LIVRE III. — I. LB MARIAGE DE PANURGE
doivent être cueillies expressément dans la nuit de la St Jean, c'est-à-dire à l'ancienne fête païenne de l'équinoxe d'été. La pièce de Shakespeare: Midsvmmer-nigMs Dream nous montre cet usage existant aussi en Angleterre. Les Gaulois avaient six plantes sacrées: le samolus (plante de la famille des primulacées), la verveine, la primevère, la jusquiame, le trèfle et le sélage ou herbe d'or, qui parait avoir été aussi une verveine ; mais on ne nous dit pas si Ton s'en servait pour obtenir des rêves prophétiques. Les Anciens employaient dans ce but des branches de laurier. Panurge demande à Pantagruel s'il en doit mettre sous son chevet. Pantagruel lui dit qu'il n'y faut rien mettre du tout, que ce sont là des superstitions et il l'envoie dormir.
On sait quelle importance l'antiquité en général attachait à l'interprétation des songes. La Bible est pleine de songes interprétés. Les malades allaient dormir dans les temples consacrés aux dieux de la médecine pour obtenir en songe la révélation des remèdes appropriés à leur maladie. C'est ce qu'on appelait Y incubation. Cette croyance prit surtout un développement inoui du huitième au sixième siècle avant J. C
D*ns tonte P Asie antérieure et en Egypte , dit à ce sujet M. Franco» Lenormant J, elle exerce sur les événements politiques une influence qui paraîtrait incroyable , si elle n'était pas attestée par des documents contemporains, par des inscriptions officielles et non par des légendes de date postérieure. C'e*t un songe qui encourage Assourbanipal (Sardanapale) dans sa guerre et lui promet la victoire . . . C'est un
1 La Divination et la science des présages ches Us Chah dèew, in Q°. 1875. p. 142. - Voir aussi : Maury. La Magie et Vastrologie dans V antiquité et au moyen-âge, in 8°. 1861, et le SommeUet Us Rêves, en 12°. 1865.