LA PÉDAGOGIE DE BABBLAIS
On reproche à la méthode de Rabelais son caractère individuel. La difficulté, dit-on, est de trouver un gouverneur qui possède cette science encyclopédique que Rabelais a donnée à son Ponocrates — et lors même qu'on le rencontrerait, il ne pourrait exercer sa double science des choses et de renseignement qu'en faveur d'un seul élève ou tout au plus d'un petit nombre d'élèves.
C'est là une erreur. La méthode n'a pas besoin d'être appliquée dans tous ses détails par un maître unique. Il suffit qu'il y% ait une tête qui dirige l'ensemble de renseignement, et cet enseignement peut aussi bien être donné à un groupe d'élèves qu'à un individu. La seule condition, c'est que, pour chaque degré de développement, les élèves ne soient pas trop nombreux *et tous de force à peu près égale. Mais il n'est nullement nécessaire que le maître qui accompagne les élèves dans leurs excursions botaniques, soit le même que leur enseigne la gymnastique ou l'astronomie — l'escrime où la versification française. Il suffit que tous les pédagogues soient imbus , pénétrés de la méthode et , sauf quelques restrictions, quelques modifications de détail, les idées de Rabelais sont aussi pleinement applicables à une réunion d'individus qu'à un seul individu, à l'éducation des jeunes filles qu'à l'instruction des jeunes garçons.
Les petits jardins, les petites constructions de Frcebel, les leçons de choses, les images de M™8 Pape-Carpantier, le système établi par elle pour l'enseignement dans les salles d'asile, peuvent être considérés comme