CHAPITRES XI BT XIII
Dans celte planche LXVIIP qui se rapporte à ce chapitre, on voit PaDurge et ses compagnons présentant leur laissez-passer à wn chat-fourré k côté duquel est figuré Grippeminaud, «monstre le plus hydeux que jamais feut descript; )!» car, dit Rabelais, «je ne vous le sçauroy mieul^ comparer qu'à une Chimère, ou à Sphinx et Cerberus , ou bien on simulachre de Osiris ainsi que le figiiroyent W Égyptiens, par troys testes ensemble joinctes; sçavoir est d'ung leon rugiant (lion rugissant), d'ung chien flattant et d'ung loup baislant, entortillez d'ung dracon (serpent) soy mordant la queue. «L'artiste a représenté dans le fond à droite , le pressoir particulier des chats^ fourrés^ et, à gauche, quelques-uns d'entre eux assis autour d'une cuve et lisant des requêtes, des mémoires, des oppositions et autres choses ejusdem farinœc[\\e le lecteur peut se figurer; car, comme il Ta déjà vu sans doute , dans ce chapitre et dans
les suivans, Rabelais jette à pleines mains le ridicule sur les gens de justice.
Le chapitre XIP contient une énigme proposée par Grippeminaud à Panurge qui en donne la solution dans le chapitre Xin*.
C'est la fin de ce chapitre XIII* qui a fourni à l'artiste un sujet de gravure. Elle représente Psi* uurge vidant au milieu du parquet sa bourse pleine d*écus. A cette vue tous les chats-fourrés jouent des griffes en s'écriant : « Ce sont les espices : le procès feut bien bon , bien friant et
bien espicé » La figure étrange qu'on voit i
droite est celle du président ; elle est surmontée par a l'imaige d'une vieille femme , tenant en main dextre (droite) ung fourreau de faucille ^ en smiestre (gauche), une balance, et pourtant besicles on nez, 'Les couppes de la balance, sont de deuz gibbessierea veloutées , l'une pleine de bilion et pendente , l'aultre vuyde et longue , es* levée on dessus du tresbuchet. »
Dans le chapitre XIV% Tauteur continue de nous entretenir des chats-fourrés y et dans le XV* il noua apprend « comme^tt Faère Jan des ëntom^
MEURES DEUBERE MESTRE A SAC LES GHATZ-FOURRiz,>»
voulant y par cet acte , mériter la réputation d'Hercule.
Le chapitre suivant est consacré à la description des mœurs des gens du pays HiOuUre qui
«sembloyent à leur physionomie bons com-
paignons, et de bonne chiere. Hz estoyent (ajoute
Rabelais) tous oultrés, et tous pedoyent île
graisse; ilz deschicquetoyent leur peau pour
y faire bouffer la gresse , ne plus ne moins que les sallebrenaux (r) de raa patrie descouppent le hault de leurs chausses pour y faire bouffer le taffetas , p puis nos héros assistent aux crepailles d'un tavernier qui , « en son temps , avoy t esté bon raillardy grand grignoteux, beau mangeur de souppes lionnoyses , notable compteur d'borologe , éternellement disnant comme l'hoste de
Rouillac, et 9 selon lusaige du pays^ finissoyl
ses jours en crevant, plus ne povant le péritoine et peau, par tant d'années deschicquetéez , clorre et retenir ses trippes que elles n'enfundrassent par dehors , comme d'ung tonneau defoncé. » Ce chapitre est terminé par une anecdote graveleuse sur « le vénérable abbé de Ca^tiliers. » Pantagruel et ses compagnons poursuivant leur route éprouvent un coup de vent qui fait éclater de nouveau le courage de Panurge, et rencontrent pour leur salut un navire chargé de tambours et
de ce chantres, musiciens, poètes, astrologues,
rimasseurs , geomantins , alchimistes , horologiers , » gens , selon la pensée présumée du malin maistre François , qui vendent du vent de même qualité que celui que recèle les tambours , ou qui font plus de bruit que de besogne.
(x) D'autres lisent salebreneux (sale, breaeux). Le Dnchat dérirece mot de saraballa , haut-de-chausses très-amples et à larges plis.
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Rabelais revient sur les gens de lois, et emploie encore un chapitre à les tourner en ridicule et à les déchirer à belles dents (i).
Au chapitre XIX% on voit comment Pantagruel et ses compagnons descendirent dans le royaume de la Quinte-essence « nommée Entelechie, » dont a Arislotetes, prime homme, et paragon de toute philosophie , feut parrain » Et au XX% comment
LA QuiNTE-ESSEirCE GUARISSOTT LES MALADES PAR CHAIfSOirS.
Ses officiers jouissent de la même faculté de guérir en employant toutefois des moyens différens , mais au moins d'une toute aussi facile exécution , car il est rapporté dans le chapitre XXI* qu'un d'eux a guarissoyt de toutes fiebvres sus l'heure , seullement leur (aux malades) pendant
à la ceincture , sus le cousté gausche , une queue de regnard. Ung An mal dedens, seullement lavant par troys foys la racine de la dent affligée avecques vinaigre suzat , et on soleil par demye heure la laissant desseicher. Ung aultre je veidz ( dit Rabelais ) qui en peu d'heures guarit neuf bons gentilz-hommes dumalSainct-Frauçois, les oustant de toutes debtes, et à chascun d'eulx mettant une chorde on col à laquelle pendoyt une boitte plaine de dix mille escutz on soleil. Ung
(i) Comme la gravure LXYIir se rapporte également à ce chapitre et au XI*, nous avons cm devoir la placer où elle est. Le lecteur peut la revoir, si l'idée lui eu prend.
aultre j par engiu inirificque , jectoyt les maisons par les fenestres ; ainsi restoyent emiindées d'aër pestelent,» etc., etc.