CHAPITRE XXII
COMMENT LES OFFICIERS DK LA QUINTE-ESSENCE DIVERSEMENT s'eXERCKNT, ET COMME LA DAME NOUS RETINT EN ESTAT d'aBSTRACTEURS (i).
La gravure représente les occupations des officiers {ÏEntéléchie. L'un d'eux, au second plan, tond un âne; plus loin, un autre chasse au vent avec des filets, et prend des écrevisses; un autre coupe la flamme avec des ciseaux , çt un autre enfin tire du lait d'un bouc. Au premier plan., on voit la reine qui se fait servir un souper décrit dans le chapitre XXIIP, et dont fait partie un Pot^ pourri composé de toutes sortes de mets, au fond duquel étoient « force dez, cartes, tarotz (cartes allemandes), eschetz, et tabliers (jeu de trictrac).
(i) Il faut se souvenir que Rabelais fit paraître les premiers livres de Gargantua et de Pantagruel sous le nom de maître Aloofiribas Nasicr, abstmcteur de quintessence.
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avecques plaines tasses d*escutz on soleil, pour ceulx qui jouer vouldroyent. » Elle a dans la bouche un entonnoir par le moyen dnqueile on lui verse dans l'estomac la nourriture dont un de ses officiers a coutume de lui confectionner la mastication.
Les chapitres XIV* et XV* assez longs ne contiennent que la description du bal ou tournoy que donne Entéléchie à Pantagruel et à ses gens.
Après avoir quitté la cour de cette princesse, , ils arrivent «en Tîles d'Ode (i), en laquelle les chemins cheminent. Dans ce chapitre XXVII*, Fauteur semble ne marcher que de calembourgs en calembourgs dont cependant aucun ne nous parait assez remarquable pour être rapporté ici.
Dans le chapitre suivant « Rabelais lance de nouveaux traits, encore plus acérés, contre les moines qu'il appelle Frères Fredons ^ à cause du chant qui fait leur principale occupation , et semble mettre à découvert sa croyance religieuse lorsqu'il fait dire à la fin à Frère Jean : a O les
groz ratz à la table I O que n'est icy Priaptis!
aussi bien que feut aux sacres nocturnes de Canidie> pour le voir à plain fond peder, et, contrepédant, fredonner. A ceste heure congnoys-je, en vérité, que sommes en terre Anticthone (opposée à notre hémisphère) et Antipode. Eu Ger-
(i) En grec ô Joe, chemin.
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manie y l'on descnolit monastères et desfroque on les moynes ; icy on les érige à rebours et à contrepoil. *>
Dans le chapitre XXVIir est contenue la conversation de Panurge avec le Fredon. Le premier lui fait des questions auxquelles le second ne répond que par des monosyllabes qui en donnent cependant l'entière solution.
« Frater (dit Panurge) où est la guarse (i)?
Le Fredon luy respond : Bas.
Pan. En avez-vous beaucoup céans ?
Fre. Peu.
Pan. Combien au vray sont-elles?
Fre. Vingt.
Pan. Combien en vouldriez-vous ?
Frb. Cent.
Pan.' Où les tenez-vous cachées ?
Fre. Là , etc. »
£t la conversation se soutient sur ce modèle pendant cinq grandes pages in-8^.
Le chapitre XXIX* est tout employé aux raisons que donne Épistemon contre l'institution du carême qui, dit-il, est «embrené en paillardise,» et à la continuation de la singulière conversation de Panurge avec le Fredon. Il est terminé par une plaisanterie indécente sur le rôle
(i) Ce mot n'a pas toujours eu racceptioo déshonorante qu'on lui donne maintenant. U signifiait autrefois et signifie encore dans quelques provinces de Vr2kï\c*i jeune fille , et ii est le féminin de garçon.
BABELAISIEinfE. ]6l
que le même Fredon dont Pauurge voudrait Êûre lê fou de sa femme, remplirait auprès d'eUe.
L'auteur fait, au chapitre XX*, la description de 111e de Satin où sont descendus Pantagruel et ses joyeux compagnons. Sous ce nom assez bien trouvé, Rabelais désigne visiblement la cour de son temps , dont les habitans étaient vêtus d'habits de cette étoffe , qui recelait tous les vices que représentent les animaux féroces et immondes dont il donne la nomenclature, et où, dit- il, dans le chapitre XXXI* « Guy dire teuoit eschole de tesmoingnerye. »
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