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femmes escoutants et attentifs, et en recognut (1)
aulcuns (2) parmi la trouppe faisants bon minois, d’entre
lesquels un pour lors tenoit une mappemonde, et la leur exposoit sommairement par petits aphorismes, et y devenoient clercs et sçavants en peu d'heures, et parloient de prou (3) de choses prodigieuses élégamment et par bonne mémoire : pour la centiesme partie des quelles sçavoir ne suffiroit la vie de l'homme : des pyramides du Nil (4), de Babylone (5), des Troglodytes (6), des Hymantopodes (7), des Blemmyes (8), des Pygmées (9),
(1) Reconnut.
(2) Quelques-uns. En langage juridique, aucuns a encore ce sens,
(3) Beaucoup.
(4) Pyramides d'Égypte.
(5) Ancienne capitale de la Chaldée, sur l'Euphrate.
(6) Les habitants de la Troglodytique, contrée située au delà de l'Éthiopie, dans le golfe Arabique. Ils avaient sur la tête, en avant des maxillaires, des cornes qui descendaient jusqu'à terre (Albert Le Grand), couraient plus vite que des chevaux (Cratès de Pergame), et logeaient dans des cavernes. Du grec tpwyhoôitæ, formé de tpuyAn, trou, caverne, el de dévw ou àw, j'entre. °
(7) «Les Hymantopodes, peuple en Éthiopie bien insigne (remarquable
. du latin insignis), sont Andouiïlles selon la description de Pline. » (L. IV.
Ch. XXxvII1.)
Les Hymantopodes étaient des peuples d'Éthiopie qui avaient les
jambes et les pieds cagneux, et qui progressaient en rempant, à la manière des serpents. (Voy.PLine, 1. V, ch. vu.) Du grec uavrôrow, qui a le pied tordu comme un cep de vigne.
(8) Les Blemmyes ou Blemyes sont des peuplades sauvages qui occu. paient la partie septentrionale de l'Éthiopie. Les Anciens les confondaient avec ces races fabuleuses des tribus Atlantides et Garamantides composées de monstres ayant la tête dans la poitrine et formant, avec les Pygmées, la transition entre le nègre et le singe. Du grec Béupa, regard, aspect, visage.
(9) Pour Aristote, les nains ou Pygmées (du grec ruyuaios, dérivé de rvyu1, Coudée) étaient des hommes hauts de deux coudées, qui logeaient dans des cavernes, près des sources du Nil. D’après Pline, les Pygmées étaient des homuncules qui descendaient, au printemps, montés sur des béliers, des montagnes de l'Inde pour venir vers la mer Orientale soutenir trois mois durant la guerre contre les grues. Sur la carte de Mercator le mot de Pigmei (Pygmées) est inscrit dans la région située au sud d’Okosk, Il y a tout lieu de croire que les Pygmées des Anciens sont les peuples appelés Akkas, Akoas, Obougos, N'Kamis, M'Boulous et
des Canibales (1), des monts Hyperborées (2), des Egipanes (3), de touts les diables, et tout par Ouï-dire. 300
«Là je vid, selon mon advis, Herodote, Pline, Solin (4), Berose (5), Philostrate (6), Mela (7), Strabo (8), et tant d’aultres antiques : plus Albert le jacobin grand (9), Pierre
Baboukos, qui habitent au centre et sur le littoral de l'Afrique. Leur taille ne dépasse pas celle de nos adolescents de quinze ans. Le musée du Trocadéro possède quelques-unes de leurs armes ; ce sont des armes d’enfant, mais non des armes de Lilliput.
(1) « Habitent dans l'Amérique, au deçà et au delà de l'Équateur ; gens cruels et mangeurs d'hommes, principalement leurs ennemis. » (Alphabet de l’auteur.)
(2) Des monts au-delà de Borée (voy. p. 233, note 4). Les Grecs appelaient ainsi les monts Ripsées :
Vers les champs hyperboréens, J'ai vu des rois dans la retraite Qui se croyaient des Antonins,