LIVRE L - GARGANTUA. L l'éducation
flOMMAlBE. — 1. a6né«logl« de Gargastna. — %. Lea Fonfrêluckeê •ntido- Uêt^ lea Prophéiiea de Noatradamua et lea deux Kapoléon. — S. Oh. Kodier, Mellin de St.Oelala et lea fanfrelaehea.— 4. Kala. aance de Gargantua. Lea propoa dea «beareara.» Y. Hago et BabeUia. — 5. Bafanee de Ôai^aatua. — 6. Enfilade de proverbea, Babelaia et Molière. — 7. Piemière édueation de Oargantaa. " 8. Oargantna et Eadémon. — 9. Le dne de Berry an Parlement.^ 10. Boaauet et Fénelon édacatenra. — 11. La Jnment de Oargantna et Diane de Poitlera. — la. Oargantna à Paria. — 13. Il enlevé lea clochea de l^otre^Dame. — 14. Maître Janotna de Bragmarde. — 15. 8a harangue. — 16. Lea clochea aont rendnea et le harangnear récompenaé. — 17. Gargantua tour à tour géant •t homme ordinaire. -~ 18. Gargantua et aea premtera Inatitnteara.~19. Gargantua étudie aoua la dlreotion de Ponocratea.— 20. Emploi de la Journée } qu'il eat bon de ae lever matin.— n.Bmploi de la matinée. — aa. Emploi de raprëamili. — 23. Bxercieea phyaiquea pendant lea joura de pluie. — 34. Béflexiona anr ee plan d*étadea.
Passons à Pouvrage authentique de Rabelais.
Nous suivrons notre auteur pas à pas, nous ferons des digressions quand il en fait, et quelquefois même lorsqu'il n'en fait pas.
Le premier livre est un des meilleurs de l'ouvrage ; il serait meilleur encore si l'auteur s'était moins souvenu de la Chronique gargantuine ; cette Chronique ayant obtenu un grand succès, il a cru à propos de conserver celles des aventures qui
OiHÉALOGIE DE OÀEGAirFVÀ. 171
ayaient para les plus amosantes; mais aa moins ici les a-t-il assaisonaées d'idées qui doivent leur &ire trouver gr&ce auprès des lecteurs sérieux :
En faveur de la ndson, Faisons grâce au badinage.
Pour la naissance et généalogie de Gargantua, Rabelais nous renvoie à Pantagruel. «Je vous rèmetz, dit-U, à la grande Chronique pantagrueline reconnaître la généalogie et antiquité de Gargantua. En îcelle, vous entendrez..,» Il résulte clairement de ces paroles que la Chronique pantagrueline existait déjà. Si Rabelais emploie le futur, c'est qu'il se met à la place des lecteurs, qui commenceront naturellement par le livre refait, puisque ce livre porte le numéro premier.
L'auteur se montre assez peu respectueux pour les droits de naissance et les traditions de famille :
Je pense, dit-il, que plasieors sont aujourd'hui empereurs, rois, ducs, princes et papes, en la terre, lesquels sont descendez de quelques porteurs de rogatons et de oostpets. Comme, an retour, plusieurs mat gueux, souffre^ taux et mifiéraUeb, lesquels sont deseeuduz de sang et ligne de grands rois et empereurs . • .
Quant à moi , continue- t-il , je crois que Je suis descendu de quelque riche roy ou prince. au temps jadis. Car onqnes ne vistes homme qui etist plus grande affection d^estr^ «Vf -et ïiefae que morf ; afin de faire* grande chère, pas ne travailler» poiat ne me soucier, et bien en* richir mes amis et tous ge^ns de bien et de savoir.
Rabelais, malgré ces plaisanteries, n'est pas un ennend de la noblesse ni de la royauté. Ses railleries n'ont rien de malveillant et sont de la même ni^ture que c^les que l'on voît les dévots se permettre entées le«rs siÀnto* . JUs ouvrages Samri
166 ŒUyfiES DIVERSES DE BABELÂIS.
De l'Aulnaye, Tun des plus ingénieux éditeurs de Babelais, appelle le Disciple «la plus misérable, la plus béte, la plus plate preduction» que puisse enfan^ ter l'espri-t humain. Jacques -Gharies Brunet est aussi d^avis que Rabelais n*a pu se rendre, en 1&37 ou 1538, coupable de cette «plate facétie.»
Voici le chapitre le plus piquant et te plus spi* rituel du volume :
Comme (le géant BringneirariUes) estftH Dtig jour aa bort de la m«r, psès d'un moalio à>vêi|t, taqmeïily avait on gros mas* tin de chien, lequel ne cessait d'abbayer après le diet Bri^goonarilles ; parquoy il ne pouYoijt reposctr nuict ni jour, dont il fut si fort despité que, par fureur et ire, il ouvrit la bouche si grande qu'il dégloutit et avalla le dîct moulin tout entier, sans rompre ny casser aolcune chose^ avecq le muànier et son cbôen tout en vie, tant avoit li^ bouche grande et fendue, parquoy vous pouvea tous croire qu'il eust bien avallé ung noyau de cerise tout entier.
Et pource qu'il avoit les farines proportionneez à la bouche, et que le vent donnoit dedans, ledlct moulin moiUoit et tottznoit en son estomach,. comme s'il eust esté en pteins champs. Toutefois il print bien aadict meusnier de ce qu'il avoit encore force sacz pleins de blé, parquoi U laissa tousjours muldre et tourner le dict moulin. Ce nonobstant, quand il nf'eut plus que mouidre, le feu se print es meules, et brusla 1#* dict moulin dedans le veiitre dudict Briaguenarille) ; parquoy il tumba en fiebvre continue, tant à cause du feu qma du cla* quet d'icelluy moulin. Il mourut le jiour piesme. qu'il trespa^sa; toutefois ledict musnier et son chien s& saulvçrent par le^ narrines, qui demeurèrent ouvertes, et' pource que l'asne du musnier rompit 8onlical;il s?ài courut à tous les diables appàa BOfn maistre à tr^nets champs, et voiUfl après.
Cette plaisanterie «et vous après» , qti a peur
but d'associer le lecteur aux mésaventures d'un per»
aonnagO) rtparaflt à chaque instant dans le Disoi-
jpte de Pantagruel: On ne la treurve jamais dans lea^
. ouvrages authentiques de Babelais.