PRÉFACE
- - Er
A ombre d’études ont déjà été ae sur Rabelais! Chmbien de volumes déjà consacrés à l'interprétation de | L. l'auteur de Gargantua ! Z! semblait impossible de trouver Carr » ans ce sujet quelque chose qui n'eût pas élé dit déjà, et |
D nous voici bien en présence d'un livre entière- 3
ment nouveau, qui nous montre Rabelais à un point de vue à | encore complètement inédit : il nous révèle Rabelais sérieu- ve ë ement anatomiste. n: 5 me Au livre IV, Xenomanes analomise Quaresmeprenant 2 Li une longue énumération ou, pour mieux dire, unelon- ve que série de comparaisons qui, au premier abord, fait À "e | fret d’un fastidieux el interminable chapelet de mots. # s avait : — les os, comme cassemuseaulx ; — les spon- ERA
art; étc:, eic.
s Que signifient ces ANIArRTAS qu, par instant, ne iblent viser que la cocasserie de l'enchaînement de QUE
pr +
étre déjà lentante de son temps; elle le serait plus encore … aujourd'hui, alors que ces comparaisons sont devenues, après l’époque de Rabelais, de plus en plus fréquentes et souvent de plus en plus singulières. On ne S’élonne pas de voir une saillie de l'extrémité externe de l’omoplate comparée à un bec de corbeau (apophyse coracoïde), ou la cavilé articulaire de l’os des îles comparée à une cuvette (cavité colyloïde); que l’ensemble des deux trapèzes rappelle le capuchon d'un moine, el que celle ressemblance ait valu à ce muscle le nom de cucullaris, cela parait encore naturel, elces comparaisons s'imposent st bien que les arlistes eux-mêmes, ceux quis occupent d'anatomie des formes, donnent à la fiqure du lrapèze le nom de fichu du dos par assimilalion au costume des femmes de la campagne. Le nom de morsus diaboli appliqué aux franges du pauillon tubaire est déjà d’une fantaisie plus piquante. Mais, que penser de l’état psychologique de ceux qui ont établi la nomenclature des parties intra-cérébrales el qui ont trouvé des orifices qu'ils ont appelés anus et vulve, des saillies qu ils ont qualifiées de nates (fesses) et de testes (testicules), an organe qu'ils ont dit le thalamus (couche nupliale, couche optique) avec son coussin ou pulvinar. Comme l’a dit je ne sais plus quel grand analomisle, la nomenclature de ces régions cérébrales suffirait pour défrayer tout un... lupanar, puisque nous n'osons mellre ici le mot propre dunt se serait servit Rabelais. Certes celle manie des comparaisons plus où moins convenables existait déjà du temps de Rabelais, el on pourrait se demander si son analomie de Ouaresmeprenant n'est pas une mordante salire, comme tant d'autres jetées dans l'épopée pantagruélique.
La lecture de ce livre montrera qu'il n’en est rien.
Toujours est-il que jusqu'à présent personne n’avail pris au sérieux les chapitres relalifs à l’analomie de Quaresmeprenant. Le bibliophile Jacob n'y voyail qu'une insipide énuméralion, n'ayant d'autre but que de rassembler la
“gÿ