SON PREMIER VOYAGE A ROME
un avis favorable d'un certain nombre de théologiens français en faveur de ce divorce. Le cardinal du Bellay était du nombre de ceux qui avaient pris cette cause à cœur. Le pape Clément VU désirait aussi être «gréable à Henri VIII, mais, outr^ ses scrupules religieux, il craignait de se brouiller avec l'empereur. Les négociations traînèrent en longueur. On attendait de part et d'autre un événement politique qui permit de prendre une résolution décisive, car^ le pape, comme souverain temporel, se trouvait placé entre deux partis également redoutables pour lui.
Les pourparlei's , les intiùgues duraient depuis cinq ans lorsque Jean du Bellay qui se rendait à Rome commo ambassadeur de France, rencontra Rabelais à Lyon et lui proposa de l'emmener avec lui.
Rabelais avait toujours rêvé le voyage de Rome; il accepta avec empressement et se mit à faire des projets, qui ne devaient pas plus se réaliser que ceux du cardinal.
Jean du Bellay avait cru un moment au succès, il avait même envoyé en France une liste des cardinaux qu'il croyait acquis à la cause de Henri YIII. On l'avait mal Mwtmé, Dans un consistoire réuni le 23 mars 1534, les cardinaux, à la presque unanimité — 19 contre 3 — s'étaient prononcés contre le divorce, et le pape, malgré sa partialité pour Henri VIII, n'avait pu s'empêcher de rendre une sentence qui dédarait Catherine épouse légitime de Henri et lui ordonnait de la reprendre. D'un autre côté, un parti puissant intriguait en Angleterre dabâ le sens d'une rupture avec l'.église de Rome, et le 30 du même mois, avant qu'on 6Ût avis de ce qui s'était passé
^' 92 BIOaBAFHIE DB RABBLITS.
■ à Rome, le parlement avait sanctioBoë un bill —
t. révocable en partie cependant Boua certaines condi-
■* tiens — qui attribuait au roi les droits exercés jus-
^ que là par le pape sur le clergé d'Angleterre. Jean
* du Bellay n'arriva donc que pour se heurter à une
• ■ impossibilité. La rupture était irrévocablement conr sommée.
f Les espérances de Rabelais, ne se réalisèrent pas
r davantage, mais elles étaient d'un caractère plus
■*• modeste.
m liOraqu'on lui avait proposé ce voyage, il s'était
it ■ déjà vu visitant les hommes de toutes les villes
^ d'Italie par où il aurait à passer, s'entretenant avec
y eox et les consultant sur ses doutes. Il s'était pro-
' mis — ce qui rentrait dans son art — d'observer
' ' les plantes, les animaux, les poisons, rares en France,
' et qu'on disait abonder en Italie- Enfin il voulait
^ décrire l'aspect deRome par la plume aussi nettement
f qu'on peut le faire par le pinceau, afin de pouvoir à
son retour la faire connaître à ses compatriotes. > Dans ce but, il avait extrait des auteurs latins et
^ grecs tout un farrago de notes qu'il avait empor-
tées. Il ne fit rien de ce qu'il avait projeté. Il ne put s'arrêter dans les villes comme il l'espérait, à il ne trouva en Italie que des végétaux déjà étu-
■^ diés par lui et n'aperçut qu'un senl platane, près
(de Rome, en village d'Aricie.
Il eut vrai qu'il lui fut permis d'étudier la grande ville. Le cardinal lui laissa tout le temps de la
• parcourir à son aise ; il acheta même unç vigne qu'il donna & Rabelais pour y faire des fouilles, en
[lui adjoignant, comme aides deux jeunes gens, curieux comme lui d'antiquités, Nicolas Leroy et Claude
SON FBEHIEE YOTAGE A BOME. 93
Chapuis ; mais au moment où Rabelais allait prendre la plume, il apprit qu'un Milanais, Marliani, qui avait longtemps résidé dans la ville éternelle, faisait imprimer sur ce sujet un livre plus com* plet que le sien ne le pourrait être. «C'était Lucine qui venait le délivrer» ; il garda ses notes pour lui, et de retour à Lyon, il fit réimprime^ l'ouvrage de Marliani avec additions et corrections» et le dédia au cardinal du Bellay, dans une lettre latine, d'où nous avons extrait ce qui précède.
Ainsi Babelais ne fit cette année-là qu'un court séjour à Eome; il s'occupa surtout d'antiquités, mais non exclusivement. Il assista à la réception solennelle du cardinal ; celui-ci prononça un discours en latin et causa dans cette langue avec tant d'élégance qu'on l'appela «la fleur choisie des 6aule8> (OcUliarum florem délihatum). On prétend même que pendant son séjour à Bome, Babelais eut le. temps d'apprendre l'arabe, que lui enseigna un évêque de Céramith; mais ce fait, s'il est exact, se rapporte probablement à un autre voyage.
En sa qualité de I secrétaire de l'ambassadeur chargé de négocier les afiEaires du roi d'Angleterre, l'auteur de Gargantua dut nécessairement se trouver en rapport avec le pape, mais la plupart des propos qu'on lui prête dans ses entrevues avec le souverain pontife sont dénués de toute vraisemblance. Qu'en voyant le cardinal du Bellay baiser la pantoufle du pape, Babelais ait dit à l'oreille de son voisin : «Et moi, que lui baiseraije donc ?» on peut l'admettre à la rigueur ; il n'en
9i BIOGBAPHIB DB B1B8LA1S.
e^t pas de même d'une conTersation qu'on lui fait avoir avec Clément VII.
Un jour qu'il se trouvait avec lui seul, le pape lui aurait demandé bienveillammeot ce qu'il pourrait faire pour lui, — Je prie Votre Sainteté de m'excommunier, lai aurait dit Rabelais. Et comme le pape lui témoignait son étonnement d'une pareille demande :
SMnt Père, lui anrait répondu Habelais, je suis Français cl d'une petite rille noramée Chinon, qu'on tient estre fort sn- .i('tt« au fagot ; on r a desjà bnislé quantité de gens de bien et de mes parena : or si Votre Sainteté m'aioit excommunié, je ne bnislerois jamais.
Et ma raison est que, venaot ces jours arec M. le cardinal do Bellay en cette ville, nous passâmes par les Tarar.taises, où les froidures estoient fort grandes. Et ayant atteint ime petite case où une povre femme liibitoit, nous la priasmea de faire du feu, à quelque prix que cefust; pourallnmer un fagot, elle brusia toute la paille de son lit, et ne pouvant avoir de fen, elle se mit à 'faire des imprécations et dire : ^ians doute ce fagot est excommunié de la propre guenle du l'ap^ puisqall ne peut brnsler, et fuemee cmilraints de paaser outre, sans nous chauffer. Ainsi donc, s'il plaisoit à Votre Sainteté de m'excommunier, je m'en irois sain et libre en ma patrie {Parttctilaritei de la vie tfe M. François Bdbelaù).
Cette bouffonnerie rentre tout à fait dans le genre de subtilités que le moyen âge aimait à prêter à ses bouffons. On trouve de semblables traits dans la Vie d'Ésope par Planude, dont une traduction, antérieure à celle de La Fontaine, figure daos la Biiiltathè^pté bleue; le BarUMo des Italiens, le TU Vespiègîe des Âileomiids sont pleins de 8em~ blables répooses. Clément VU ne haïssait pas le mot pour rire, mais une plaiseaiterie de ce '.;eare etlt supposé une familianité qui ne pouvait
IL DETIENT PÈKE. 95
pas exister entre lui et Rabelais. H est à croire d'ailleurs que, si le pape se fût mis ainsi béné* YOlement à sa disposition, Rabelais lui aurait de* mandé de régler sa position, passablement irrégulière du côté de Téglise. Il avait obtenu Tautorisation de quitter le couvent de Fontenay-^le-Gomte sous la condition expresse de se rendre au couvent de Maillezais; il s'était passé dix années depuis lors, et, non seulement Rabelais n avait pas fait une seule démarche pour se rendre au couvent indiqué, mais il avait mené une existence tout à fait opposée à celle qu'on devait attendre d'un moine cloîtré et consacré exclusivement au service de Dieu.
Rabelais reparaît à Lyon en 1534. C'est à cette époque de sa vie que la plupart des biographes placent Tanecdote qui a donné lieu au proverbe: le quart cCheure de Babélcm; mais si cette anecdote a quelque fondement, elle doit se placer non pas à ce moment, où rien n'annonce que Rabelais se soit rendu à Paris, mais après le second voyage de l'auteur à Rome, époque où il séjourna quelque temps dans la capitale, pour un motif qui nous est inconnu. Nous y reviendrons.
En 1534, c'est la publication de l'édition annotée de Marliani qui l'occupera d'abord. Dans sa dédicace au cardinal, il représente Lyon comme le siège de ses étude. Nous voyons, en effet, qu'il y travailla beaueouf^, mais il parait, d!aprè8 une révélation inattendue, qu'un autre attrait le retenait dans cette ville.
9S BIOOIUPHIB DE BABELAIS.
V, Ud professeur de l'Université de Toulouse, Jean
X de Boyssonné, dont Rabelais parle à plus d'une
^" reprise et qu'il reconamanda au cardinal du Bellay,
y^ a laissé un recueil de poésies latines, conservé ma-
nuscrit à la bibliothèque de Toulouse. Dans ces poésies, il est parlé, à plusieurs reprises, d'un petit Eabelais, mort à deux ans, et qui d'après le con- ^ teste ne peut être que le fils de l'auteur de Gar-
P * gantua.
Cjk. Ces pièces ont été signalées pour la première
, foi par M. Rathery et c'est à sa notice que nous
4 renvoyons pour les détails que nous ne lui empran-
Itons pas.
L'enfant s'appelait Théodule Rabelais. On trouve m d'abord, dans le recueil, une pièce de vers où l'au-
teur — comme font en pareil cas les femmes du peuple russes — demande au défunt pourquoi il quitte si brusquement ce moade et ce qu'on lui a fait:
Cnr DOB tam anbito, Ribeleese, relinquis ?
L'enfant répond que ce n'est nullement par haine de la vie qu'il abaindonne ceux qui l'aiment, mais j pour vivre avec le Christ.
Vient ensuite un distique où la patrie et le père ^ de l'enfant sont nettement déterminés :
^ LDgdnnuin patria, at pater est RabelKBns; utmmqDe
^ Qui Deacit, nescit maxima in orbe duo.
I [Lyon est sa patrie, Rabelais eit son père ; qui les ignore
ne connaît pas deux grandes choses en ce monde.}
^ Une autre pièce développe la même idée :
Qnierig qnis jaceat inb bec sepulcbro Tam parro ? Tbeodnlns ipse parras, etc,
IL DEYISNT PÈBE. 97
[Vous demandez qui repose dans ce sépulcre si petit ? C'est le petit Théodule, petit de corps, d'&ge et de traits, mais grand par son père, ee personnage savant et versé dans tous les arts qui conviennent à un homme bon, pieux et honnête. Le jeune Théodule, s'il lui avait été donné de vivre, se serait approprié cette science, et, de petit qu'il était, serait devenu grand à son tour.] ...
Si les poésies de Jean de iBoyssonné ne brillent pas par Toriginalité d^ p»w^> ellr» .nmtr très Qiécises sur le point qui nous occupe.
La date n'est pas indiquée, mais elle est évidemment comprise aaire l&d2 et 1587, époque oà Sdbe» la^ quitte. Lyon pour Mjpplpéllieï. Dai^aune pièce de vei^ oà on le lait parler, Tenfant se représente comme ijiaot reç'n le3^ aoins et les caressés dès cardinaux romains.
QoBm eemis tuiiiulo èxiftto req^iBseere^ vmas BôTDaiiQs )MÏbi4 P^ntificesi^mutôs.
L^enfoût ftvxajà dtoc téffx >ux époques oî» Jean fitt Belhiy passa à Lyon, en 158d, 1634"0tt 1586.
Qiwit .à, la m&ra d& reu{imt,4âQQC$ absolûsur son eomptev tant dàns^ le» vers de Bci^fs^ofiBé nque dans les autres documents, et nous ne savons jusque quel point elle était digne de pftrtager Taffection que Rabelais éprouva certainement pour, son enfant.
CHAPJTRE III.
BIOGRAPHIE ET ŒUVRES DIVERSES. rSuUe.)
SOIIIIAIBB.^1. flMond i^oar dé Babelals à Héttie. Il te Met en règle' »yee rÉgUae. — 2. Sa oorrespondance avec Tévêque . de Maillelaii. — 8. Le qaart d^hearé de Babelaii. — 4. Coart si^iotir k Parla. — S« Babelais profeaiear et médecin. — 6.. ;)Toii?«Ue bnUfr dn pape."?. Rabelais ehanoine. — 8. U publie , son l<«r» livre. ^ 9. Il obtient un priyilège de François I. — 10. Bon prolofaè. — U. Sa faite en Lorraine. — 12. Son troisijbiie Toyage à SoiAft» La Seiamaehiê. — 13. Il est enré de Hendon et publie ion quart rivr9 arec tin priTxlége de flenri II. —14. Kabelaia H Mendon.— 16. Sa mort.— 16. Rabelais, J. ,dn BeUaj et Ronsard. — 17. Bpltaphes satiriques de Rabelais. — 18. Spitapbes ftlogieuses. — 19. Les Sonff9s drolâtiqufis de Pantoffuet. — 20. Biographies de Rabelais au XVIIe et au XVklI^ siëcles.— 21. Ordre de' comj^oiition des ptemiers livres de Rabelais. -'.22. Les Chrtmiqmti* Éér§»^ tuiMê. — 23. Gargantua, personnage mythique. — ■ 24. Rabelaia est-il Tanteur des Chroniqu99f — 26'. Témoignages à éé vn^. — 26. Analyse de» Btandé» Cftre»<fttM.— 27* Seconde Chroni^vfu --> 28. Le DUeifU d9 Pantagrn9l. Un ehapitre de ee roman.
Après avoir &it imprimer de nouvelles éditions de Gargantua et du !•' livre de Pantagnui (1535), Rabelais partit, en 1536, pour Rome, où rappelait de nouveau le cardinal du Bellay. Il n'avait pas cessé, du , reste, d'entretenir des relations avec la capitale du monde catholique; nous en avons la preuve dans une lettre que le cardinal de Toumon écrivait au chancelier Dubourg. Après avoir parlé d'un < paillard de luthérien ou zwinglien » qui se trouvait à Lyon»
SBCOKD SÉJOXTB À «OME.
il dénonee avec indignatioii une lettre (évidemmcnf interceptée) qne Rabelais adressait < à un des plus maimûs jHtillards » (ou hérétiques) qni fût à Rome; il entoie i^tte lettre an chancelier • et dit qa'un peu de plus, il eût iait* mettre l'Auteor en priseni pour donner une leçon à ees écriveurs de nou-* velles.
NiRis- avons plus de détails sur ce second séjour de Rabelai^à^Romé que sur le premier. Ces détails sont consignés dans plusieurs pièoôs officielles et surtout dans une série de lettres adressées à l'évéque de Maillezais et publiées à la fin du^XVI^ siècle sous le titre A^U^Ures de Maître François Babeiais.
Il s'occupa d'abord de &ire régler sa position atec Téglise. D y avait douze ans quUl aVaiti quitté Fon* tenay; ses livres, qui faisaient beaucoup de bruit» avaient attiré Tattention sur sa personne. Il n'avait rien à craindre pouir le moment parce qu'il était at* taché au cardinal du Bellay, parce qu'il faisait partie de sa maison {iomuB\ parce qu'il était oe qu'on nimimait alors son «domestique^, mais c'était une sécurité instable. H présenta au pape une supplicatio pro apostasia.
Clément VII était mort, la chaire pontificale était alors occupée par iPaul III {Alexandre Famèse). Rar bêlais lui >r»ppe1a que Clément VII avait bien voulu Fautoriser à changer de couvent, mais hon à quit* tel" la profession rdigieuse: U avait cependant quit(té l'habit régulier de son ordre pour celui de prêtre séculier ; il disait qu'il s'était ensuite livré à l'étude de la médecine et qu'après avoir reçu ses grades, il avait exercé cet «rt pendant; un eertam nonibre tannées, voyageant^à etlàicflébmnt lamesseseu*
iOO BIOaUFfilR DE KASKUIS.
ïtSÈBoi de temps à autce, disant teeiheiires ouonitieH d'une bçon très irrégulière et les opiottwt qoelr . gnefoiB. IL ijoutaït qu'il se repentait maioteHant ds llrr^gularïtfr de aa conduite, et qu'U^ déafait reprendre, la vie: aosastique avec, plaine ti^anquillii^ d'âne. Il suppliait doac le pape de vouloir bien L*a]>soudre pour le passé et l'autoriser, pour l'avenir, à rentrer dans le couveiul; de son ordre qui voudcait bien le reeenùr, à posséder ie^ béotôcas eteM^atk' qnes que l'on voudrait lui.cosféner, et A ^atiquec k médedue à coodltiDn de ue pas tiecavoir d<! salaire et de n'emplc^er ni Je fer ni le.le« dans leai^ratious diinirgieales.
Oea demièreB conditions n'avaient x'mr que de très ordinaire. En général, l'SgUse ne per metjtut p« à ceux qui étaient engiigés dans les ordties de varoer le sang, àqv^ue titre que ce fût, et de plus en assurant auK pfé^ un bénéfice, aux ipeiaes ('«xistenOe dans un couvent, elle leur relisait le^ droit de reoevwr une rémuiiératian pour d'autres aerrifes.
La supplique était humble. Sabelais esugéaàt raflmaquehittepeuses péchés, mais c'était le. mti^en d'en obtenir plus facilement la rémission. Il ne^ â( pas présenter sa sui^Iiqua ^r le «atfibial du Bellaf ; deux Ardinaux Italieta loi mpdifeni cet itfâce. n obtint ce qu'il demandait . pt dapaJa forsta la {dus favorable, celle qui devait avoir force de Un. en ïtenoe; de ploa, «n hii fit nmise. d'noe {lartie^ des frais de chaueelletic.
' (yest RiAriaia luftoitaM iiw «ius\^4iraid. ces âétaâs don» sa eanfa^udaise arec l'év^e. de Mail-
sJl cmbiifonhanc» dc bbock. 101
kz9i». GéLm^d aTiil chargé ^bêlais da seBiciter powr lui, d'fistâssao» le châpemu de catdmal ; BaW jais faisait de aon laieux^ an» Jean âv Bellay i'ap* payait avec mollesse et cherchait toajoars des Uxn* foyants, si bien (jua d'Estissac mourut ^fmas arDir ob^ tenu ce qu'îlambitionniit.
Paul m, du reste, était très tréoecapé en ce mo* meliL L'empereUr CSiarlcs^aint lui «vait annoncé sa visite ; le pape eût bien voulu i^csquiv^r, il iah kît, au coaÉiaire, montridr de rempoesseflàent^ beaueou^ d'empressement; cda allait lui coAter cher d'ailleurs, efc Targent lui màuquait.
Lés eaidioaux envoyés vers i^n^ierlBiir obtinrent d'abord, par adresse, quis ht visite serait retaidéa de dnq ou iix semaines*
Si j'ayais autant d'escoa, écrit Rabelldfi, que le pape voudrait À>tt]ler de jonrè de pardon [d'indalgenee], de proprio utotu, de -plmitude ^otaitEtis et autres teiléa eireofoètancei AiTorablBivà ^ucQuqBe le remellrait juBqueB à cinq ou six aaa d'ici, je serais plus riche que Jacques Cœur ne fat oacques.
^ Rabelais ne^s appreàd ensuiie qû'ea avait foit un chemin tout exprès pour reeevmr Tempereur, abat^ tant force maisons^ dont les propriétaires ne fiirent pas dn tout tm du moins m furent qaé très-leâble^ ment iDdemnSsés. Pout subvenir aux tbais, on mit des impMs s«r tout et sur tous^ mâme sur les p^v tears d'eaa. (M voulait que Çharies^Quint pftt pas* aer sous les aïcs de Omstantiu, de Vespamen, de Tfttts, de Nomérien et autres. Plus de dem cents liaisons et tmi ou quatriB églises ïureat sacrl*fiées.
Eabelais ne se borne pas à donner ft son eomeaponiant dds nouvelles de fiente, il le* tîrat au cou-
102 BIOaXAPHIB Dl BAMLâlS.
Mt, . , nuit detoot cequi eepasM en Europe et éoAsie;!!
I V' Iw raconta 1» - gnerre de l'emperenr turc avee U
1^ Farse, diaeite les conséquences que ceU peat avoiP,
il donne le détail des événementa qui se passent sur les c&tes baFba^eBqae^ mais spécialement sur ce qui se fait en Italie. A propos d'one «gestion que loi advesee révôqae, il entre, dans des détails assez kmgs et quelque pen scabreux sar les bâtards d'Aler xandre VI et sur ceux de Paul UL - U enToi«' aussi & dlEstissao Avec une certaine eon^laisanœ les pasquils, ou satires, . affichés i Rome sur les statues de Pasqnin.et .Uarfono. On sait que pendant longtemps, deux statuts antiques nuitilées, situées près de la. place Novone, affublées des noms de deux artisans -fa£étieux.' du Toisinage, ont servi à afficher de courtes satires contre les personnages puissants et . spécialement, contré la cour de Borne. Ces satires se composaient ordinair rement d'unc'phrase éptgrammatiqae proposée par Pasquin et à laquelle Marforio répondait. De là le Dom de paspdl donné à des satires viTes et Srèyes. À l'épAqae oiï BabelaÔB- se trouvait à:fiomÈ, ees épigramnes étaient, très lombreuseS' et très Biordantes. Oa en a recueilli deux volumes, réoais^eq m,' <ii'Eleaâiei!(¥olis>, la ville dé laldierté, on l'an 1644, BOUS ca iitie: Pasgwillorum toni duo; i\ jea a en vers,- en prose, .en latin, en.italie», en gxw et même en' allemand. Les pasquUs . en prose ' se jn I composent généralement , de dialogues très moT^
■ } I iaMts, >uûa beaucoup trop longs pooi avoir jaimjs
j"^- , été affichés. Ce livre est devenu fort rare.
TT I^apJusanteries.que Babelais trMsuet 4 l'é-
JL véque de MaiUezais e^igeraieiit, pouri^e oonapri-
SA CPVB^POBDAHCX PB BCOCE. 208
^f3s, de longs commentairesi dont, elles ne valmt pas 1» peine» ,
VéonvBia joiiiâsait de la pleine confiaoee da car*diBftl, qfd radp^ttait même à ses converoations diploms^tiqi^a^ R^elai^ nous en raconte une assee: «urieuse entre le cardinal de Trente envoyé. da €harlçs Qm% ^ le cardinal du ÇeU^y, Il s'agisse de, 1a convocation 4^. concile de Trente^, dont peif- ■sonQe du. cjievgé ne voulait entendre parler. Le pape ÎBurtout T., ^ai(; opposé, et ne cherchait, qu'à igagner 4ateinp«i ^Qn d'éviter la ruptune définitive entre les deui^fr^ctiojis.derégUse chrétienne, rup- ^uje' qjoi lui semblait inévitaj)le , si Ip concile se réu,nissait. t
Le .boJwçstç, .JçsftvajQt, . le , çqllpctionneur ajpai^fâspient . aussi ;da|os e^ttf^ , cprreâppnda^çç de Babela^jivec d^Estissac. -Il s'enquîert des légiiim.es curieux; il enyoie à J^^f d'JEstis^ac, . mère, de J'év.êque, des graines et . des plaintes pôuf son potager. (^ attribue,^ Ba,beiais . l!in.trôdi^io.n . en France de la laitue romaine, du melon, des artichauts,, des oeillets d'Alexandrie. H parle aussi des violes matronales (peut-être la girofljSeiou violier, ou la julienne,
\he$pef;is{ mofrowdifi}^, . Il . donne dçs : détails sur la manière de cultiy^ les, plantes qu'il| expédie: on sème les salades de^x fois Tan,. en carême et en nQveinbre; les carde3 se sèment en , août et ^eptemîbre , maïs c'est en mai qu'on met eA terré les graines de me-
. Ions, de citrouillei^ et aixtreç f}:uits de ce genre; il faut les . entourer d'un fumier léger qt les pro-
.téger contre le gelée.
On apporté à Rome de Chypre, de Candie, de Çonstantinoplej, mille petites miroïifiques^ ou curib-
drait bien envoyer à M"" d'Estissac ; n«ilsi Pâtgcrtlt l«s iiiap4«lè ^ t)<^{^ idutés ceis ^ëttteà denses :
Iti, qiii mitf^ ^e« le ^rdhlra^ ^ti qm i^'iA fldl^ i peu >rès & dèpeùiei* pouf èk periénnçf î fl ptié dOWfc f^^é^tie de hn éxtiiédiier t^tielôiie lèHt^ i^ ebAUgé jÈ^mr Mte foée 4 ces débtoûrèfés ; ; il Teingi^ àu^ très fort à envoyer quelque àrgéàt à utt peWo»nage de lyôn, qiii lenr'ifcéH; ainteribédittire. De Ronie à Lyofip te ]^t ne M coûte rien, fiàHf quelques légères gratificiitions, pfrofbaUleinent pèvrcsd qull expédie tes einvois sois le eouvert de VuHtbassadeur. , ^
La âem%i^ lettii*e de RâbeUds % revftqiiô est du 15 févrïef tS8«; OHarhisQutet n'arrita à BWttB que le 5 avrfl suivant. N*oublions pas que Pannéé, commençflit alors àPftques^ et que, par conséqilëut, te uïohi de février attribué à Tannée 1SS6, appartient i l*année 1337, selon notre manière actuelle de compter.
lit
Pourquoi Rabelais quitta-t-fl Rome? Pourquoi se rendit-il à PaHs où nous aJflons le retrouver? Etaît-îl chargé d*une mission par !e cardinal? Avait^-il l^espoîr d'obtenir quelque position dans la capitale ou dans les enlrirous, maintenant que sia paix était faite aVec TEglise et que le cardinal du Bellay était évêque de Paris? On ne sait.
liO but du voyage est incertain, mais te voyage n'est pas douteux.
CTest à cette époque, par conséquent, qtffî fàu-
LB Q01BT B^BITBa <BB BIBSLÂIS. I0&
èttàt pilaeér le ^(]fU&rt âlienrè 4« ïtàl^liriâ», i}i cette, historiette avait quelques fondement. C'eëfc le seul anomeat de sa vie où Ton puisse tinteiT caler.
RalMflafs, noiifi A(^01l, arriva èe Rome à Lyon en fort tnativaiâ éqttipage, sans argent et obligé 6e* pendant de se rendre à Paris. Il sVrangea pour ve^Fag^ ^ratiSi II y a deux versions sur le moy^o InHpiel il eut reconrs. Voici d'abord le Tédt dei Partkuïaritejif de la vie de M. BabélcAs:
« Ayaiit gagné la Tille de I^yon, il s'ayisa d'un plaisant stratagesme, et qui east esté fort dangereux à un homme moina cognu. A la porte de la Tille par où il entra, il prit de mesehaoB iwttoiis dediyerse^ oomlevrsv.lesront danfune iietii^ Ta- Use qu'il portait, et afimt abordé «ne hostellene, il demanda à loger une bonne chambre, disant à ï'hostesse, qu'encore qu'elle le Teist en mauTais estât, et à pied, il estoit homme potàr hiy ^ayer le meilleur espot qui fust jamais finit cbes eUe; il demande une chambre escartée, et quelque petit garçon qui sceust lire 4t eserire, aTec du pain et dm tîh. Cela «staot fait, en Tabsence du petit garçon, il fiait plusleum petits sachets de la cendre qu'il trouTa dans la cheminée ; et le pet^t garço^i estant arrivé aVec du papier et de FeiiCte, il luy it faire plusâeuri biUets, en FuB desquels il y ayait» Pcmùnpowr faire numrir le Bo^; en Patatre, Pùitùk pttur foMte mffwtvr l« Bémt; «u troisiènife^ i^9i80» jMmr fa,vrt mourtr M. fe Bun d'OrUcum, et ainsi des «ntrei «ealana de France; ofiplîqiia h» billets sot cfaaonn dtâa petits saehetSi et dit ini petit gSarçon : Monenfant» gardea-vons bien de parler de cela à Tostre nû^e ny à iiersosme, car il y va de Tostre vie et de la mienae ; puis remit tout en sla valiM^ et denanda à dîner, qu'on Iny apporta.
Pendant son disner, Penfant conta Mmt à sa mère, et eUe tiransle de peur, erut estre obligée d'en atertir le prévost dto la tflie, Yett la mauTaîse mine du pèlerin.
G^estoit eb ce temps là qne M. le Dauphin atoil esté empô^ Bomié, et que toute la France aToît esté affligée au dei«fidr point. Le préTOst est' adTerty de tout, lait quelques légères isfbtnMitîtms, entre dans la ^hambi^ de Babelafs, se saisit de hiy
i06 BIOaHÂPUIE DE BABBIiAIS,
^tdesaVfl^^f.Sa maayaise ^ne, le travail qu'il avoi;^ soiiflért par le chemin, et les mauvaises réponses qu'il rend.oit, le firent grandement soupçonner, car il ne leur dit rien, sinon': Prenez bien garde à ce qui est dans ma valise, et me menez au Roy; j'ay des choses estranges à luy dire.
.I];Q8t iempaq«iet4) mis sur ua bon eheval» i^t fait partir sur l'heure ; on luy fit bonne chère sur le chemin sans qu'il luy couatast rien ; et en peu de jours arrivé à Paris, est présenté au Boy,' qui lecognoîssolt«fort bien, et luy demanda où il avoit laissé' M. 'liCttrdiHiU du Bellay, et qui l'avoitmi» en ciet estât? Le Prévost fait son rapport, montre ta valisei les; paquets et les informatipus, qu'il avait faites ; Babelais racoi^te son hii* toiire, prend devant le Eoy, de toutes les poudres qui estoient de pures cenÂres : le tôUt i^e termina à rire, et la Cour à s'en moquer. ,
Voîei iDaintëdant là versioD, un peu ^nùDgée de M. Paul Lacroix", d'après lie^ Elogia Rabeïœsiana^ de Leroy.
On raconte qu'en arrivant à Lyon, il fut forcé de S'arrô* ter dans une hotelleile, faute d'argeiit pour continuer sa route, €t comme il ne voulait pas se faire connaître^ de peur de compromettre le secret de sa mission, il imagina un singulier stratagème, pour sortir de cet embarras, qui a passé en proverbe sous le nom de «quart d'heure de Rabelais». Il s'était dégaisé de manière à, n'être reconnu' de «personne et .il "fit avertir les principaiix médecins de la ville» qu'un. docteur de distinction, au retour > de longs voyages, sioahaitait leur faire part de ses observations : la> curiosité lui aliéna ^m nomiMfeux auditoire, devaiit lequel il se-.présenta vêtu' singulièrements ®t parla longtemps en - contrefaisant sa-'voix, sur lés iquestions les plus- ardues de la médecine. On Pécoutait av<ec stupéfaction. Tout à coup il- se recueille, prend un air mystérieux, ferme lui-même toutes les portes, et annonce aux -assistants qu^^l va leur révéler son secret. L'attention redouble : «Voici, leur dit-il, un poison très-subtil (boucon) que je suis allé chercher en Italie^ pour vous délivrer du> r9i> et de ses enlants. Oui, je le destine à ce tyran, qui boit le sang du peuple et qui dévore la France. > A ces mots o^ se regarde iQU silence, on se lève,. 0|i se retire. Rabelais est abandonné
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LE QUJLBT d'hBUSA DE BAfalkÀIS. 107
de toflui/ Pciis, pisa d'j^sUkati i^prèB^lei mâlflfitrats'de la YiUe font cerner rhôtçUerie : ou se saisit du prétendu empoisonneur, on renferme dans une litière, et on Pemmènfi soi^ bonne escorte. 'Pendant le chëm!n il est hébergé aux friiitr de la ?ilte; on letriile mêùk&0u»§fHi^qttement, comme un priâibi^ Aîer de distii^ction ; îl arrive enfin 4 sa dedlanation, frais :ret dispos. FranQois I**' est prévenu dei ^arrestation d'an grand criminel': il veut le voir : op conduit devant lui Jlabel^is, qui a repris son visage et sa vbîx ordinaire. François 1" sourit,, en l'apercevant : «C'est bien fait à vous, dit-il, en se tournant vers lesnotahlea de Lyon, qmi àviieoi; suivi leur eapture; ce ift'est une preuve que vous ^'avez pas- peu. 4e se^icilftide'powrite Gopseryation de notre vie, mi^ia je n'avais jamais soupçonné d'une méchante entreprise le bonhomme ttabelais,» i; Là-dessus, il congédie très gracieusement les Lyonnais confondus, et retient à souper Rabelais, qui but largement & la santé <du roi et à la bonne ville de Lyon.
: La seconde version n'est pas plus acceptable que la première. M. Paul Lacroix supposé (jiiè lé cardinal aya.it donn^ a Babelais une jnission pour Paris; s'il eo était ainsi, com/nent. admettre qu'il ne lui eût- pas donné en même temps une somme suffisante ^otir piayei* le voyage. M. Paul Lacroii est de ceux qui voient surtout le. bouffon dans Babelais, et il est; apse;? porté à lui .al;tribuer 1^9 goûts de ses héros ; mais au pis aller, suivant lui, •''''' ' .'■.-■.' .
, „ Il n'avait de goût o^ére^ix . ; ,; ; ,
Qu'une soif un peu vive.
Nous le. . vojipns partout économe . et sage dispensateur du peu. qu'il , a.. Gomment admettre qiie dç Eome à Lyon il eût déjà dép^n^é tout l'argent de son voyage? . ^ i
Et puis Rabelais avait vécu longtemps à Lyon, il aVait été médecin de l'bopital, il était connu
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de tout le pnUie mtelligênt de fe tifle. Codiifiènfc admettre, d'un cOté, que, datas tan cas dé besoita, il n'eût trouvé pers^ine disposé à ^ prêter I^ somme néœmdre ? Gommcait admettre d'un autre côté, qu'il ait pu 8e déguiser au point que per*^ fiWitae ue Tait reconnu et n'ait fait Manquer ce beau projet, digtaé tout au plu^ d'un Scapîn dé comédie?
Antoine Lerojr place le &it en lâ36ç mÉis à ce moment, lé j^rocédé tût été non eeulement étrange et inconipatible aVec le catactère de Kabekis tel que nous le montrent Ijes récits authentiques, maiâ U eût été émînemiment dangereux;.
Ecoutons Voltaire:
fhi ajoute que c'était en 163e, dam le teia^a mène que le roi et toute la France pleuraient le dauphia FrauGoi» qu'on avait cru empoisonné, et lorsiiu'on Tenait d'écarteler Montécûcufi, soupçonné de cet empoiâOnnement. Les autçurs de cette plate hîitoriette n'ont i^as fût réflexion, que sur un indice ausii terrible, on aurait jeté Rabelats dans un cnehoti, iqoll aurait été chaigé de fers, qu'il aurait subi probableraenl la question ordinaire et extraordinaire; tt que, dans des cir> côttstancës aussi funestes, et dans uue accusaûon aussi gràv^ une ttHuTaise plaifiaut^e n'aurait pas servi à sa justifia Dation.^
La ^e de Rabelais, ajoute Voltaire (il s'agit ici des Pm* ticularitez) imprimée au devant de Gargantua est aussi fausse et aussi absurde que l'histoire de Gai^gantua lui-môme.
Cette observation de Voltaire est tellement évidente que les biographes postérieurs placent ce fait eà 1534, époque ôii nous ne voyons pais que l'auteur ait eu le temps ou une raison quelconque de se rendre à Paris. Il faut voir évidemment ici titie
^ LeUre sur Babeïais et sur d'autres auteurs^ etc., 1763^ réimprimée dans les MUoHgts littérahts.
IL TA A f ARIS. - 109
histoire invétftée à plaiâlr, une avràtttre digne de l^re suite aipç «Repues franches de Villon». Ilest p^ol^Vle qii'^n cberei^ai^t bien on l|k trouyerait dans quelque rooiani dana quelque pièce de thâ&r tre antâneure, à moins tontefoîs que Rabelais m Tait inventée lui-mjîme et ne se soit anmsé ^ la conter dans un moment de gaîté, ce qui expliquerait comment le cancBde Antoine Leroy aurait été amené à nous la transmettre,
Quoi qu'il en soit des motifs et des circonstances du voyage, la présence de. Rabelais à Paris en 1537 est un fait indiscutable. Une pièce de Ters fiatins adressée par Etienne Dolet à ce même car*' dini^l de Tournon que notis avons vu si mal dis^ posé pour Rabelais — nous représente Fauteur de fa/ntagrueî assistant, avec d'autres amis, à un banquet donné pour le féliciter, lui Dolet, de l'heureuse issue d'une affaire où il ^vait été impliqué; il s'agissait d'un meurtre commis à Lyon et dont on l'accusait d'être complice. Dolet s'était adressé au roi, qui l'avait déchargé de toute peine.
BiejQL ne manque au récita 4it M- Rathery, à qui nous ejnpruntons ces détails, ni le 'Beù, ni la date, ni les noms des cbntÎTes, ni la eonvërsation qui «'engagea pendant le repatf.
«Làfveoneiib place oeâilioniittMr qu'on aiuimmés arec mir £19^ le^ l^f^^r^ ^.la. ijrfiw^: Budé, l^ p]>emier de ^a9.,par la science; Bérauld^ à l'esprit. supérieur, à. la parole facile; Danès, illiiâtre ijarles connaîèsances les plus variées; Tousaain, surnom^.é la biblîoj;h^que vivante; Macrin pour qui l'art des vers ^'j^^pbjuftdç'sçiQrets'; Bourbd% riche également des tr^f^9 4Çii^ poésie f,Vpuli4,^ <i<>^Ç i^u;( .sayai^ts de si belles e8iiénflîiu;Qi.;.MÎsuM)!lb» (oa. Virgile gauloi«i,. qui aU souffle divin de Finspisniioa pHftétiquc^ , enfin Frabi^(H8 .B^telaiB i'hon-
'110 BIOQBAPHIB DE. BABELAIS.
nenr de la médecine, qui peut rappeler les ^orts des portes da tombeau et les rendre à la lumière. ^ • . «Maints propos s'engagent entre eux : on passe en revue ce que les pays étrangers possèdent d'habiles écrirains : Erasme, SCélanchtlion, Bembo, Sadolet, Vida, Jftcques Sannazar, 4m Mlue tour à 'tour chacun de ees noms par dey ajsobipfiatiomi bruyantes. ...
* \ Ce qui ferait supposer que Rabelais avait en effet une mission ou plutôt une conunission à Paris, c'est qu'il n'y resta que très peu de temps et se rendit en toute hâte à Montpellier. Quoiqu'il eût pris sur ses livres et au grand hôpital de Lyon le titre de docteur en médecine, il n'avait pas encore reçu formellement ce grade. Il lui fut. conféré le 22 mai 1537 et il s'inscrivit à ce titre sur les r€(gistrçs dç la F^iCulté, Il avait passé auparavant son examen de licence, mais à une époque inconnue, et pjrobablement à l'égliçe, comme cela se faisait d'ordinaire, de sorte qu'il n'en reste aucune trace sur les registres de la Faculté de médecine.
Babelais reprit pendi^nt deux ans, comme docteur, les cours qu'il avait faits autrefois comme bachelier à la Faculté de médecine. Il exposa et commenta les Tronostics dTHippocrate.ei fit une série de leçons d'anatomie. Dolet a consacré dans une piècQ de vers latins celles où le professeur disséqua le corps d'un fiupplicié. Il faut dire que, quelque temps auparavant,
^ Franciscus Babelsesus, honos et gloria certà Artis Paeoni», qui vel de limine Ditis Extinctos reyocare potest et reddere luci.
Hos inter multos sermo tum nascitur, orœ ExtemsB quid docti habeant scriptoris : Erasmus, Melauchthon, Bembus, Sadoletius Vida, Jaootaai Sannazarus, pkna laudantor vooe vidssim,