CHAPITRE L
COMMENT PAR BOMBITAZ IfOUS FEUT MOITST&É I.'aRGBKTTPS oVhg PAFK.
« La messe parachevée , Homenaz tyra d'ung coffre près le grant aultel,ung groz faratz (trousseau) de clefz, desquelles il ouvrit à trente et deux claveures (serrures) et quatorze catenatz une fenestre de fer bien barrée , on dessus du dict aultel; puys par grand mystère , se couvrit
rabelaisiehne. iSg
d'un sac mouillé , et , tyrant ung rideau de satin cramoisy, nous monstra une imaige, paincte assez mal , selon mon adviz ; y toucha ung baston longuet, et nous feit k tous baiser la touche;' puys nous demanda : Que vous semble de ceste imaige ? C'est , respondist Pantagruel , la ressemblance d*ung pape ; je le cognoys à la tyare« à Taumusse , on rochet, à la pantophle. »
La planche représente l'image d'un pape , assis sur son trône , tenant en sa main les clefs du royaume spirituel et le glaive conservateur du royaume temporel ; sur ses genoux est le globe , symbole de l'étendue de sa puissance y et sous ses pieds des couronnes royales. Dans le fond , on aperçoit le château Saint-Ange et le dôme de la basilique de Saint-Pierre. A droite est un évêque portant des clefs, et à gauche Pantagruel qui contemple le pape. Le premier plan est rempli par des hommes de toute condition et des femmes qui semblent adorer ce dieu visible.
Ce chapitre est un de ceux où Rabelais a lancé les traits les plus acérés presque à découvert, contre les papes et la superstition dont ils étaient l'objet , de son temps. Il fait plus particulièrement allusion à Jules II , lorsqu'il fait dire à Panurge en finissant :
a II me semble , dist Panurge, que ce pourtraict fault on noz derniers papes ; car je les ay veu non aumusse, ains armet en teste pourter, tymbré
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d'une riare persîque; et tout l'empire Christian estant en paix et silence , eulx seulz guerre faire félonne et très^cruelle. »
« Allons prendre de Teau beniste 9..... dist Homeoaz , puys disnerons. »