‹ RabelaisChapitre 11 sur 51 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

(A Rabelais qui est remonté vera le fond) Que regardez-vous par la fenêtre ?

RABELAIS, troublé Moi... rien... rien !

LA COMTESSE

J'ai su que mon Henri, que tout prêtre Se garde bien dosera son Anglaise unir, Vient de se décider à faire, ici, bénir Son mariage. Il faut, si vous craignez mon frère, Lui refuser tout net ce service.

PIGNON, après un instant de silence.

Au contraire !

Comment!

PIGNON

Ce pauvre enfant, madame, se perdrait : Il finirait par l'emporter, il finirait Par trouver quelque prêtre ignorant ou cupide, Qui vous le marierait!

LA COMTESSE

Hélas !

PIGNON

C'est si rapide Un mariage : Un peu de latin, ec deux ouis Puis ceci...

(Il donne une bénédiction)

Puis cela...

(Il fait le geste de donner des coups de goupillon)

Puis... Tous les autres « puis !... »

PIGNON

Il faudrait le sauver tout de bon.

LA COMTESSE

PIGNON

Hé oui ! certes!

Toujours entre deux maux, deux hontes et deux

[pertes Le Sage (et le vrai Saint n'est qu'un Sage parfait) Choisit le moins cruel et le moins grand ! 11 fait Très bien, n'est-ce pas ?... Oui ! — Choisissons donc Marions-les! [le moindre.

LA COMTESSE

Si vous osiez !...

(Le sourire de Pignon l'empêche de continuer)

PIGNON

L'on peut les joindre D'une telle façon qu'au ciel — notez ce point ! — Dieu, Lui, ne joigne pas ce que l'homme a mal joint!

LA COMTESSE

Quoi! Vous vous prêteriez à quelque simulacre?...

PIGNON

Moi... point! Moi... je suis prêtre ...

(Montrant Rabelais!

Il n'est, lui, que Diacre !

Un Diacre, on le sait, ne peut, valablement, Ouvrir le Saint Trésor des fruits d'un sacrement, Tandis qu'un prêtre doit, d'après la loi divine, Unir tout couple aimant, qui, devant lui, s'incline...

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