LA FEMME
Vous m'avez abusée, marin, Avec A'ous je vis en langueur.
[Ancien Théâtre français, t. I, p. 3ii, Farce du frère Guilleberl.)
Je suis drogueur appoticquaire, Je fais clislères barbarins.
[Le Varlel à louer. Recueils de poésies françoises, t. I, p. 83.)
(4) Rabelais, comme bon nombre d'écrivains de son époque, met au masculin le mot affaire.
(5) Des rillons ou des rillettes.
(6) Pièces d'or très fin valant vingt-cinq francs, frappées en i334 par Edouard III, roi d'Angleterre. Elles portent d'un côté la figure d'un navire et de l'autre celle d'une rose, armes des maisons d'York et de Lancastre. La consultation était royalement payée.
(7) Prit.
(8) Traduction du vers latin de Catulle :
Namquc ego ab indignis prsemia nalla pelo.
(Catullp: De comâ Berennis, v. 1751.)
de g-ènts- de, bien je ne refuse. Je suis tousjours à voslre commandement. — En payant, dist Panurge. — Gela s'en- 'tend, respondit Rondibilis (1). »
■ • Maître François est, avec Lisset Benancio (2), un des rares médecins de la Renaissance qui n'ait pas .eu une foi aveugle dans l'examen des urines. Je n'en veux pour preuves que les lignes dans lesquelles il a flagellé si cruellement (3) Pierre Gilles (4),'« lequel dans le pays de Satin. » au milieu
(1) .( Quelques auteurs, entre autres (ie Thou, ont l'ait, dit le professeur Planclion, ancien doyen de la Faculté de médecine de Montpellier, -un reprocjie à Rabelais d'avoir traité légèrement et presque ridiculisé, sous le nom de Rondibilis, son ancien maître et ami Rondellet; mais Cuvier, moins sévère, plaide l'indulgence pour l'auteur de Panlafjruel, parce que, -d'une part, dans la comique consultation médicale de Panurge, Rondibilis, • sous une forme badine, dit au fond des choses sensées, ef que; d'autre -part, la conclusion du chapitre, bien qu'ayant l'air de taxer le professeur d'avidité pour l'argent, n'est, à vrai dire, qu'un badinage k l'égard du .-salaire des médecins en général. » (Planchon, i^o/jrfe/Ze/ e/ ses disciples.)
Selon M. Dubouchet, les motifs de l'animosité de Maître François envers Rondellet seraient tout autres. Durant l'année i536, les droits de matricule et de baccalauréat furent, à la Faculté de médecine de Montpellier, élevés de deux livres à un écu d'or, uniiin aureiim. «Rabelais, n'ayant pas de quoi payer de suite et intégralement l'écu d'or en question, se contenta, écrit iVI. Dubouchet, de donner un acompte de trois livres, dont le versement fut indiqué en marge, sous forme de quittance.
« Mais, le soir même de ce jour, il emprunta sans doute de l'argent ou en reçut d'un ami, car nous trouvons consigné dans le même registre [liber Prociiraloris) l'acquittement de cette dette; Rondellet en accuse réception: Franciscus Rabelœsus diocesis Turonensis soh'ih die 17 seplembris i53o, iinuin aureiim.
« Ce zèle dut paraître extrême à Rabelais, et nous ne serions point éloigné d'y trouver l'origine de la rancune sournoise qu'il garda toujours un peu envers Rondibilis, ce rapace qui osa consigner dans un registre public une dette qu'il voulait faire ignorer, puisqu'il ne- l'inscrivait pas lui-même, ainsi que cela se faisait habituellement. » (A. Dubouchet, loc. cil. suprà, p. 33.)
J'estime, comme de Thou, que Rabelais a ridiculisé Rondellet, attaché 'au cardinal de Tournon, parce que son ancien maître l'a accusé, auprès •dii chancelier Dubourg, d'avoir révélé des secrets d'État.
(2) Au moment où le diagnostic par les urines avait le plus de vogue, Lisset Benancio a écrit dans les Abus des apolhicaires : « Plusieurs maladies adviennent au corps, desquelles les urines ne justifient rien. »
(3) L. V, ch. xxxi.
(/,) Pierre Gilles, naturaliste français, né à Albi en 1490, voyagea en
de philosophes et de géographes hâbleurs, parlant de tout par ouï-dire (i), « tenoit un urinai en main, considérant en prot'unde contemplation l'urine des poissons... » pour s'assurer de l'état de leur santé !
Imitons notre grand Ancêtre, croyons à l'uroscopie (2). Usons-en, mais ne lui demandons pas plus qu'elle ne peut donner. Si elle permet de reconnaître d'une façon irrécusable le diabète, l'albuminurie, la dégénérescence des reins, etc., elle ne fournit encore que des indications insuffisantes dans beaucoup d'autres maladies.
Asie et en Afrique, par ordre de Françôis l'"', pour recueillir des manuscrits. Ne recevant aucun secours, il l'ut obligé de s'enrôler dans les troupes de Soliman II, l'ut fait prisonnier par des corsaires et ne dut sa liberté qu'à la générosité du cardinal d'Armagnac. Gilles est mort â Rome en i553. Il a publié chez Gryphius, sous le titre de. Piscium Massiliensium gallicis el lalinis nominibus, un catalogue très superficiel des poissons de la Méditerranée.
(1) Pour M. Ducrot, » le pays de Satin c'est le pays des draps de Frize dont parle Thibault de Pleini en sa description de la Touraine. C'est Tours où se fabriquaient ces riches étoffes, toutes bordées de fleurs, de fruits, d'animaux, de blasons, en toutes belles couleurs ». (Ducrot, loc. cil. suprà, p. 3i.) f. - , - » ■ • - - ^
(2) (< L'urine n'est quêTa lessive du coi'ps » (FourCroy); et » il est aussi naturel de juger les phénomènes^ nutritifs par l'urine que de juger ce qui sè passe dans un fourneau par"lâ'naturé des produits qUé laissé- échapper Ba cheminée. » (Cl. 'Bernard.)