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Le cœur, comme une chasuble.
Le cœur est renfermé dans une enveloppe membraneuse appelée péricarde (1), fourreau, capsule du cœur, xôeov (Hippocrate), dans laquelle il se meut hbrement et à laquelle il n’est rattaché que par l'aorte et l'artère pulmonaire. Rabelais en a parlé à deux reprises différentes.
(1) Du grec x:£!, autour, et xx50!:, Cœur.
Le coup de broche auquel suecomba le rôtisseur de Panurge pénétra « par à travers la capsule du cœur ».
Tout ému de la perte du chevalier de Langey, Epistemon (1) murmure en sanglotant : « Il m'en souvient et encore me frissonne et me tremble le cœur dedans sa capsule quand je pense és (2) prodiges tant divers et horrifiques (3) lesquels vismes cinq ou six jours avant la mort du chevaher de Langey (4). »
Maître François a eu également cure — on le verra un peu plus loin — de la valvule « qu’est en la vène cave (5) on (6) lieu qu’elle entre le dextre ventricule (7) du cœur ».
Le médiastin, comme un guodet.
Le médiastin (8), la loge du cœur. Ses parois sont constituées par les feuillets de la membrane, mince, transparente (la plèvre) qui revêt la face interne et la racine de chacun des deux poumons.
Dans le clos de l'abbaye de Seuillé « si personne tant
(1) Savant, du grec érlotaua, je sais, je connais.
(2) Aux.
(3) Effrayants, remarquables, du latin horrificus.
(4) L’ami et le protecteur de Rabelais, « lequel au mont de Tarare — entre Roanne et Lyon, — mourut, le dixiesme de janvier, l'an de son âge le climactère et de nostre supputation l'an 1543 ». (L. III, ch. xxr.)
Le climactère ou l’année climactérique par excellence, dans les vieilles doctrines fatalistes médicales, est la neuf fois septième ou 63° année de la vie. Du grec xAwertrpuôs, par échelons, dérivé de zAfuaë, degré ou échelle, parce qu'on monte par degrés ou échelons de sept en sept pour arriver à l’année climatérique.
(5) La veine cave inférieure.
(6) Au.
(7) Le ventricule droit.
(8) En latin mediastinus, fait de medium, milieu. Il ya deux médiastins : un situé en avant de la racine des poumons et qui contient le cœur, c'est le médiastin antérieur ; un situé en arrière de cette racine, c'est le médiastin Posiérieur qui renferme l'aorte, l'æœsophage, etc. Les deux médiastins correspondent, l’un et l’autre, au plan vertical médian de la poitrine. Par médiastin on entendait généralement autrefois le médiastin antérieur.
fut esprins (1) de témérité qu'il voulust résister de face à Frère Jean, la montroit il la force de ses muscles, car il leur transperçoit la poitrine par le médiastin et par le cœur ».
Guodet, « petit vaisseau rond, dit Furetière, qui n'avait ni pied ni anse et dont on usait autrefois pour boire; c’est la même chose que gobelet ».
« Enfants, buvez à pleins guodets, » lit-on dans le prologue du livre IT.
La ressemblance du médiastin et d’un guodet apparaît nettement sur la coupe transversale du thorax dessinée plus loin. (Voy. Splanchnologie, appareil respiratoire. La plèvre, comme un bec-de-corbin.)
Le rets admirable, comme un chanfrein.
Le rels admirable ou merveilleux est un réseau formé à la base du crâne par l’anastomose des vaisseaux à sang
Le reis admirable, comme un chanfrein.
rouge qui se rendent au cerveau. (est dans ce réseau que,
(1) Pris.
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pendant quinze siècles, « les philosophes et les médieins ont affirmé les esperits animaulx sourdre, naistre et practiquer par le sang artérial purifié et affiné à perfection ». (L. IT, ch. xu) (1). D'où les épithètes d’admirable, de merveilleux, dont il a été qualifié si longtemps. On l'appelle maintenant l'hexagone artériel de Willis.
Chanfrein. Le chanfrein est une pièce de fer qui garantissait le front, l’entre-deux des yeux et les narines du cheval de guerre.
À l'arc triomphal dressé par Pantagruel, en mémoire de ses prouesses et de celles de ses officiers, étaient suspendus « une selle d'armes, un chanfrein de cheval, des esperons, etc. ».
La comparaison de Rabelais vaut celle de Willis (2).
Les vènes émulgentes, comme deux glyphouères.
Les vènes émulgentes, les veines des reins : du latin emulgere, épuiser à force de tirer.
Z Les vènes émulgentes, comme deux giypohuères.
(1) « Le rets ou l'esprit vital est faict esprit animal, » dit A. Paré,
(2) Le chanfrein représenté ci-dessus est du xiv° siècle, (Voy. à la Biblioth. nat. les manuscrits : Godefroy de Bouillon [première année du xiv® siècle] et le Miroir historial [fin du xive siècle].)
Glyphouères, glyphoires. Dans la Touraine et dans le Berry on nomme encore glyfoire, glfoire, clifoire, et aussi fic-foire et flictoire, et, dans le bas Poitou et la Saintonge, flictoère une petite seringue fabriquée par ep enfants avec une branche de sureau (1).
Les veines rénales ou émulgentes ont à peu près le calibre, la longueur et la forme cylindrique des glyphouères. Elles reçoivent généralement les veines capsulaires moyennes. Dans la veine rénale gauche se jette normalement la veine spermatique chez l’homme et la veine utéro-ovarienne chez la femme.
Les artères, comme une cape de Biart.
Les artères sont les vaisseaux qui charrient le sang rouge du cœur à tous les organes.
« Panurge dist à Pantagruel : le cœur me bat dedans le corps comme une mitaine (2). Touchez un peu mon pouls, en ceste artère du bras gausche (3) : à sa fréquence et élévation (4), vous diriez qu'on me pelaude (5) en ten-
tative (6) de Sorbonne ». (L. ITT, ch. xr.
(1) Glyphouères, « D'oculi feria. On appelle, dit Le Duchat, clifoire en‘ Anjou et à Bourges ce qu'on appelle à Paris une calonnière eten Normandie une saquebute, ce qui est un petit canon de sureau avec lequel les petits enfants et les badins jettent de l’eau au nez des passants. » (Voy. MÉNAGE au mot Clifoire.) — « L'étymologie que donne Le Duchat de ce mot, observent d'autre part, avec raison, Esmangart et Johanneau, est ridicule ; glyphouère ou glifoire vient de cliquer en foirant; calonnière est pour canonnière, et saquebute vient de saquer, tirer, et de but, tirer au but. »
(2) Dans les anciennes noces poitevines, les convives, avant de se séparer, se frappaient à coups de poing avec les mains garnies de gros gants fourrés. Voy. les Noces de Basché, 1. IV, ch. xu. Dans le Printemps de Jacques-Hiver Porrevix, p. 380, Lyon, 1580, et dans le Grand Testament de Vision, il est également fait mention de cet usage :
Mitaines à ces nopces telles Bienheureux que rien n'y a. (VILLox.) (3) L'artère radiale où on palpe le pouls.
(4) Toutes les émotions morales modifient le pouls. (o) Houspille, dispute, contredit.
(6) Le premier acte (thèse) pour les grades de théologie. Allusion à