‹ Rabelais et ses œuvresChapitre 14 sur 157 · S8 LITRE III. — L LE XA&UGB DE PÀNUBÛB · texte numérisé non relu

S8 LITRE III. — L LE XA&UGB DE PÀNUBÛB

Mais en l'épousant , je crains d'être trompé. — La chose est faisable. - Mais que feriez-vous si vous étiez à ma place ?~ Je ne sais. - Que me eonseiUes-vous de faire? - Ce qu'il tous plaira, etc.

Sganarelle, impatienté, finit] par lui donner des coups de bâton.

Il aperçoit ensuite deux bohémiennes, et il leur pose aussi la question de Panurge: Dois* je me marier ?

Tu épouseras une femme gentille, une femme gentille — qui sera aimée et chérie de tout le monde - qui ta fer* beaucoup d'amis - qui fera Tenir l'abondance chea toi qui te donnera une grande réputation.- Mais serai-je... trompé ? - Trompé ?— trompé ?

Les Bohémiennes chantent, dansent et s'enfuient sans répondre.

Ces diverses scènes, relèvent directement de B*» bêlais.

xvn.

Un poète comique , un peu pâle, mais gracieux et facile, Colin d'Harleville, 1 auteur de M. de Crac et du Vieux Célibataire, a rimé aussi une consultation matrimoniale qui procède de Rabelais. C'est nn souvenir de Panurge consultant les cloches et surtout Pantagruel. Les réponses ne sont pas en écho, mais tous les vers masculins de la pièce sont sur une seule rime :

Je viens vous consulter, comptes Sur un point des plus délicats :

Je veux me marier, Lucas, Me conseilUs-rous de le faire?

— Eh oui, mariea-vous. Colas.

- Si j'allais faire une sottise?

Si, quand j'aurai sauté le pas, .

2ABELAIS ET COLIN d'HjLBLEYILLE. M

J'en «mis enrager toatbM?

Partez-moi donc avec franchise.' *» -Eh bien, ne vous mariez pas.

«-■ J'en ai cependant grande envie, Mon amoureuse est ai jolie !

C'est Babet, la fille à Thomas,.

Morgné 1 Je l'aime à la folie.

- Ah ! ah ! Mariez-Tons, Colas.

Mais Colas a les mêmes appréhensions que Panurge:

- Oui, mais de ma femme peut-être , Un grivois lorgnant les appas...

[Des maris trompés je fais cas], Mais, pour rien je ne voudrais l'être.

- Oh 1 ne vous mariez donc pas.

C'est la phrase dc^Panorge: «J'aime bien les maris trompés, ils me semblent gens de bien et les hante volontiers; mais, pour mourir, je ne le voudrais être,»

Colas insiste. Il a froid dans son lit en hiver, il trouve que c'est triste de rester seul toute la nuit. — Mariez-vous, lui dit son ami.

- Mais si Babet de haut en bas Me traite et fait le diable à quatre, Moi qui n'aime pas les débats,

Je serai forcé de la battre.

- J'entends. Ne tous mariez pas.

- Aussi quel plaisir quand on baise Deux ou trois marmots gros et gras De sa façon! . J'en mourrais d'aise.

- Allons, mariez-vous. Colas.

- Mais, si ma femme trop féconde En mettait dix ou douze au monde, Voici bien un autre embarras ?

- Peste 1 ne vous mariez pas.

- Ecoutez donc, Lucas, j'espère Que, quand je serai vieux et las Ces enfants nourriront leur père.

40 LIVRE LU, — I. LE MABUQE DE P1HUKGB.

- C'est vrai Mariez-veus, Celaa.

- Mais la mort» Qui frappe à tante heure, N'a qu'à me rendre veuf... hélas !

Compère, il faudra que j'en meure.

- Parbleu ! ne vous maries pas.

C'est le dernier mot de Lucas. Colas se fâche contre le donneur d'avis, mais il en fait à sa tête :

Or ça, messieurs les avocats, À loisir discutez le cas, En attendant je me marie.

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