‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 15 sur 157 · LIVRE III. -, PANTAGRUEL · texte numérisé non relu

LIVRE III. -, PANTAGRUEL

BRIDOÏE, LE PANTAGRUÉLION, CLÉ DES DES NI ERS UVBES, LES VOYAGES À LA KECHEKCHE DE L'iKCONNU. '

86UEAHEB. t. t* mm **»oyi. — 1. *&rld©ye eVrarft »*• Juges. ~ 1. 8a défense. — 9. Emploi des- dés' pour jujer lf* procès. *• 4. JU-a* faut juger les procès1 qu*è leur maturité. — 6. Gomment on fait mûrir leê pfoeès.— «. Bridoye et BsidtoisoJ* — f. Iudulg«*e» de Pantagruel pour Bridoye. t

S. Les mariages subreptfcei.

. II. M PAWAOMJiLM*.-" ». Deec,rtptt#ft de »et$# plante. — m. Set vertus. — 11. Le Un et le boii incombustibles. — 12. Ce que le cbanvre e'rmbollee pour Kdoelals*.

in. uFUOAfiom. Fosfeinn du problème, — %K J<»»»rgè . x**M) ee marier? — 14. Véritable feue des épreures tentée* et à tentée par lui. Ole des trois derniers livres. • '

IT. Hi TOTAOM A ** «MSBMHI Ml I.*UW0«WU.— 15. L* «oif de» ▼oyagee. — 16. V Histoire véritable. — 17. Vile dee Heureux (Orphée). — 1S. La recfeerene du Paradis terrestre : Alexandre, Ma trois Moluee. — 19. Le ▼ojage, de St Brandan* -r 20. I/Xle dn Et Brandan sur la Carte.

On nottè a annoncé \g juge Biriktoyé, mais nous ne Pavons pas tu paraître. On se rappelle en effet que quatre savants avaient été convoqués pour la con+ suhation, nn théologien, un légiste, uta médécht' et* tM philosophe. « Le Timée de Platon, dit Pantagruel compte sea httités an commencement dé la *éuntonl Nous, au rébourB, nous les compterons à la fin. Ut*; deux, trois. Où est le quatrième ?; N'était-ce point notre ami Bridoye? •

42 m. PANTAGRUEL. — LE JUGE BRIDOYE.

Epistémon répond qu'il s'est rendu à Fonsbéton, et qu'on lui a dit que Bridoye avait quitté le pays la veille ; un huissier du parlement de Myrelingues en Myrelinguoys lavait cité devant les sénateurs en raison d'une sentence qu'il avait rendue:

On chercherait vainement ces noms sur la carte ; . le Myrelinguoys, c'est le pays des dix mille langues, ou, si l'on écrit Mirelinguois, de la langue étonnante, peut-être la Bretagne ; quant à Fonsbéton, la fontaine des Bêtes dont le juge bride les oies, ce pourrait bien être Fontenay-le-Comte.

« Je suis très curieux de «avoir la suite de cette affaire, dit Pantagruel. Voilà quarante ans et plus que Bridoye est juge i Fonsbéton. H y a rendu pendant ce temps plus de mille sentences définitives, il en a été appelé de 2,309, mais 2,309 fois, la cour souveraine du parlement myrelinguoys a ratifié, approuvé et confirmé le premier jugement, et toutes les appellations ont été mises à néant Si donc il est cité à comparaître maintenant qu'il est vieux, ce ne peut être que par l'effet de quelque malentendu. Je veux faire pour lui tout ce que l'équité me permettra. »

Là-dessus, il remercie et récompense les invités; la lendemain il part poqr MyreUngues et arrive au tribunal & l'heure où l'affaire est appelée. Leç présidents, sénateurs et conseillers le prient d'enta** .avec eux pour entendre les raisopa par lesquelles Bridoye epti<eg*endca dejwtifier la sentence rendue par lai contre l'élu Towchereade, sentence q/fi paraissait inique à la cour bicenbwvirale [de 2PQ memkee]* Il trouve Bridoye assis au milieu d* parquet prêt à répondre i ses juges* Lcb jtâfKBiea

DÉTOTSE DS BRIDOÏE. 45

qu'il va faire sont entremêlées de fréquentes citations de lois, comme autrefois cela se faisait toujours, comme cela se fait encore quelquefois aujourd'hui, daqs les plaidoiries. Il est très plaisant en' effet de voir un lieu commun, une absurdité parfois, appuyée sur un texte de loi indiqué minutieusement par des abréviations familières. Racine n'a pas négligé ce moyen de comique dans ses Plaideurs:

Qui ne sait que la loi : Si qui* canis, Digeste, De vi paragrapho, messieurs, caponibus, Est manifestement contraire à cet abus.

Mais Racine a cité des lois qui n'existent pas, et Rabelais cite des lois qui existent, et, suivant sa manière habituelle, il abuse de ces" citations, qui deviennent fastidieuses. Toutes les deux ou trois lignes survient une longue citation latine, où la fin de la plupart des mots est remplacée par un point abréviatif. Les renvois au Code romain sont marqués par un C, les renvois au Digeste par deux ff. Nous en indiquerons quelques-unes, comme exemples. Le lecteur saura que la plaidoirie en est émaillée régulièrement comme d'une broderie. ,

Aux questions qu'on lui pose, Bridoye répond qu'il est devenu vieux, qu'il n'a plus la vue aussi bonne

Su1 autrefois. — Les juges ne comprennent pas trop , 'abord quel rapport il y a entre une bonne ou mauvaise vue et le jugement d'un procès, mais ils attendent — « La vieillesse apporte avec soi de grandes misères et calamités qui ont été notées jper Archid. D. 86 C. tant a. C'est pour cela qu'il ne connaissait plus aussi bien les points des dés qu'il

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