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Mîchelet (La Réforme,, 1855 y p. 425) est. d'avis, complètement opposé. L'ouvrage de Rabelçiis esr1;. pour lui un cri 'd'espérance.
A qui le comparer? k l'Aripste? à Cervantes? Non, tous, deux rient sur un tombeau* sur la patrie défunte et la che-: valerie inhumée. Tbus deux regardent au couchant.1 Rabelais' regarde vers l^swrora^Il cfngtoàirest, vers les terres incoD-< nues... C'est un voyage de découverte.,
Narigateur hardi sur la profonde mer qui engloutit les» anciens dieux î il va à la rechercnè dû grand Peut-être. 11' cherchera longtemps. Le câble étant coupé et l'adieu dit à la Légende, ne voulant B^ntrtier' qafea vrai, au- vaisomiable, > il avance lentement; en étatisant le? drfntèreA Maiajes scfentM. surgissent, éclairent sa voie,, lai donnent les lueurs de la fq profonde. Copernic y fera plus 'tard et Galilée. Mais déjà l'Amériqu» et les lfes aotwQeiy défi les pufesaoceé chimiques
M6 LÀ BtfPUTàTfOV DE BàBJIiAIS.
tirées dae vég«t*a. déjà le stouvemeat du taagv la «imla> tia» de la vie, la mutualité et la solidarité des f ouations, éclatent dans le PattUpmei en ps«w subUmes, tml, sens forme légère et goures* mnieee, n'en toat pal jttins les cfceafcs reUaiesa de la Renaissenoe.
îfichelet cependant ne croit l'idéal 4e Rabelais ni complet ni précis. Mais il y a ohea lui un beau oon*- ■encanent* un noble essai d'édueatieo, «ne hunèm, une espérance.
H. Henri Martin est dû même ttris que Michelet, à bien des égards du moine.
8eienoe universelle, bienveillance universelle, progrès universel (si le mot t'y est pas, l'idée chez lui est partout), nuaanité, tdéranoe, amitié, respect dé Je pensée bantatae et du saag tamsift, ouverture à tout et à «eus» a tous espéraaoe et cftMMfatieft (bon espofrgft a» fsbd* dlt4)ç guérir le oorps et fàrne, faire lire osu* qui pleureat, e'eët la gaieté de la forte. Paatagreéttame est une certaine {gaieté d'esprit ewflte en mépris des choses fortuite*, Aère devise, Me* gaulois*; gaicU parente de la joie des chevaliers.
M. Henri Martin résume les principales idées de Rabelais sur l'éducation, la liberté, la politique. Il lui manque une chose cependant à ses yeux; il croit en Dieu, mais sur la question de l'âme, sMl ne nie pas, il flotte... «Peut-être», ce n'est pas assez. lie souffle de Rabelais est tout poissant pour la science, insuffisant fxmr la tie, pour la sentiment et la règle des masses. Rabelais peut inspirer, soutenir, contrôler, non pas fonder.» (Histoire de France, VIII, 2Û6 et s., éd. 1857,)
Préwst-Piaradol l'émincpt journaliste qui devait finir d'une manière si triste, a caractérisé avec beau* coup de justesse l'oeuvré de Rabelais.
. . . Ce libre et paisses* aaffleur états sut phttoigphs: au
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delà des personaagti, il peignait son aiècla, et «a delà dt Mm siècle, la nature humaine. Rien n'est trop grand pour pre&r die place sons cette large satire, et les individus s'y perdent comme des atomes. Cet idéal de l'intelligence raisonnable, cet idéal de l'égoïste bonhomie) oet idéal de la entante et do la goerre injuste* de la médecine mercenaire, de la chicane an* dadense, ne convient à personne, et la taille matérielle de Pantagruel est, à vrai dire, la mesure morale de tous ces personnages. Tout est en eux abondant, démesuré, gigantesque ; chacun d'eux est une classe d'hommes, une grande fraction' de Fhumamté '..
Nous avons déjà parlé de l'étude sur «Aristophane et Rabelais» publiée par M. Littré. Si réminent écrivain s'est trompé, selon nous, sur le compte du comique grec, en revanche, il juge parfaitement l'écrivain français quand il nous le montre prévoyant l'avenir, combattant le passé qui lui fait obstacle» et dirigeant les esprits dans la voie du progrès.
xxm.
En 1842, M. Paul Lacroix publia en tête d'une édition de Rabelais (Charpentier, 1 v- in 12), une notice étendue sur l'auteur» Cette notice fut reproduite* considérablement augmentée, en tète de» l'édition de 1854, grand in 8°, avec illustrations de Gustave Doré, et enfin publiée en un volume à. part en 1859, Une seconde biographie, par M. RaXhery, mort récemment, a para en tête de l'édition Didet, 2 vol. in 12, publiée la même année.
Ces deux biographies sont les seules originales composées depuis le commencement du siècle ; toute» les autres en procèdent , sans excepter la nôtre* Les deux biographes se sont livrés à des iectaet *
1 Itoue de VMsMre unwtrstH grand In fift Mk.p, 906.
568 LA réputatiov'de rarelus.
Ches consciencieuses et approfondies, mais ils sont partis d'un point de vue différent.
M. Paul Lacroix donne en plein dans la légende rabelaisienne. Il cherche à la justifier en tout et l'exagère. Il * le tort grave aussi de nous présenter atec obsthiatioft l'ignoble et effronté Panurge comme une personnification de Rabelais, de faire du curé de Meutfon un calviniste dégpisé, etc.
M. Rathery, au contraire, voit dans Rabelais le personnage grave que nous montrent les témoignages contemporains. Son travail, qui est venu le dernier, est aussi beaucoup plus complet et contient nombre de documents nouveaux.
La première des deux biographies est f œuvre d'un Panurgiste, la seconde d'un Pantagruéliste.
M. Baudry, qui a rendu compte de cette dernière publication dans la Revue de l'instruction publique \ a profité de l'occasion ppur donner son jugement sur Rabelais, Nous en citerons quelques passages :
Rabelais représente à nos yeux la Renaissance et la grande joie qui s'empara des esprits en face des trésors de sciences et (Parts qui retenaient au jour. Le sentiment qui domine visiblement pafyni les allusions sans oe*so interrompues d& son livre, c'est le mépris pour le moyen âge, .l'espoir naïf que les lumières nouvelles vont le dissiper en un instant cornme un mauvais rêve, et qu'hommes et choses vont se réformer sans obstacle. Comme ses héros Gargantua et Pantagruel c'est qne. espfecfe jfe jetotafier errant poursuivant les ténèbres et les fantômes. La science et la joie sont ses armes. Ce sombre ennemi qui a tenu pendant plus de mille ans l'humanité sous l'oppression d'une terreur muette et d'un ennui plus pesant encore, 51 le- désarme en lui portant vivement la lumière antisage*. et ie montre aussi rtfwuU qu'an hibou surpris au g^aad.^ur. Par »pa confiance optimiste comme par sa haine pour le passé, il annonce le XVIIIe siècle!
* Numéro du 19 inarÉ8Sfc ,«.•,. •<....'■' « -••. ,