XXV SIÈCLE. BIOGRAPHIES
Deux autres notices ont été publiées à part, l'une JlcAeUtis €t son œuvre, par Eugène Noèl v l'autre Mabdafc) étude 8ur le XVP sièéle , par Mayrarguee (1868, in 12). Lee auteurs A'ont pas songé A rieii ajouter à ce que Ton savait déjà de Rabelais ; 41s ont fait œuvre non d'érudits, maie de vulgarisateurs. La première a eu deux éditions, l'une în-18, 1850, l'autre in-8°, 1870, notablement augmentée. .
M. E. Noël s'est évidemment inspiré de Michelet; c'est la même désinvolture, le même entrain, le même décousu, et aussi Je* mêmes exagérations.
Rabelais, dit M. Eugène Noël, arracha les hommes de son temps aux ténèbres, aux jeûnes formidables dû vieux monde... Son livre, tout paternel, répondit à ce cri de soif universelle du XVIe siècle : A boire au peuple! .... Ce grand fleuve de l'Eglise papale, où le moyen âge avait bu si longtemps, était desséché. A boire! à boire! était le cri universel ; aussi serace le premier mot de Gargantua.
Ste-Beuve dit fort sagement à ce propos :
Voilà une soif allégorique d'une explication nouvelle et à laquelle les commentateurs n'avaient pas encore songé.
' Sf. E. Noël s'écrie ailleurs :
Que j'aurais voulu l'entendre l que# j'aurais voulu, par un beau jour de Pâques, assister à sa messe, contempler sa majestueuse et sereine figure, lorsque entendant chanter autour de lui: Quemaâfnodum desiderat cervus ad fontes aquanm, il répendait avee un divin sourire de satisfaction à cette soif totoie- de son Pantagruel L
Il faut avouer que cette association de la messe et 4u FaMagrud est passablement inattendue. De plus, fil M. Noël eût consulté un livre d'église quelconque, il aurait pu s'assurer que le Psaume XU lie sachante
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pas i l'église à l'office de Pâques. Il ne se trouve dans la liturgie que le vendredi saint, jour où Ton ne célèbre pas la messe.
Mais avec M. Noël il ne faut pas regarder de trop près ni aux citations ni aux traductions, quand même il les donne pour littérales, cette du TJUotimus par exemple. H lui arrive très souvent de tirer à lui, de Caire dire aux documenta beaucoup plus qu'ils ne disent et de lâcher hors de propos la bride i son imagination. Il y a, en somme, dan» son livre presque autant de fantaisie que de vérité ; mais oommo vulgarisateur, il atteint son but: son style est vif, imagé, entraînant, et l'idée qu'il donne de Rabelais nfest pas fausse.
Quant à H. Mayrargues, il semblé avoir voulu fliire surtout une œuvre oratoire, utfe sorte d'amplification. Son procédé ressemble beaucoup à celui des musiciens. Il a l'air de s'être donné une série de phrases sur chacune desquelles il brode des variations brillantes. 11 connaît beaucoup moins bien son sujet que M. Noël et les méprises de détail abondent dans son livre. On sait, par exemple, qu'une des principales difficultés dogmatiques entre les catholiques et les protestants est la doctrine' de la justification par la fbi, préconisée par les Luthériens, et là justification par les œuvres, préconisée par les Catholiques. Or M» Mayrargues écrit, par exemple, (p. 27)c
Le F6vte< <mupte* à qui l'église réformé* doit tant.... avait compris et proclamé, dans son ooimmuftii» -sur 8t Paul la nécessité des œuvres ponr le salut.
C'est exactement le oontraire qu'il aurait fallu dire. Plue loin nous trouvons & propos du dagm*de la prédestination,:
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Ce dogme qui ne tend à rien moins qu'à l'abêtissement de l'être humain (nous n'en voulons pour preuve que le cri de douleur de Pascal), ce dogme était élevé comme un sombre défi à la face de la Renaissance,
M. Mayrargues oublie évidemment que ce dogme de la prédestination, qu'il réprouve, est une doctrine calviniste, repoussée par l'église romaine. Quant au mot de Pascal qu'il rappelle à ce sujet sur Vabêtissement à propos de croyance , ce n'est ni un cri de douleur, ni une protestation, c'est un humble conseil de soumission à l'église. Si votre conscience résiste aux preuves raisonnées de la religion, nous dit l'auteur des Pensées, si vous ne pouvez parvenir à croire , commencez par pratiquer, abétisset-vous, et la foi viendra. Voilà en somme la pensée de Pascal, et M. Mayrargues n'a aucune raison de l'invoquer en cette circonstance. Dans son ensemble, l'ouvrage de 11 Mayrargues ressemble fort à une composition de rhétorique que l'élève aurait fait imprimer sans l'aveu de son professeur.
M. Arnstadt, au contraire, a très sérieusement étudié son sujet Son livre n'est pas comme le titre pourrait le faire supposer, un simple traité de pédagogie. La personne et les écrits de Rabelais y tiennent presque autant de place que dans les ouvrages précédents.
On y trouve d'abord une Vie de Rabelais très sagement écrite, puis un résumé rapide du roman;, toutefois en ce qui regarde le cinquième livre, l'auteur se borne a en détacher quelques épisodes, et il n'a pas l'air de soupçonner un plan dans la
5*2 LÀ BÉPUTATWN DE BA BELAIS.
fliM des événements q<ri remplissent tes trois derniers livres.
Son troisième chapitre est consacré aux écrivains qui procèdent de Rabelais, et il compte parmi eux Pasqnier, Montaigne, Pascal ., La Fontaine , Molière et J.-J. Rousaeiw, série dont >plus d'un terne est contestable f\m vient «ne aaalyse des imitations immédiates 4e Rabelais, eufre lesquelles figure le Moyen de parvenir ^ qtri doit se trouver quelque peu étonné d'un tel honneur. L'auteur, nous -entretient eowita de la traduction aNemande 4u premier livre <le Rabelais, que Fiachart fit imprimer! dès 1660, et des tradwtioas postérieures ; il .mentionne les diverses interprétations qui ont -été données 4e Foauvre rabelaisienne, il a l'air <fe se canger à l'idée de Nodier, qui ne voit dans te livre que lu critiqua .générale Aee idéep et des mœurs du tewps, mets .il n'en éona* paa moins les clés {historiques propwéea daiiaiTéditiw anglaise de Le M*ttau& et dana>l'4dit*a mriûr mm d'Esmangart.
.M. Arnstedt reproduit et discute les principaux jugements qui ont été -portés sur Rabelais et son ttifrie* U reptatase la 'légende raWaisimneV et se *ailie4 llopûrion >.qqi nrôt' (kne. l'azur de Garçon- Jtoinn'tiagè raiti'Bpil& gaieté* «rata nie. petite pMr loaOptye iuigé, Jàlebte et pratique, oramne dit M/ Le* aient* .et afaalegiaeàcetté d'Hoflu*; il )tçnariqe far ce mot de Dufresny. «Il n'a manqué à Rabelais pour Ôbre ûi gnfnd/^èàtb que dtaritr 'Bâtit» en tfevsçUon livre *st<iln pbèône en.- proie.»* • i . - : «Les aafre8tdiaq#n9B sont consacrés à. la quest» pédagogique* lenteur pmetiwiiWief ies heureux; ré* «Mata de ta«faétho4e.iie RakçM»** point 4e, rie