit bien manifeste, comme ès-cours ^^

<.t^ les présents font souvent gagner les méchantes 4'^

<•[+ causes. Ainsi plusieurs, tant laïques qu'autres, ^3*

<ri^ ayant bien dérobé en cachette, fondent publi- t^*

*G* quement de beaux anniversaires solennels, où ■*d*

jtj ... *)

^^ ils produisent les fruits mignons du Mammon *^

^ d'iniquité. Les gens de justice en bâtissent de "^^^

J. beaux châteaux qui honorent le royaume ; les ^

^c^. financiers en parent tout. Et même, je vous ^,.

^Ijj, dirai que si un petit commis de mes fesses a ^^

^^ volé dix écus, incontinent il se fera paroître, +>

•«•^+ quand il ne le devroit, qu'avec une ceinture de •P,*

•fr^i*- broderie ; et un méchant procureui fera incon- +3*

•^^ tinent bâtir. Quant aux conseillers, ils n'y "^

^"^îjfcj î^ cJts «A^ iJL> «JLs «JLs «JLî t^ ç^ eJLs c^ tfc îAj çXj tlj <i^ cXs cX? cJL? tT ? t^h-

^ài^~^ <X^ rfï '^'^ r^f* <^^ i^ r^ r^'s «^ f^ rf^ «^ r^rs r^fs f^^ «^ «~ir» «^^ «^ «^ '"■i^Sè^

^^ entendent rien ; ils ne dérobent que l'écume ; -i^^.

•fr^* ils ne mettent pas la main au fond du pot, si je -^^

*H^ ne mens. Et ainsi sont effacés les larcins, mono- -^^

*f pôles, sacrilèges, fraudes et telles joyeuses *S^

^ inventions et moyens de parvenir. '«^'*'

♦f\|(r|> «^7. «^ «^ «^ rp e^ fp f^ c^ oj:^ f^ ri:i rp

-4- XXV "^«e-

«>^ LES ÉLÉMENTS DE PIPERIE -tS*

^ù. Je sais qu'il y a un autre univers que Dieu a .i^<.

^^ fait. Mais nous [id est nos pères les hommes et -^■^

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