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NGÉIOLOGIE OU ÉTUDE DES VAISSEAUX

Quaresmeprenant avoit:

Le cœur, comme une chasuble.

Le médiastin, comme un guodet.

Le rets admirable, comme un chanfrein.

Les vènes émulgentes, comme deux glyphouères.

Les artères, comme une cape de Biart.

Les vènes, comme un châssis.

Les adènes, comme une serpe.

Le sang bouillant, comme nazardes multipliées.

Le cœur, comme une chasuble.

Le cœur, Torgane central de la circulation. C'est un muscle creux et d'un rouge foncé.

La chasuble est un ornement sacerdotal dont la forme s'est modifiée depuis le moyen âge. Jadis c'était une espèce de long sac brodé d'or, rouge à l'extérieur, blanc à l'intérieur, dont le fond était ouvert pour laisser passer la tête et les côtés relevés pour permettre les mouvements des bras. Elle se retournait et se portait le rouge en dehors, le jour des fêtes des Martyrs. Les pans antérieur et postérieur de cette chasuble, soutenus par les avant-bras fléchis, rappellent la forme du cœur (i), et l'entre-croisement — obligatoire à

(i) La statue dont le dessin occupe un des compartiments de la planche explicative date du xvi« siècle.

rtAHELAlS ANATOMISTE

un moment donné des cérémonies religieuses — des avantbras demi-fléchis, en avant de la poitrine, l'entre-croisement en X des vaisseaux de la base du cœur (aorte et artère pulmonaire).

Est-il besoin de dire que le dévotieux Quaresmeprenant devait avoir souvent les avant-bras demi-fléchis et entrecroisés en avant de la poitrine?

Le cœur, comme une chaxuble.

Le cœur est renfermé dans une enveloppe membraneuse appelée péricarde (i), fourreau, capsule du cœur, xuXeov (Hippocrate), dans laquelle il se meut librement et à laquelle il n'est rattaché que par l'aorte et l'artère pulmonaire. Rabelais en a parlé à deux reprises différentes.

(i) Du grec ztç,(, autour, cl /.»f.3'x, cœur.

ANATOMIE DESCRIPTIVE 8l

Le coup de broche auquel succomba le rôtisseur de Panurge pénétra « par à travers la capsule du cœur ».

Tout ému de la perte du chevalier de Langey, Epistemon(i) murmure en sanglotant : « Il m'en souvient et encore me frissonne et me tremble le cœur dedans sa capsule quand je pense és (a) prodiges tant divers et horriiiques (3) lesquels vismes cinq ou six jours avant la mort du chevalier de Langey (4). »

Maître François a eu également cure — on le verra un peu plus loin — de la valvule « qu'est en la vène cave (5) on (G) lieu qu'elle entre le dexlre ventricule (7) du cœur ».

Le médiastin, comme un guodet.

Le médiastin (8), la loge du cœur. Ses parois sont constituées par les feuillets de la membrane, mince, transparente (la plèvre) qui revêt la face interne et la racine de chacun des deux poumons.

Dans le clos de l'abbaye de Seuillé « si personne tant

(1) Savant, du grec iT.l(3xa.[ion, je sais, je connais.

(2) Aux.

(3) Effrayants, remarquables, du latin horrifions.

(/,) L'ami et le protecteur de Rabelais, » lequel au mont de Tarare — entre Roanne et Lyon, — mourut, le dixiesme de janvier, l'an de son âge le climactère et de nostre supputation l'an i543 ». (L. III, ch. xxi.)

Le climactère ou l'année climactérique par excellence, dans les vieilles doctrines fatalistes médicales, est la neuf fois septième ou 63" année de la vie. Du grec ■/.).t[j.a/Tr,pt/.d;, par échelons, dérivé de -/AifiaÇ, degré ou échelle, parce qu'on monte par degrés ou échelons de sept en sept pour arriver à l'année climatérique.

(5) La veine cave inférieure.

(6) "Au.

(7) Le ventricule droit.

(8) En laVminediaslinus, fait de médium, milieu. II y a deux médiastins : un situé en avant de la racine des poumons et qui contient le cœur, c'est le médiastin anlcrieiir ; un situé en arrière de cette racine, c'est le médiastin postérieur qui renferme l'aorte, l'œsophage, etc. Les deux médiastins correspondent, l'un et l'autre, au plan vertical médian de la poitrine. Par médiastin on entendait généralement autrefois le médiastin antérieur.

lut cspriiis (i) de Lcméritc qu'il voulust résister de l'ace à Frère Jean, la montroit il la force de ses muscles, car il leur transperçoit la poitrine par le médiastin et par le cœur ».

Guodel, « petit vaisseau rond, dit Furetière, qui n'avait ni pied ni anse et dont on usait autrefois pour boire; c'est la môme chose que gobelet ».

« Enfants, buvez à pleins guodets, » lit-on dans le prologue du livre III.

La ressemblance du médiastin et d'un guodct apparaît nettement sur la coupe transversale du thorax dessinée plus loin. (Voy. Splanchnologie, appareil respiratoire. La plèvre, comme un bec-de-corbin.)

Le rets admirable, comme un chanfrein.

Le rets admirable ou merveilleux est un réseau formé à la base du crâne par l'anastomose des vaisseaux à sang

Le rets admirable, comme un chanfrein.

rouge qui se rendent au cerveau. C'est dans ce réseau que, (i) Pris.

pcndanl quinze siècles, « les philosophes et les môdicins ont aflinné les esperits animaulx sourdre, naistre et practiquer par le sang artérial purifié et affiné à perfection ». (L. III, ch. xiii)(i). D'où les épithètes d'admirable, de merveilleux, dont il a été qualifié si longtemps. On l'appelle maintenant l'hexagone artériel de Willis.

Chanfrein. Le chanfrein est une pièce de fer qui garantissait le front, l'entre-deux des yeux et les narines du cheval de guerre.

A l'arc triomphal dressé par Pantagruel, en mémoire de ses prouesses et de celles de ses officiers, étaient suspendus « une selle d'armes, un chanfrein de cheval, des espérons, etc. ».

La comparaison de Rabelais vaut celle de Willis (2).

Les vènes émulgentes, comme deux glyphouères.

Les venes émulgentes, les veines des reins ; du latin emidgere, épuiser à force de tirer.

(1) '< Le rets ou l'esprit vital est faict esprit animal, » dit A. Paré.

(2) Le chanfrein représenté ci-dessus est du xiv° siècle. (Voy. à la Bî* blioth. nat. les manuscrits : Godefroij de Bouillon [première année du xiV siècle] et le Miroir hislorial [fin du xlv« siècle].)

Glijphoiières, olyphoires. Dans la Tourainc et dans le Berry on nomme encore glyfoire, glil'oire, clifoire, et aussi lic-l'oire et flictoire, et, clans le bas Poitou et la Saintonge, flictoère une petite seringue fabriquée par les enfants avec une branche de sureau (i).

Les veines rénales ou émulgentes ont à peu près le calibre, la longueur et la forme cylindrique des glyphouères. Elles reçoivent généralement les veines capsulaires moyennes. Dans la veine rénale gauche se jette normalement la veine spermatique chez l'homme et la veine utéro-ovarienne chez la femme.

Les artères, comme une cape de Biart.

Les artères sont les vaisseaux qui charrient le sang rouge du cœur à tous les organes.

« Panurge distà Pantagruel : le cœur me bat dedans le corps comme une mitaine (2). Touchez un peu mon pouls, en ceste artère du bras gausche (3) : à sa fréquence et élévation (4), vous diriez qu'on me pelaude (5) en tentative (6) de Sorbonne ». (L. III, ch. xi.)

(1) Glyphouôres, « B'oculi feria. On appelle, dit Le Duchat, clifoire en Anjou et à Bourges ce qu'on appelle à Paris une calonnière et en Normandie une saquebute, ce qui est un petit canon de sureau avec lequel les petits enfants et les badins jettent de l'eau au nez des passants. » (Voy. Ménage au mol Clifoire.) — « L'étymologie que donne Le Duchat de ce mot, observent d'autre part, avec raison, Esmangart et Johanneau, est ridicule ; glyphouère ou glil'oire vient de cliquer en foirant; calonnière est pour canonnière, et saquebute vient de saquer, tirer, et de biil, tirer au but. »

(2) Dans les anciennes noces poitevines, les convives, avant de se séparer, se frappaient à coups de poing avec les mains garnies de gros gants fourrés. Voy. les Noces de Basché, 1. IV, ch. xii. Dans le Printemps de Jacques-Hiver Poitevin, p. 38o, Lyon, i58o, et dans le Grand Teslamenl de Villon, il est également fait mention de cet usage :

Mitaines à ces nopces telles

Bienheureux que rien n'y a. (Villon.)

(3) L'artère radiale où on palpe le pouls.

(4) Toutes les émotions morales modifient le pouls.

(5) Houspille, dispute, contredit.

(6) Le premier acte (thèse) pour les grades de théologie. Allusion à

Cape de Biaii, cape de Béarn, cape à capuchon. Cette cape est presque toujours de couleur roupie. « Celle de la mère de ma bonne qui est née dans le village béarnais de Maumour était rouge, m'a écrit, le 28 mai 1898, mon savant ami M. le D-- Bureau, bibliothécaire de l'Académie de médecine; celle de sa grand'mèrc et celle de son aïeul étaient également rouges. Maintenant le tissu de cette cape étant souvent à côtes, c'est bien un système artériel. » Un récent voyage que je viens de faire à Pau me permet de confirmer ces dires. Les Basquaises portent le foulard ou le mouchoir, les Béarnaises la cape à côtes qui, de rouge qu'elle était primitivement, tend à devenir brune ou noire.

La cape de Béarn a été importée à la Cour de France par Henri IV.

Les vènes, comme un châssis.

Les. veines sont les vaisseaux qui ramènent au cœur le sang noir de tous les organes.

« Puisque de cestui endroict ne peulx sang de vous tirer, je vous saignerai d'aultre vène, » répond Panurge aux philosophe Trouillogan. (L. III, ch. xxxvi.)

Châssis, « se dit d'un métier sur lequel a été tendue de la toile ou de l'étoffe pour broder, ou des réseaux pour y faire des dentelles ou autres ouvrages. » (Furetière.)

« Sans le pantagruélion (le chanvre), de quoi feroit-on châssis? Comment sonneroit-on les cloches? etc. » (L. III. ch. LI.)

Les vaisseaux sanguins et lymphatiques s'anastomosent en formant des réseaux à mailles plus ou moins lâches et plus ou moins larges. En anatomie on dit : un réseau artériel, veineux, capillaire, lymphatique, les mailles du tissu vasculaire, etc.

l'état où se trouvait en Sorbonne un jeune homme pendant qu'il y sou nait son premier acte de théologie.

RABELAIS ANATOMISÏE

Le réseau veineux apparaît seul à l'état physiologique, sous la peau. On le voit nettement se dessiner sous forme de cordons bleuâtres plus ou moins saillants, au pli du coude où on le saigne, sur la gorge des femmes dont il rehausse la blancheur de marbre, etc. Les varices sont

Les uénes, comme un chassin.

constituées par sa dilatation. Après la mort il est rempli de sang alors que les autres réseaux vasculaires sont vides et qu'il faut les injecter pour les disséquer. Il est donc plus facile à voir que les autres réseaux et a été vu plus tôt.

Les adènes, comme une serpe.

Les adènes, les glandes du cou : adenes en latin et adenus en langue romane signifient glande du cou. En grec àS/jv, aSévoç, aSeveç au pluriel, vcut dire à la fois : glande, amygdale, tumeur glanduleuse.

Serpe, serpent et non serpe de vigneron, comme traduit Le Duchat. Serpent dérive du latin serpens, fait de serpere ramper (épw, en grec).

Du temps de'Rabelais, la serpe pour tailler la vigne était appelée sarpe (du latin sarpere, tailler la vigne, dont on a fait en basse latinité sat^pa, outil qui sert à couper des branches et de petits arbrisseaux).

« Vous VOUS damnez comme une serpe (1) et estes larron et sacrilège. » (L. Il, ch. xvii.)

Aussi seras-tu, bcste immonde, Damné comme une maie (2) serpe.

Et je serai comme une herpe (3) Saulvé en paradis gaillard .

(L. V, ch. xLvi.)

Un des quatre personnages envoyés par les Papimanes au-devant de Pantagruel était habillé comme un « vigneron d'Aurelians (4), avecques belles guestres de toile, une panoire (5) et une sarpe à la ceincture (6) ».

Les glandes du cou sont les amygdales, les glandes salivaires, le corps thyroïde et les glandes ou ganglions lymphatiques. Il est question plus loin des amygdales, des glandes salivaires, du corps thyroïde et de son hypertrophie ou goitre et des déformations de la trachée qu'entraîne cette hypertrophie. (Voy. Appareil digestif. Les amygdales, comme hineltes à un œil ; La salive, comme une navette, et Appareil respiratoire. Le nou, comme un baril ; Uaspre artère, comme an gouet.) Il faut donc entendre ici par adènes les ganglions lymphatiques cervicaux, mal différenciés, quand vivait Maître François, des autres glandes du cou (7).

(1) Le serpent qui a été l'agent du péché originel est un animal maudit dont la femme écrase la tète.

(2) Mauvais, mallaisant, du latin malus.

(3) Harpe. « Un ange me prendra entre ses bras, comme on tient une harpe, et en cet état me portera dans le paradis. » (Le Duchat.)

(4) Orléans.

(5) Hotte ou corbeille de vendange.

(6) L. IV, ch. xLViii.

(7) Les troncs de terminaison des vaisseaux lymphatiques (canal thoracique et grande veine lymphatique droite) n'ont été découverts qu'après i552 par Eustachi et Slénon. Wharton a prétendu que les amygdales étaient les organes du goût et que la salive ou humeur pituiteuse qu'elles fournissaient leur venait du cerveau par les nerfs.

« On voit au-dessous de ces amigdales deux autres glandes situées à la région inférieure du larinx, une de chaque côté, tout auprès de quelques-uns des premiers anneaux de la trachée... On doute encore de leur

Ces ganglions engorges forment une chaîne ou chapelet [chaîne ou chapelet ganglionnaire) dont les sinuosités et les bosselures rappellent celles du corps d'un reptile en mouvement. La maladie connue sous le nom cïécrouelles, d'humeurs froides, cVadénite cervicale chronique., que les rois de France avaient le don de guérir, prétendait-on jadis, par l'apposition des mains, est due à l'engorgement des ganglions susdits sous l'influence de la scrofule.

Les adénes, comme une serpe.

« Vous en vostres royaulmes, dit à Pantagruel le capitaine des gardes du palais de la reine de la Quinte, avez

usage. Quelques-uns croient qu'elles sont destinées pour arroser extérieurement le larinx d'une humeur visqueuse et grasse, et rendre par ce moyen les cartilages plus disposés au mouvement... Je crois qu'il faut plutôt observer s'il n'en sort point quelques vaisseaux salivaires.

« Auprès de ces glandes sont les parotides, les glandes jugulaires et aussi les glandes de la mâchoire situées sous la langue. » (Diemerbroeck, VAnalomie du corps humain, t. II, p. i85 ; Lyon, 1729.)

Deusingiusa avancé que la salive était versée des vaisseaux lymphatiques-dans les glandes salivaires et de celles-ci dans la bouche.

ANATOMIR DESCRIPTIVE

quelques rois, lesquels phantastiquement guarissent d'auculnes (i) maladies, comme scropliule, mal-sacré (a), lièbvres quartes (3), par seule apposition des mains. Geste (4) nostre reine de toutes les maladies gaarit sans y toucher, seulement leur sonnant une chanson selon la compétence (5) du mal.

« Puis monstra les orgues, desquelles sonnant, faisoit ses admirables guarisons. Icçlles (G) estoient de façon bien estranc^e. Caries tuyaux estoient de casse en canon (7), le

(1) Dans le sens de certaines.

(2) De tout temps, plusieurs maladies, notamment les convulsions, l'épilepsie, l'hystérie, le délire, la folie ont été considérées, les unes comme sacrées, lès autres comme indiquant la prise de possession du corps et de l'âme par les démons ou autres malins esprits. Hippocrate a écrit son beau Trailé de la maladie sacrée pour combattre ce préjugé. On ne l'a pas cru puisque l'épilepsie a été encore ultérieurement dénommée morbiis Herciileus (Aristote), morbus major (Celse), morbiis divinus, morbus sacer, morbus dœmoniaciis, mal d'en haut, haut mal, etc. Les Romains l'appelaient morbus comilialis, parce qu'il fallait fermer les comices lorsque l'un des assistants tombait en convulsions ; c'était un signe de la colère des dieux. Jehan Taxil, au xvii" siècle, a consacré tout un chapitre de son livre à prouver que les démoniaques sont des épileptiques. (Jehan Taxil, Trailé de Fépilepsie, maladie vulgairement appelée la goutette aux petits enfants; Lyon, i6o3.) On connaît l'histoire des Ursulines de Loudun et des convulsionnaires du cimetière Saint-Méry. — Le mot épilepsie signifie « saisi d'en haut ».

(3) Fièvres intermittentes, revenant tous les quatre jours et très difficiles à guérir.

Quarlana te leneal. (Horace.)

Que la fièbvre quartaine t'espouse! (Alain Ciiartier.) « Pour vous montrer que nous apprenons aussi bien que les escrimeurs l'art de tuer, c'est que nous nous exerçons, de même qu'eux, toute notre vie, sur la tierce et sur la quarte » (Cyrano de Bergerac el les Médecins, dans Chronique médicale, juin 1898, p. 3/|2.)

(4) Celle-ci.

(5) Nature, convenance, du latin compelere, convenir.

(6) Celles-ci.

(7) La casse est le fruit (gousse) du Cassia fislula, grand arbre de la famille des Légumineuses. On distingue en pharmacie : la casse en canon ou en bâton, qui n'est autre chose que le fruit à son état naturel ; la casse en noyaux que l'on obtient en ratissant l'intérieur du fruit; la casse mondée qui est la pulpe de ce fruit que l'on a séparée des noyaux; enfin la casse cuite, quand elle a été mêlée avec du suc sur un feu doux. La pulpe de casse est légèrement laxative.

sommier de gaïac (i), les marchettes (2) de rheubarbe (3), le suppied (4) de Lurbith, le clavier de scammonie (5).

« Furent les lépreux introduicts ; elle leur sonna une chanson ; furent soubdain et parfaictement guaris. Puis les empoisonnés; elle leur sonna une aultre chanson, et genls debout. Puis les aveugles, les sourds, les muts (6) et les apoplectiques de mesme. »

Quaresmeprenant était-il scrofuleux? On l'admettrait d'autant plus volontiers qu'avec son chapelet cervical ganglionnaire, son corps étique, ses boyaux rétrécis, il avait le ventre proéminent des enfants qui ont le carreau et les yeux chassieux. Ce qui est certain, c'est qu'il était syphilitique. (Voy. Anatomie des formes : // avait le ventre à

(1) Le gaïac, Gaijaciim officinale, arbre delà famille des Rutacées dont le bois, récorce et la racine sont employés comme sudorifiques et dépuratifs.

(2) Les touches.

(3) Plante de la iamille des Polygonées dont la racine a, selon la dose, un effet tonique ou purgatif.

(4) La pédale, du latin siib pede. *

(5) La scammonée est une gomme-résine extraite du Convolviiliis scammonia. Elle appartient à la famille des Convolvulacées et renferme un principe purgatif très énergique.

(6) Muts ou mutes, muets, du latin miilus. Remarquons la composition de ces orgues :

Les tuyaux estoient de casse en canon.

La casse était sous la domination de Jupiter ainsi que les côtes, l'estomac, les intestins, les bras et le sang. (Voy. C. Agrippa, Philosophie occiille, 1. I, ch. XXII.)

Le sommier de gaïac. Le santal, l'ébène, le gayac étaient sous la domination de Mars ainsi que les veines, les reins, les fesses et le dos. Les vertus aniisyphilitiques de l'huile de gaïac ont été découvertes en i5o2 par les Espagnols, et le célèbre guerrier Van-Hutten, guéri par cette huile, l'a recommandée dans un ouvrage public en iSig qui a fait grand bruit en Europe. Le gaïac a été appelé ligniim vilœ.

Les marchettes de rheubarbe.

La rhubarbe était sous la domination de la lune, ainsi que le cerveau, le poumon, la moelle épinière, les menstrues et tous les excréments.

Le suppied de turbith.

S'agit-il ici du lurbith végétal, racine du Convolvulus lurpelhum, npyiar-

poiilaines; le mirach, comme un chapeau albanais; les œils,

\,ot„; rlo np/riiips ■ le 6'..., comme un miroir comme un estui ae peujntb , tt ^- i

crijslallin.) • , ^ • i

" Quoi qu'il en soit, si on place — comme je le iais — le dessin d'un reptile à côté de celui d'un ganglion lymphatique cervical avec ses vaisseaux afférents et effôrents, tel qu'il est représenté dans un traité d'anatomie moderne, puis le dessin de plusieurs reptiles à côté de celui des « conduits lymphatiques et des glandes du col », tels qu'ils sont représentés dans l'ouvrage de Jacques Henri Pauli, c'est-àdire peu de temps après la découverte du canal thoracique, on sera surpris de voir que, même chez un individu sain, la comparaison de Maître François est exacte.

tenant à la même famille que la scammonée ou du turbith minéral ? Cette énumération, qui ne comprend que des plantes, donne lieu de croire qu'il s'agit du turbith végétal. D'un autre côté, il est noté dans la Philosophie occulle d'Agrippa : que le turbith, composition alchimique de nitre et de vil-argent, l'esprit de vie des vénériens, était sous la domi nation de Vénus, ainsi que les membres génitaux, la chair, la graisse, le ventre, le nombril, l'os sacrum et les lombes.

Le clavier de scammonie.

La scammonée était sous la domination de Mars et de Saturne, qui présidaient au foie et à la partie charnelle de la poitrine.

Des orgues fabriquées avec ces différentes plantes possédaient, par conséquent, les propriétés curatives de ces plantes, et les sons se chargeaient de les transmettre aux parties malades, d'après Agrippa.

.< Isménie guérissait par les chants les plus graves maladies. » (Philosophie occulle, 1. II, ch. xxiv.)

.( Le chant artificiel, soit de cordes, soit de flûtes, soit naturel de la voix, pénètre jusqu'aux plus intimes profondeurs du cœur et de l'âme, remue les membres et purge les humeurs du corps. Démocrite enseigne que beaucoup de maladies humaines sont guéries par le son des flûtes. » (Eodem loco.)

Des flûtes, dit Rabelais, mais plus il y en a, mieux cela vaut : Et le voilà qui imagine un instrument multiple, un orgue formé d'un grand nombre de flûtes. Et c'est ici que sa malice se montre dans toute sa finesse. Toutes les flûtes sont composées de telle sorte qu'on y retrouve les laxatifs, sudorifiques, altérants, dépuratifs et toniques destinés aux pauvres malades et surtout à ceux auxquels il a donné dans ses prologues la qualification de très précieux. (Voy. Ph. Ducrot, É/iu/e sur la quintessence et la magie, loc. cil. snprà, p. 16.)

Le sang bouillant, comme nazardes multipliées.

Le sang, la chair coulante de Bordcii.

Nazardes, chiquenaudes sur le nez. C'est un homme à nasardes, qui mérite des nasardes, dit-on familièrement. Nasarder, donner des nasardes.

Dans les Enfers. « Tous les chevaliers de la table ronde estoient pauvres gagne-deniers, tirants la rame pour passer les rivières de Cocyte, Phlegeton, Styx, Acheron et Lethe (i). Mais pour chascune passade, ils n'en ont que une nazarde, et sur le soir quelque morceau de pain chaumeni (2). »

Que le ciel affronlaul, je nasarde la lune

(M. Régnier, Satire XI.)

« Les esprits animaux, selon la différence de leur mouvement ou influence, dilatent, a noté Diemerbroeck, ou resserrent plus ou moins les orifices du cœur, c'est-à-dire de ses ventricules ; d'où il s'ensuit que, dans les passions de l'âme, le sang entre plus ou moins facilement dans le cœur et en sort de même, et c'est de là que procèdent pour lors les différents changements des pouls ; et que, dans les grandes terreurs, on sent des palpitations de cœur ; dans la tristesse des constrictions avec un pouls petit ; dans la joye une agréable chaleur aux environs du cœur avec un pouls gai et vigoureux. » (Diemerbroeck, loc. cit. supra, t. [I, p. 62.)

Quaresmeprenant avait le pouls battant à petits coups

(1) Rivières ou plutôt fleuves des Enfers. Le Cocyte (du grec xcoxuxoç, pleurs, larmes, dérivé de xoxûw, je pleure, je me lamente) était formé par les pleurs des méchants ; le Phlégéthon (du grec (flé-^w ou oXsYeôto, je brûle), roulait des torrents de flammes; le Styx faisait neuf fois le tour des Enfers; l'Achéron (du grec àx°?> douleur, et po'oç, fleuve) était le résultat du changement en fleuve d'Achéron, fils du Soleil et de la Terre, qui avait fourni de l'eau aux Titans; le Lcthé (du grec XtIOt), oubli) donnait l'oubli du passé à ceux qui buvaient de ses ondes.

(2) Pain dur et grossier, plein de chaume ou paille; du latin calamiis. On disait aussi chaumoisi.

d'un homme jeûnant depuis longtemps et « plourant les trois parts du jour ».

Physiologie. — Dans le chapitre iv du livre III, qui est, on le sait, un résumé succinct de la première thèse de

licence de Rabelais, on lit : '

« Lavieconsiste ensang(i) : sangestlesiègedel'amela); pourtant (3) un seul labeur poine (/,) en ce monde, c'est forcrer sang continuellement. En ceste forge sont touts membres en olTice propre (5)... La matière, et métal (6) convenable pour estre en sang transmué (7), est baillé (8) par nature : pain et vin. En ces deux sont compenses (9) toutes espèces de aliments. Pour icelles (10) trouver, préparer et cuire, travaillent les mains, cheminent les pieds

« L'appétit admoneste (11) d'enfourner viande. La langue enfay ressay{i2); les dents la maschent; l'estomach la reçoit, digère et chylifie. Les vènesmésaraïques (i3) en succentcequi est bon et idoine (1 4), délaissent les excréments, lesquels par

(1) Olez le sang, la vie cesse. . , , ,

(2 Quia anima in sanguine est. L'âme de la chair est dans le sang.

(Lévilique, xvu, 2.) Empédocle a placé le siège [de lame dans le sang et

Pline {Ilisl. nal., 1. 11, ch. 49) dans le cœur.

Sanguinem vomit ille aniinain,

lit-on dans YÉnéicle; ce que le D" Brémond traduit par : « il vomit son

àme de sang. »

(3) Pour cela, pour cette raison.

(4) Peine.

(5) En ce labeur chaque membre a son office propre.

(6) Le mot métal désignait autrefois tout corps destiné à être travaille.

(7) Changé, du latin Iransmulare.

(8) Donné.

(9) Comprises.

(10) Celles-ci.

(11) Prévient, du latin admonere, formé de ad augmentatif et monere, avertir; avertir fortement.

(12) La langue est le principal organe du goût.

(13) Les veines intestinales contenues dans le mésentère, du grec |jiE<ïdtpaiov, le mésentère.

(14) Utile, convenable, du latin idoneus. « Les veines mésaraïques préparent le chyle et donnent comme quelque commencement au sang. » (Sauvageon, Des parties naturelles, I64S.)

vertus cxpulsivc S(3nt vuidés hors par exprès conduicLs (i) ; puis la portent au foye ; il la transmue derechef (2), et en faict sang (3)... Puis est transporté dans une aultrc officine (4), pour mieulx estre affiné (5) : c'est le cœur, lequel, par ses mouvements diastoliques (G) et systoliques (7), le subtilise et enflambe (8), tellement (9) que par le ventricule dextre (10) le met à perfection, et par les vènes l'envoyé à touts les membres. Chascun membre l'attire à soy, et s'en alimente à sa guise : pieds, mains, yeulx, tout. Par le ventricule gausche il le faict tant subtile, qu'on le dict spirituel, et l'envoyé a touts les membres par ses artères, pourl'aultre sang des vènes eschauffer et esventer (ii). Le poulmon ne cesse

(1) Je laisse momentanément de côté tout ce qui a trait aux fonctions des autres appareils organiques qui seront étudiés plus loin.

(2) La transforme, la modifie de nouveau.

(3) Pour Hippocrate (1. IV, des Maladies), Platon [le rrmee) et Aristote (ch. II de YHisl. des aniin.; 1. Il, ch. i, et 1. III, ch. m. Des parlies des animaux), le sang était engendré parle cœur, et pour Galien (1. V, ch. xii et XVII, et 1. I, ch. xvi de VUs. des pari. ; 1. VI, ch. iv et v des Seul. d'Hippocr. el de Plal.), Vésale, Columbus, Picolhominus, Carpus, Bauhin, Joubertus, et une infinité d'autres, tantôt par le foye, tantôt par les veines, tantôt par les deux. « L'action du foye est, dit Ambroise Paré, de tourner le chylus en sang : qui est la seconde coction. Car, bien que le chylus commence à prendre couleur de sang dès qu'il est tombé dans les veines mésaraïques : toutefois il n'acquiert point la vraye forme et haute couleur de sang tant qu'il ait esté élabouré au foye. » {Les Œuvres d' Ambroise Paré; Paris, i658, p. ii4-)

(4) Retraite, lieu, du latin officina.

(5) Purifié.

(6) De relâchement, du grec SiaaTÉXXw, je sépare, j'ouvre.

(7) De contraction, du grec ouaTeX>.to, je contracte.

(8) L'enflamme. Le cœur était considéré jadis comme la source de la chaleur et de la vie. « Le cœur est une cavité sinueuse, a dit Pline {Hisl. nal., 1. XI, ch. lxix) ; en lui se trouve le premier foyer de la chaleur et du sang; l'âme y réside.» — «Il est ridicule, a objecté Riolan à Guill. Harvey, de dire que le cœur reçoit du sang la 'chaleur et la vie, puisqu'il est lui-même le foyer de la chaleur et de la vie, et que c'est de lui que toute chaleur du sang résulte. » — « Le sang tombant dans les ventricules du cœur y est enflammé et raréfié par le feu qui est naturel à ce viscère, » a écrit Franc, de Boë Sylvius. {Dispulat. med. Ihesaur., i5-i6.)

(9) Si bien, de telle sorte que.

(10) Le ventricule droit.

■ (11) Suivant Galien, l'esprit du sang spiritueux (artériel) était formé

ANATOMIE DESCRIPTIVE f)5

avecqucs ses lobes et soufflets le reiVaischir (i). En recognoissance (2) de ce bien, le cœur lui en départ (3) le meilleur, par la vène artériale (/|). Enfin, tant est affiné dans le rets merveilleux, que par après (5), en sont faicts les esperits animaulx (6), moyennant lesquels elle imagine, discourt, juge, résoult, délibère, ratiocine (7), et

remémore (8). »

Sauf une omission fort importante, les lignes ci-dessus sont une synthèse parfaite de la théorie galéniste du cours du sang dans les vaisseaux. L'auteur n'a pas parlé des pertuis de la cloison interventriculaire au moyen desquels s'opérait, croyait-on autrefois, le passage du sang veineux du ventricule droit dans le ventricule gauche. Cette omission est-elle voulue ou involontaire? Elle est au moins singulière.

Comparons aux passages de Rabelais que nous venons de citer ceux du Chrislianismi resliliilio (9), dans lequel Michel Servet a fait la première fois mention de sa découverte de la circulation pulmonaire.

Michel Servet affirme positivement que : « L'esprit vital tire son origine du ventricule gauche du cœur et que les

poumons contribuent à sa perfection que les poumons

au moyen de l'air inspiré donnent au sang plus d'élaboration et d'affinement. » Il ajoute de plus que « le sang est porté

dans le ventricule gauche, et ce san^ était seul propre « à la conservation de la chaleur naturelle fluente ». — << Dans le ventricule gauche, dit Diemcrbroeck, le sang se fermente de nouveau, se dilate, se rend spiritueux et acquiert sa dernière perfection. » (Diemerbroeck, loc. cil. siiprà, p. 94.)

(1) Rafraîchir.

(2) Reconnaissance.

(3) Lui en fournit, du latin parltri, diviser, distribuer;

(4) Artère pulmonaire.

(5) Qu'ensuite.

(6) Les esprits animaux. Pour détails complémentaires sur les esprits animaux et vitaux, voy. plus loin Névrologie.

(7) Raisonne, du latin raliocinari.

(8) Se rappelle, du latin rememorari.

{9) Daniel Leclerc cIEloy» Biographie médicale, t. î, p. 221 ; Paris, i853i

par la veine artérieuse (i) du ventricule droit du coeur dans

les poumons que les rameaux de la veine artérieuse le

versent dans ceux de l'artère veineuse (2) avec lesquels ils communiquent; que le sang est attiré de l'artère veineuse dans le ventricule gauche du cœur dans le temps de la diastole ». Enfin « que l'esprit vital ou le sang affiné dans les poumons est distribué du ventricule gauche dans les artères de tout le corps, et que la portion la plus ténue passe vers les parties supérieures où cet esprit de vital qu'il était commence à devenir animal. »

Il y a certes loin de la [physiologie de Rabelais à celle de Michel Servet; « cependant on ne peut moins faire, observe M. le D'' Paquelin (3), que d'être frappé de l'air de parenté qu'elles ont entre elles tant au point de vue du fond que de l'expression même.

« Michel Servet étudia d'abord le droit à Toulouse puis la médecine à Paris en i/|36 et à Lyon en i535, époque où il publia une édition très estimée de la géographie de Ptolémée. Quand il se rendit à Paris, il habitait Lyon depuis plusieurs années, et par conséquent s'y trouvait en même temps que Rabelais y enseignait l'anatomie sur le cadavre.

« Enfin le Çhristianismi reslitutio a paru plusieurs années après Pantagruel. »

De ces données, M. Paquelin croit avoir le droit de conclure sans trop s'avancer que « Michel Servet a été le disciple de Rabelais et que c'est à son enseignement verbal ou écrit qu'il a puisé les notions qui lui ont permis d'apporter son contingent de faits à la solution de la question qui préoccupait alors si vivement les esprits ».

Parmi les vaisseaux à sang rouge cités dans Gargantua et Pantagruel, j'ai indiqué l'artère pulmonaire, l'artère

(1) Artère pulmonaire.

(2) Veine pulmonaire.

(.3) Paquelin, la Revue de lilléraliire médicale, 3" année, n" 19, p. 449» octobre 1878.

radiale, riiexagone artériel de Willis, el, parmi les vaisseaux à sano- noir, les veines mésaraïques elles veines émulgentes. Ce ne sont pas les seuls.

Dans la bataille de Lerné, « Forgier atteinct Marquet de son tribard (1) par la joincture coronalc (2) de la teste, sur l'artère crotaphique (3) du costé dextre (4) »•

Frère Jean des Entommeures prisonnier « férut (5) de son bracquemart (6) l'archer qui le tenoit à dextre (7) lui coupant entièrement les vènes jugulaires et artères sphagitides (8) avec le gargaréon (9) jusques és (10) deux adènes ».

« L'estrange nativité » de Gargantua a fourni à Rabelais l'occasion d'une description des veines cave supérieure et inférieure qui ramènent au cœur droit le sang impropre à la nutrition. « Des cotylédons de la matrice, par lesquels sursaulta l'enfant, il entra dans la vène creuse (11), et gravant (12) par le diaphragme jusques au dessus des espaules où la dicte vène se part (i3) en deux, print (i4) son chemin à gausche et sortit par l'aureille senestre (i5). »

Les veines des organes de la génération émanent des veines rénales et celles-ci de la veine cave inférieure qui se

(1) Gi-os et court bâton dont les crocheteurs et autres gens de peine se servent encore pour se reposer.

(2) Suture fronto-pariétale.

(3) Artère de la tempe, Fartère temporale, du grec ■/.f.o'taçoî, tempe.

(I) Du côté droit.

(5) Frappa, du lalin ferive.

(6) Épée courte et large qu'on portait autrefois le long de la cuisse. Du grec ppa-/^£îa, |jLcx-/^a'.pï, courte épée.

(7) A droite.

(8) Les artères de la gorge, les artères carotides ; du grec o-faYi), gorge.

(9) La luette, du grec yapyapaojv.

(10) Aux.

(II) Les veines cave supérieure et inférieure étaient désignées autrefois sous le nom de veine creuse.

(12) Montant, gravissant.

(13) Se divise.

(14) Prit.

(vS) Gauche, du latin sinislcr.

dégafîe dans le cœur droit. La veine cave supérieure se divise en deux troncs, dits troncs veineux brachio-céphalicjues, auxquels aboutissent les jugulaires internes et externes qui reçoivent les veinules des oreilles. .

Un corps étranger charrié par le sang de la veine cave inférieure ne peut parvenir à l'organe de l'ouïe sans passer par les poumons, le cœur gauche et les artères du cou. Au xv° siècle, avant la découverte de la circulation pulmonaire, on croyait le contraire. Gargantua, sorti du sein de sa mère, a donc cheminé d'abord, selon Maître François, dans une des veines utéro-ovariennes, puis dans une des veines rénales, la veine cave inférieure, l'oreillette droite, la veine cave supérieure, le tronc veineux brachio-céphalique gauche et l'une ou l'autre des veines jugulaires qui en émane. Remarquons incidemment que le docte romancier a fait judicieusement s'engager l'énorme fœtus dans le tronc veineux brachio-céphalique gauche, qui est plus large que son homologue du côté opposé.

Le savant écrivain a omis, il est vrai, les veines jugulaires, mais il en a parlé et précisé les rapports, je le répète, dans le chapitre xliv du même livre. Quant aux veines caves, il a connu non seulement leurs connexions, mais encore leur structure, puisqu'il a signalé, on ne l'ignore pas (voy. le cœur, comme une chasuble), la présence, à l'embouchure de l'une d'entre elles dans le cœur, de la valvule en croissant à laquelle Eustachi doit sa célébrité. Dans les tubes de la fontaine fantastique « il y a, dit Bacbuc à Pantagruel, une quintuple infoliature mobile à chascune rencontre intérieure, telle qu'est en la veine cave on (i) lieu qu'elle entre le dextre (2) ventricule du cœur » (3)-

(1) Au.

(2) Ventricule droit, du latin dexler.

(3) L. V, ch. XLii.

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