CONCLUSION
« Allez, amySy en gayetté d'esprit », dit la grande-prêtresse Bacbuc aux Pantagruélistes, quand les mystères de Pinitiation sont finis (aux variantes du livre V). — C'est la bonne parole que le lecteur de Rabelais croit entendre à chaque page de son livre. Pantagruel a loyalement rempli sa promesse. Ni lui, ni ses compagnons n'ont engendré un seul instant la mélancolie. Et cette gaieté que le vieil auteur nous communique n'a pas seulement pour cause les propos joyeux qu'il a semés dans son œuvre, et encore moins les propos gaulois. Essayez de répandre, dans Gulliver, les plaisanteries et les images rabelaisiennes, si vous voulez en rendre la lecture plus lugubre encore. La supériorité de Rabelais sur Swift, son rare mérite on face des deux grands ironiques, Aristophane et Cervantes, la personnalité et la substantificque moelle de son génie sont ailleurs. Sans doute, il fut dépourvu de la poésie magnifique d'Aristophane, de la tendresse profonde de Cervantes ; mais il portait, dans ses jugements sur la marche des choses de ce monde, une disposition d'âme plus libérale que les méfiances aristocra-