‹ Rabelais analysé, ou, Explication de 76 figures gravées pour ses œuvresChapitre 56 sur 70 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

COKMBNT LES GTSBAULX GOURMAVDKVRS SOVT MUTZ SU L*lSLt aOBIULltTm.

La planche 67* qui traduit très-mal le texte de Rabelais, ou, pour mieux dire^ne le traduit point, représente les chevaliers de divers ordres religieux et militaires que notre auteur malin immole en masse et appelle « Oyseaulx gourmandeurs,» cachant ainsi d'un voile transparent le ridicule qu'il déverse à pleines mains sur les commandeurs et principalement sur ceux de Malte qui, dit-il , « sont..,., croustelevéz et tous mangée de grosse v , à cause de la marine que ilz hantent quelques foys. »

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Nous cousiguerons ici le$ observations que fit Panurge sur l'histoire naturelle de ces oiseaux de nouvelle espèce.

tf Leur pennaige (plumage) estoyt changeant d'heure en heure , comme la peau d'ung caméléon, .»•<• et tous avoyent on dessoubz de Taesle gausche, une marque comme de deuz diamètres , my partissant ung cercle , ou d'une ligne perpendiculaire tumbante sus une ligne droicte. A tous estoyt presque d'une forme ^ mais non à tous d'une couleur : es ungs estoyt blanche , es aultres verde, es aultres rouge, es aultres bleue. Qui sont, demanda Panurge , ceulx-cy et comment les nommez ? Hz sont , respondist Éditve ( le gardien du temple ) , metifz. »

«Nous les appelions gourmandeurs , et ont grand nombre de gourmanderyes en vostre monde. » Panurge priant qu'on les fasse chanter : « Hz ne chantent, respondist-il ( l'Édilve), jamais, mais ilz repaissent on double en récompense* » Ils ont , ajoute l'Éditve, grand peur de a une magnificque espèce de Gaux, oyseaiilx de proye terribles, non toutesfoys venans on leurre, ne recognoissans le guant , lesquelz ilz disent estre en vostre monde; et d'yceulx les ungs pourter jectz aux jambes bien beaulx et pretieulx avecques inscriptions aux vervelles ( i ) , par laquelle que mal

(i) AnneQU de pied des faucons.

iSa GALERIE

jr pensera {^i) est condamné d'estre soubdain tout conchié; aultres, on devant de leur pennaige, pourter le trophée d'ung calumniateur, et les anltres y pourter une peau de bélier. » Après ce portrait sur l'original duquel on ne peut se méprendre^ Rabelais fait dire à Panurge avec finesse :

«niaistre Éditve il est vray, mais nous ne les

congnoissons mye. »

Le chapitre se termine par un repas dont la chère abondante et délicate fait oublier à nos joyeux compagnons le jeûne de quatre jours que l'ermite les a forcés de faire, à leur entrée dans l'île Sonnante.

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