IL PUBLIE SON TUOISIÈME LIVRE
que Panarge (livre IV, ch. lxyi) prétend avoir
yisitées ^.
Vin.
C'est i cette époque que Babelais composa sou troisième livre. Les éditions des deux premiers s'é* talent singulièrement multipliées. On s'était récrié contre la licence' des expressions et contre les impiétés qu'on avait cru découvrir sous ce masque de bouffonnerie. Babelais s'était contenté de répondre que ses livres n'avaient pas été iniiMrimés tels qu'il les avait écrits, et que les éditeurs y avaient intercalé des. passages de leur invention. Le &it n'était pas tout à fait faux : Dolet, entre Mitres, avait in** tercalé dans son édition des écrits de Rabelais, nombre de petits détails sentant l'bérésie calviniste. On avait feint de croire Babelais et passé outre, mais au ^ment de publier son troisième livre, il se crut assez fort pour se mettre en règle avec l'autorité. François I*' agissait avec beaucoup de caprice dans ses poursuites contre les réformés, laissant tout dire aujourd'hui et demain condamnant à l'estrapade et au bûcher ceux qui étaient convûncus ou quelque* fois simplement soupçonnés, soit de faire des prose-* lytes aux nouvelles doctrines, soit d'émettre des opinions contraires à l'Eglise catholique ou au gouvernement, — selon qu^il consultait sa sœur Marguerite de Navarre ou les théologies de la Sorbonne. Le
^ Ces lies ne sont pas en Angleterre, comme M. Rathery a l'air de la croire; eUes sont' à quelques kilomètres seulement des côtes françuses/ et, bien qu'elles appartiennent à TAngleterre depuis l'époque de Guillaume le Conquérant, elles sont restées françaises ou plutôt normandes par le langage et les nuBors.
116 BIOaSAPBIE DE BABBLÀfB.
temps était mauvais à ce moment pour les libres-* penseurs. Dolet, arrêté pour des paroles inconsidé^ rées, venait de mourir sur le bûcher pour hérésie ou athéisme. Son ami Bonaventure Despériers, valet de chambre de Marguerite, s'était ^tué en 1544, craignant qu'on ne trouvât dans son Cf/mbaLtÊm mundi le dâit d'impiété, qu'il y avait caché avec tant d'art qu'il feut être averti t)our l'y trouver; Clément Marot venait de mourir à Tùrio, «après avoii! longtemps erré en divers pays, coupable uniquement d'avoir fourni aux protestants une traduction des psaumes, qui pouvait bien être hérétique en poésie, niais qui ne l'était pas en religion; Rabelais sentît qu'un appui, une protection spéciale lui était indispensable.' La reine de Navarre, bien que n'étant pas toujours écoutée, avait sauvé plus d'une fois les écrivains qui s'étaient mis sous sa protection; seulement Marguerite, à cette époque, se retirai!' de plus en plus du monde et vivait dans un mysticisme exalté. Rabelais s'adressa à elle cependant, et dans un dizain placé en tête de son livre, il invite «l'e^ prit de la reine» à vouloir bien descendre des régions célestes d'où il a tiré son origine et où il se plaît à habiter, et à revenir un moment sur la terre pour lire sdn nouvel ouvrage :
Voudrois-tu point faire quelque sortie De ton manoir divin, perpétuel, £t çÀ-bas voir une tierce' partie Des faits joyeux du bon Pantagruel ?
Toute sainte et pieuse qu'elle était, Marguerite n'était pas prude. Elle le prouvait bien par l'admiration qu'elle professait pour Boccace, et par les propos et les contes, quelque peu risqués, qui figu-
PJOVILÉe® DE FSAlfÇOIB.I*'. . 117
rmt dans VH^taméron. Les crudités de B&bélaîs n'araient donc rien d'effrayant pour elle. Il est évident qu'elle avait lu les livres précédents et qu elle m délecta de même à la lecture du troisième, trouvant dans la sagesse de Pantagruel une compensation suffisante aux folles extravagances de Panurge.
Quant à François I'', il est probable qu'il se décida à protéger le livre par un motif tout opposé. La première partie lui avait été signalée comme immorale et impie, et, lorsque' Rabelais s'adressa à lui pour obtenir le droit de réimprimer les deux premiers livres «qui avaient été corrompus» et de publier le' troiaièmBy le* roi se fit lire le tout. Les prouesses de frère Jean et les extravagances de Panurge le charmèrent; il ferma les jeux sur ce qu'il y avait de critique audacieuse au milieu de ces folies, et il accorda le privilège demandé, en raccompagnant d'éloges pour celui qui Tavait fait rire de si bon cœur.
De la partie de notre aimé et féal mattre François Kabe- Iftis, docteur en médecine de notre Université de Montpellier, sons a été. exposé qu'ayant auparatont baiU^ à imprimer plusieurs livras* môpement deux Yolujnes dfis Faits et Dicty héroïques de Pantagruel, non moins utiles que délectables, les imprimeurs auraient iceulx livres corrompus et perver* tis en plusieurs endroits, au grand desplaisîr et détriment dndit. suppliant, et préjudice des lecteurs desdits Faits et Dicts «bérpSques. Estant toutefois importuné joumeUement par les gens sçavants et studieux de notre royaulme et re^ quis de mettre en l'utilité comme en impression ladite séquence, Nous auroît supplié de luy octroyer privilège à ce que personne n'eust- a les impsimer ou mettre en vente fors
118 BIteBAPHIE DB IUBBI.AI8.
ceulx qu'il feroit imprimer iMtr libraires expreà, el «uxquete il bailleroit ses propres et Trayes copies. £t ce pour l'espace de dix ans consécatîfic, commencans au jour et date de l'impression de ses dictz Hvres. Four quoy Nous, 'Ces choses considérées, desirans les bonnes lettres estre promeues par nostre royaulme à l'utilité et érudition de noz subjectz, ayons audict suppliant donné privilège, congé, licence, et permission de faire imprimer et mettre en vente, par telz* libraires expe* rimentez qu'il advîsera, sesdictz livres et œuvres consequens des faictz herolcques de Pantagruel, commenceans au troisième volume, avec pouvoir et puissance de corriger et revoir les deux premiers par cydevaot par luy composez,- et les mettre ou faire mettre en nouvelle impression et vente.
Ce privilège est du 19 septembre 1545. Le troi* %)hme livre parut Tannée 8ai vante.
Cette fois Fauteur renonce à son pseudonyme d'Alcofribas Naaîer et signe, sans anagramme, f ran* Qois Babelais, docteur en médecine, mais il garde son titre fantastique de caloïer des lies d'Hyères, et dans un avis séparé, il engage «les lecteurs béué* Toles à soi réserver à rire au 78' livre.»
Celui-ci s'ouvre par un prologue plein de verve et d'entrain. Lorsque les Corinthiens apprirent que Philippe de Macédoine allait assiéger leur ville , ils se mirent fiévreusement à Tœuvre pour lui tenir tête. Diogène, qui se désintéressait de cette besogne, se prit à remuer son tonneau et à le rouler dans toutes sortes de directions. Babelais se trouve dans le cas de Diogène, le monde s agite, la guerre va re^ Commencer; comme on ne Ta chargé d'aucune fonction, il s'est repris aussi à rouler son tonneau» et c'est ainsi que, tout en bavant à la façon d'Enniu$, d'Ësdiyle, d'Homère et de Caton, qui n'écrivaient
IL 8*mrinT eh lobbIivs. 319
jamis saM boire, il a composé ce troisième livr^; qu'il offre à ses lecteurs, en attendant le quatrième. Û n'écrit du reste que pour les gens de bien, les lecteurs bienveillants. Quuit aux cafards, aux cagots, ce n'est pas pour eux que son tonneau est percé, il s'armera au besoin du b&ton de Diogène pour les mettre en fiiite.
Ce troisième livre parut avec le privilège que Babelais avait obtenu du roi» Ce privilège lui accordait le droit de faire réimprimer les autres livres en les purgeant des foutes qu'on y avait glissées sans la participation de l'auteur. Il se garda bien — et pour cause — de profiter de la permission et il laissa se multiplier les éditions prétendues fautives.
Rabelais se trouvait alors à l'apogée de sa gloire et de: sa fortune. S'il avait des ennemis qui l'attaquaient avec fureur, il était couvert par la protectiim de Jean du Bellay, évéqtie de Paris, ambassadeur de France, par celle de Marguerite de Valois, de nombre de hauts personnages avec lesquels il se trouvait en rapport et surtout parje privilège du roi;
Mais la fortune et les flots sont changeants :
François P' mourut en 1547, Marguerite s'enfonça de plus en plus dans sa douleur et sa contemplatîon, sans achever même son H&ptaméron si joyeusesement commencé, et il se fit une réaction violente contre les libertés de Tesprit au commencement du règne de Henri II. Le cardinal du Bellay fut supplanté dans la faveur royale, par le cardinal
120 BIOéviPHIB DB VLkVELAlS.
de Loiraine, son ennemi. Dans une diàtdbe viofeate, on dépeignit Rabelais soits les phis noires couleurs Ç' ses livres furent dénoncés comme étant de ceuk qu'on ne peut lire sans danger pour la foi et la piété/ On venait d'imprimer une ébèraohe de âOQ quatrième livre, qu'on lui avait probablemient dérobée, mais dont on se faisait une arme contre lui* Rabelais s'effraya; il était brave «jusqu'au* bûcber exclusivement», il à. soin de nous eu avertir i plu^ sieurs reprises; il craignit le sort; de Dolet et de^ tant d'autres, et s'enfuit eii Lonraiae. Il partit même avec tant de précipitatioîi qu'à Metz, il se trouva dépourvu de tout. Cela résulte de deux lettres, qui ont été publiées pour la première fois en 1841, l'une de Rabelais lui-même, l'autre d'un de ses amis, en ce moment à Saveme, et qui constate sa fuite, sa présence à Metz et son dénuement*
La lettre de Rabelais est un appel pressant ali» cardinal du Bellay. Il se trouve dans la plus cruelle nécessité. H a vu en Lorraine un certain M. d'Ay^ arrivant de Paris, à qui le cardinal a dit quHl était dans l'intention de lui envoyer de l'argent, à lui Rabelais, mais M. d'Ay n'a pu vdr le eardiiial au moment de son départ et n'a rien apporté.
Si vous n'avez pitié de moi, ajoute Eabelais, je ne sache que je doi?e faire, sinon en doider désespoir, me asservir à quelqu'un de par deçÀ, avec dommage et ptrte évidente d^ mes estudes. Il n'est possible de vivre plus frugalement que je fais, et ne me sçauriez si peu donner de tant de l)iens que
^ Theotimus siv^de toUendis et expurgandis màjUs Hbm^ %%8 prœcipue qiios vix incolumi fide acpietate plerigue légère
fueant, (par Gabriel de Puits-Herbault, moine de FontevraultX 'ansus, 1549, in 8».
IL BSTOTJBNE A BOIIB. 121
Dieu Tiuft a mkiei^fiiu^iv QV^ri^.*!^ e^li«ppe aq viii^tan^ ^et me enlretenaat hoiinçatement fçomme je ay fajt, jusques à présent, pour' rhonneur de la' maison doàt j'estoiâ issu à ma de-
. partie de Financé. . ' > < .
MoAsti^e^ir, rje ne recottnMoide très Humblement à veatse bonoe grâee et pHe NoEftre Seig<»eiui yq^s d^iiper. <en p^^^û^ santéi tves- bonne çt longue vie.
La l0ttre> parvint à son adresse, puisqu'on. r« déeouyerte (ÙinB un recueil maauaerit de l^tifea adressées au tcurdiMl CeluiTci enyoya probaUemcmt; de l'argent^ mais Rabelais ne fut paa moins lObligé de «s^asserrir à quelqu'un de par deçà.» H devint médecin de la ville .da Mets et Von a retrouvé lA mention des somiBea qpi'ii reçut piendant les quinze nroia qu'il fut. chargé de donner aes' soins au mar lades de la cité. U.Ktessa de recevoir des appointa-' ments et probaUeiment quitta Metz & la SaÎAtt Jean de , 1 548.
Rabelais en s'adreasant au eardinal du. Bellay^ s'est servi du mot «aumône»; il fiuit évidiânmenti ne voir dans ce Viot ^ue oe'^quot en, termes da rbé^ torique, on appelle une jt^o^e, une expression adoucie. Ilid)elais, knédecin du: cardinal, touchait évidemment un traitement annuel à ee titi^» et ce jtraiter ment ne pouvait être, suspendu par Tabsence. £oa)cée et encore très courte de Rabelais. C'était donc une somme due, ou /tout au plas une avance, qu'il réclamait et non pas une aumône, dana le s«ia esaot que ce mot offrirait aujourd'hui.
xil' ' .
Pendant le séjour de Rabelais à Metz, le car(Bnal s'était jretiré à Rome, où. iLpassa ses dernières années. Rabelais alla l'y rejoindre,' (wûhablement mx a»
122 BIOCHUPBIE DS BIBELÂIS.
demande. Tous deux s'y trouvaient en 1 549, lors de la naissance du premier fils de Henri II. Rabelais fit Thoroscope du jeune dauphin et lui présagea les plus belles destinées; malhettreuaement Tenfatit mourut au berceau. Le seigneur d'Urfé, ambassadeur de France à Rome, le cardinal du Bellaj et les autres caitUnaux frau^is donnèi^ent, pour célébrer cette naissance, une grande féte^ dont Ba^ bêlais adressa le récit au cardinal de' Lorraine dans une série de lettres. Ces lettres, réunies sous le nom de Seiomachiey ont été insérées dans la plupart des éditions des Œuyres de Fauteur.
Il parait que Rabelais, qui ne figure dans ce ré*cit que comme narrateur, ne se borna pas à ce r61e et que sa science du dessin, ses connaissances dans la mécanique, dans ce qu'on appellerait aujourd'hui la chimie et qui n*ayait pas de nom alors,furent largement utilisées lors des^ préparatifs de cette fête. Antoine Leroy cite^ entre autres, comme son (Buvre^ un feu d'artifice au mifieu* duquel on vit se- dessiner une espèce de panorama de la yille de Rome et, au haut du Vatican, la figure du pape tenant d'une main la foudre et de Tautre Tolivier, des fantasmagories, combats de spectres, surprises, etc* qui, en France, n'auraient pas manqué de faire accuser ranteur de sorcellerie. LMdventeur de ces memilles ' fut demandé à grands cris par les as" sistants, et le cardinal le leur présenta comme un bon ^Français de vieille souche, son serviteur qu'il revendiquait pour l'honneur de la France et de sa maison.
Il devait y avoir un combat sur Tean (naumachie): et vxk combat simulé sur terre, une sewmaciUey—àA
LA «8CI<ttIÂCHI||f . 12S
wtéi^ ombre p.âx^^ combat, combat contre une ombre. On voulait faire attaquer un grand et monstrueux galion par cinquante menus vaisseaux, qui, après une joute prolongée, devaient le prendre et l'incendier, ce qui eût produit un imm^Ekse feu de joie, vii les pièces d'artifices qu'on y avait mises. Tout était prêt, une « horrible creue » du Tibre fit re« nonoer à cette partie de la fête.
Mais le combat par terre eut lieu, sur la place Sant'-Apostolo, où était le palais du cardinal. Non seulement tous les habitants de la ville se trou* vaient là, mais on était venu de cinquante lieues à la ronde pour voir le spectacle ; les fenêtres, les lucarnes;, les toits regorgaient de monde.
n 7 eut d'abord un combat de taureaux, puis di* verses passes d'armes, comiques et sérieuses.
Tout à coup, ou vit arriver une compagnie de jeunes et belles dames, magnifiquement vêtues en nymphes de Diane. Diane s'avançait elle-même au milieu d'elles, les dominant de la tête et couronnée d'un croissant d'argent; toutes avaient des ares à la main, quelques-unes menaient des lévriers, etc. L'une d'elles s'arrête pour renouer sa bottine, des soudards s'élancent d'un grand château de bois, construit à l'angle de la place et l'enlevait malgré led cris et la résistance de ses compagnes. Diane va se plaindre au cardinal ; il envoie sommer de rendre la nymphe. Befus deis gew du château, qui font monter leur captive au sommet de l'édifice et^écla^ rent qu'ils ne la rendront qu'à la force. On fait venir des troupes et le combat s^engage à gr^irid bruit de fifres, tambours, arquebusades et canonnades.
124 BIOOi^FiaS BS AABBLUS.
Les défenfleurs du ebâteau sonneot de la trompette et demandent i se battre en eombato «Dga^ liers. La propositûm est aceeptée, les gens dn diâteau sont vaiiicas, le ehiteau ne se rend pas. Un assaut est donné, il reste inutile; les deux années s'alignent alors Tune devant Taotce. On s'ageaoniUa d'abord de d^ox parts < le temps de dire rOraÎBOii dominicale», pais on se liyra une bataille en rè^; il y eut quelques cheyaux blessés ; deux heaunes fuirent aussi laissés morts sur la place. Un prêtre alla pour les confesser et quelques pillards pour les fouiller et s'emparer de leur dépouilles, mais c'é* talent deux hommes de foin.
Le château 6it alors attaqué et défendu par Partillerie; cette artillerie se composait en grande partie de pièces d'artifice, si bien qu'à chaque instant, c'étaient de nouvelles surprises et de nouveaux applaudissements des spectateurs. A la fin le Gâteau fut pris et Ton vit apparaître au sommet les armes de France, celles du duc d'Orléans et celles de l'ambassadeur. La jeune captive fut rendue à Diane, qui reparut alors avec ses nymphes, comme si elle fût revenue de la chasse. ' Mille cris se firent eu^ tendre : Vive France I vive Orléans ! vive Horace Farnèse 1 et aussi : Vive Paris, vive Bellay, vive la Coste de Langeyl
Ce spectacle fut suivi d'un festin rabelaisien.
Je ne parlerai point dn nombre et rares espèces des polMOBs ky servis, il est par trop excessif. Bien vo«8 dirax tu'it ce banquet forent servies plus de mille cinq cents pièces de four, j'entends pastés, tartes et dariolles. Si les viandes furent copieuses, aussi furent les beuvettes numereuses. Car trente poinsons de vin et cent cinquante douzaines de pains de bouche ne durèrent guères, sans Pautre pain mollet et oom-
LÀ «BcioMicani». 125
mun. Aussi fut la loalson de mondit seigneur retverendiBBâiiie ouverte i tous TeuaBS, quels qu'ils fussei^t» tout ieeluy jour.^
Le repas fini, on apporta deux fontaines artifi^' cielles garnies de fleurs, surmontées de cassolettes allumées, etc. pour se layer les mains ; puis il 7 eut des danses grotesques dansées par des bouffions, et enfin un grand bal, où les invités prirent part et qui dura jusqu'au jour.
En ces tournois et festins Babelais nota dent. choses insignes: Tune qu'il n'y eut ni noise ni débat, dissension ni tumulte aucun; Tautre que de tant de vaisselle d'argent en laquelle tant de gens de divers états ftirent servis, il n'y eut rien de perdu ni d'égaré.
Les deux soirs subséquents il y eut encoi'e de grands feux d'artifice.
xm.
C'est par le conseil et par l'intermédiaire du cardinal du Bellay que Rabelais adressa lé récit de cette fiSte au cardinal de Lorraine (Gruise), alorsr tout puissant à la cour de Henri H. Jean du Bellay, qui ne pouvait plus rien directement pour Rabelais, espérait par ce moyen lui assurer un protecteur à la cour. Rabelais s'en chercha un autre dans le camp opposé, le cardinal Odet de Cbfiftillon, auquel il dédiû>ltis tard son quatrième livre.' Les Ghâtillons' et les uuises étaient des ennemis acharnés ; les pre* miers ai^artenaient généralement au parti protestant, et le cardinal de Châtillon se convertit lui-' même au protestantisme peu de temps après l'in^pression du livre qui lui était dédié. C'était le frère aîné du célèbre amiral de Coligny, première