‹ Rabelais, anatomiste et physiologisteChapitre 43 sur 61 · C... muscuLEux, bien musclé · texte numérisé non relu

C... muscuLEux, bien musclé

C... ManuaL,, de quoi remplir la main, volumineux. L'atrophie du testicule ou microrchidie (du grec wxpos, petit, et ôoxxs) est une cause d'impuissance. La microrchidie constitue la maladie appelée féminisme, maladie féminine (3).

C... PALLETOQUÉ, etc., entouré, revêtu d’un palletoc. C'est ce palletoc moulé sur son contenu que Maître François a comparé à une guedoufle. Il est composé de plusieurs couches qui sont, en procédant de dehors en dedans : 1° la peau ou scrotum (du latin serolum, sac ou bourse de cuir); 2° une couche musculo-

(1) Certains commentateurs voient dans cette énumération une parodie de la litanie des Saints. La répétition du mot C... semblerait effectivement l'indiquer. Observons cependant que ces longs dénombrements de qualités et de défauts étaient dans le goût du temps. (Voy./e Monoloque des nouveaulz sotz, Recueil des poésies françaises, t. I, p. 12 et suiv., ainsi que le Monologque des sotz joyeulx, dans la même collection, t. I, p. 15 et suiv.)

(>) Je reproduis quelques pages plus loin un passage du livre III (Voy. Physiologie), où le sperme est comparé au lait des nourrices,

(3) Elle est commune dans le Caucase, où ceux qui en sont atteints sont nommés énarrés. Le microrchide reste pendant toute sa vie un grand enfant.

élastique, le dartos (du grec ôaprés, écorché) ; 3° une tunique entièrement musculeuse, la tunique érythroïde (du grec éoubpos, rouge, et eièo, forme) ; 4° une tunique celluleuse ; D° une tunique séreuse.

Le paletot actuel est le Sato le justaucorps modifié de

nos aieux.

La penillière, comme une dariole.

La penillière, le pénil, la région couverte de poils située au-dessus des CrBAnrA sexuels. |

« Le feu que j'avois jecté au giron de mon paillard r'ostisseur lui brusla tout le penil, » déclare Panurge à Pantagruel.

Dariole, gâteau à la crême.

« Les porphyres, les marbres du palais du seigneur Stozzi sont beaulx, observe le moine Pierre Lardon; Je n'en dict poinct de mal: mais les darioles d'Amiens sont meilleures à mon goust. » (L. IV, ch. xr.)

La toison annelée du bas-ventre perdu dans le pus crémeux d’un écoulement uréthral ou cachée sous une carapace de concrétions melliformes engendrées par le défaut de soins ou la vermine.

De ces deux opinions, la première me paraît la plus vraisemblable. Quaresmeprenant était attéint en effet, quelquefois, d’une blennorrhée, par suite de la nourriture :échauffante qu'il prenait : « aubers salés (1), casquets (2), morions salés (3) et salades salées » (4).

(1) Aubers salés, jeu de mot avec salade (casque). L'armure appelée aubert couvre avec le torse une partie de la tête, du cou et la nuque, et peut, par conséquent, ètre considérée comme une espèce de salade ou casque.

(2) Autre jeu de mot avec salade (casque). Le casquet est une armure de tète, une sorte de salade.

(3) Nouveau jeu de mot. — Voy. au paragraphe suivant la définition du terme morion.

(4) Mème jeu de mot. La salade est une sorte de casque sans crête. Ce mot vient sans doute de l'espagnol celada (petit casque).

« Aubers salés, etc., toutes viandes de Carème indigestes et de haut

Les vases spermatiques, comme un gasteau feuilleté.

Les vases spermaliques, les glandes qui sécrètent le sperme, les testicules (1). Ils ont la forme d'un ovoïde aplati iatéralement.

Dans l’exclamation de Panurge en quête d’une prude femme : « Dieu gard’ de mal les pelotons! (2) » on trouve, disent judicieusement Esmangart, Johanneau et le Dr F. Brémond, une indication succincte de la structure de ces glandes.

Le parenchyme testiculaire est composé, en effet, de tubes très étroits, enroulés sur eux-mêmes et groupés au nombre de trois à six pour constituer des pelotons ou lobules qu'on peut séparer les uns des autres ainsi que les différentes couches d'un gasteau feuilleté. Les tubes spermatiques constituant ces lobules aboutissent, à droite comme à gauche, à un organe collecteur appelé épididyme (parastate), auquel

goût, dit Le Duchat, dont les noms sont communs à autant de différentes formes de casques accompagnés de leur coiffe de maille qu'on appeloit salade. » Le même commentateur croit que, par morions salés, « on peut aussi entendre de petites morilles salées pour lhyver ».

Il y a deux espèces d'écoulements uréthraux : Pun virulent, l'autre non virulent provoqué :

Soit par des relations intimes avec une femme lymphatique, en dehors ou pendant la période cataméniale ;

Soit par une nourriture échauffante ou l'absorption en excès de boissons fermentées (bière) ;

Soit par l'injection de substances irritantes dans le canal excréteur de l'urine et du sperme. Il n'est pas un médecin militaire qui ne sache que, parmi les fraudes employées par les soldats pour tâcher d'entrer à l'hôpital, la production volontaire de la blennorrhagie par l'injection d'une forte solution d'eau de savon ou une macération de garou est une des plus communes.

L'assertion sus-indiquée de Maître François donne à croire qu'il a su distinguer l'écoulement uréthralvirulentde l'écoulement uréthralnon virulent.

(1) Ainsi nommés parce qu'ils sont la marque, le témoignage de la virilité, du latin festis, témoin. Les Romains n'admettaient pas à témoigner en justice ceux qui étaient privés de ces organes, comme n'étant pas des hommes. |

(2) E: IT, ch. vrr.

fait suite un conduit vecteur qui «enlongs ambages et flexuosités » (Voy. plus loin Physiologie), aboutit à un réservoir dit vésicule séminale (génitoire).

« Ayants (1) vidé et espuisé en ce jour précédent touts vos vases spermatiques, au Jour subséquent (2) y en peutil tant avoir ? » demande Panurge au frère Fredon.

& Fr. — Plus.

« Pan. — Ils ont, ou je resve l'herbe de l’Indie célébrée par Théophraste (5). »

Les vases spermaliques, comme un gasleau feuillelé.

Maître François ne s’est servi qu'une fois du mot testicule, c'est quand il a mis dans la bouche du châtelain prodigue de Salmigondin (4) ces paroles qui sont une allusion à la légende de la papesse Jeanne (5) : « I ne sera jamais pape, car : lesliculos non habelt, » |

(1) Les auteurs d'alors, encore sous l'empire des règles latines, écrivaient tous les participes présents en les faisant varier, et alors même que ces participes avaient des régimes ou compléments.

(2) Suivant, du latin sub, après, et sequi, qui suit, qui vient après.

(3) THÉOPHRASTE, 1. III, ch. v.

(4) L. TT, ch. xrx, |

(o) Et la reproduction mi-française, mi-latine de ce dicton rimé, très répandu au moyen âge:

Testiculos qui non habet Esse papa non potest.

Celui qui n’a pas de testicules ne peut pas être pape. Unelégende datant du vin® siècle prétend qu'uñe femme élue pape sous le nom de Jean VIII, sans qu'on se fût préalablement assuré de son sexe, aurait, au grand scandale de la chrétienté, accouché pendantune procession.

Jean Bouchet et le Père Mabillon ont contribué à donner quelque

LA

Les parastates, comme un pot à plume.

Les parastates (1), les épididymes. L'épididyme (du

grec x, sur, eb ue, testicule) est la première partie du

canal qui conduit le sperme du testicule à la vésicule sé-

minale du même côté.

Pot à plume, morion, casque ou salade à cimier des hommes d'armes à pied. Le morion du xvi° siècle était rond, allongé et couronné d’un cimier coloré fait d'une matière

ES

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