III. PANTAGRUEL. — LE PANTÀGKUÉLÏON
Ce dut être en effet un spectacle merveilleux par sa nouveauté que celui du ciel étoile visible de l'un à l'autre pôle et en sa totalité dans l'espace de vingt-quatre heures. — Rabelais nous représente les dieux plus effrayés de ce que peut faire Pantagruel avec son herbe, que de ce que tentèrent autrefois les géants. Il entrevoit déjà l'invention des aérostats, qui permettront de s'élever dans l'espace et de visiter les dieux Olympiques dans leurs demeures aé* riennes. L'un des dieux va jusqu'à s'écrier :
Par ses enfants (peut estre) sera inventée herbe de semblable énergie : moyennant laquelle pourront les humains visiter les sources des gresles, les bondes des pluies et l'officine des fouldres.
Cette partie de la prédiction de Rabelais est déjà accomplie. C'est la partie pratique. Le dieu continue en désignant diverses constellations célestes, dont les noms peuvent s'appliquer à des hôtels :
[Les hommes] pourront envahir les régions de la lumière, entre le territoire des signes célestes, et là prendre logis , les uns à l'Aigle d'or , les antres au Mouton [Bélier], les autres à la Couronne [Boréale], les autres à la Harpe [Lyre] , les autres au Lyon d'argent ; s'asseoir à table avec nous, et nos déesses prendre à femmes, qui sont les seulz moyens d'être déifiés.
Et là-dessus les dieux se mettent à délibérer comment ils pourront refréner cette audace des hommes.
Une fois lancé dans le pays des merveilles, Râtelais ne s'arrête pas. Il va maintenant nous entretenir d'une substance qui n'a rien de commun avec le chanvre, il est vrai, mais dont on fait du fil et même de la toile.