‹ Rabelais et ses œvres (volume 2)Chapitre 41 sur 110 · I. l'éducation · texte numérisé non relu

I. l'éducation

SOMMAIBB. — 1. Oénéalogta de Gargantua. — 2. Les Fanfrêluckeê inido- U9*f les Prophéties de Nostradamus et les deux Kapoléoa. — S. Oh. Kodier, Mellin de 8t. Gelais et les faafrelaehes.— 4. VtAu sance de Gargantua. Les propos des «beaTeura.» Y. Hugo et Rabelais. — 6. Bnfanee de Ga^aatua. — 6. Enfilade de proverbeSf Babelais et Molière. — 7. Première éducation de Gargantua. — 8. Gargantua et Budémon. —9. lie duc de Berry au Parlement.^ 10. Bossuet et Fénelon éducateurs. — 11. La Jument de Gargan* tua et Diane de Poitiers. — 12. Gargantua à Paris. — 13. Il eu* lève les cloches de l^otre^Dame. — 14. Maître Janotus de Bragmardo. — 16. Sa harangue. — 16. Les cloches sont rendues et le harangueur récompensé. — 17. Gargantua tour à tour géant •t homne ordinaire. ~~ 18. Gargantua et ses premiers Instituteurs.» 19. Gargantua étudie sous la direction de Ponoc rates.— 20.Bmploi de la journée ; qu*il est bon de se lever matin.— 21.Sm. ploi de la matinée. — 22. Bmploi de l*aprèsmiéi. — 23. Bxereiees physiques pendant les jours de pluie. — 24. Réflexions sur ee plan d*étndes.

Passons à Pouvrage authentique de Rabelais.

Nous suivrons notre auteur pas à pas, nous ferons des digressions quand il en fait, et quelquefois même lorsqu'il n'en fait pas.

Le premier livre est un des meilleurs de Touyrage; il serait meilleur encore si Tauteur s'était moins souvenu de la Chronique gargantuine ; cette Chronique ayant obtenu un grand succès, il a cru à propos de consenrer celles des aventures qui

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avaient para les plus amusantes ; mais aa moins id les a-t-il assaisonnées d'idées qui doivent leur &ire trouver grâce auprès des lecteuirs sérieux :

En faveur de la raison.

Faisons grâce au badinage.

Pour la naissance et généalogie de Gargantua, Rabelais nous renvoie à Paniagritel. «Je vous rèmetz, dit-il, à la grande Chronique pantagrueline reconnaître la généalogie et antiquité de Gargantua. En icelle, vous entendrez... > Il résulte clairement de ces paroles que la Chronique pantagrueline existait déjà. Si Rabelais emploie le futur, c'est qu'il se met à la place des lecteurs, qui commenceront naturellement par le livre refait, puisque ce livre porte le numéro premier.

L'auteur se montre assez peu respectueux pour les droits de naissance et les traditions de famille :

Je pense, dit-il, que plusieurs sont aujourd'hui empereurs, rois, ducs, princes et papes, en la terre, lesquels sont descendez de quelques porteurs de rogatons et de costrets. Comme, au retour, plusieurs s^t gueui, souffre^ taux et miséraUeë, lesquels sont deseenduz de sang et ligne de grands rois et empereurs ... . :

Quant II moi, continue- t-il, je crois que Je suis descendu de quelque riche roy ou prince, au temps jadis. Car onques ne vîstes homme qui eust plus grande affection d'estre T07 et riche que moj; afin de faire* granide chère, pas ue travailler, poiat ne me soucier, et bien enrichir mes amis et tous gens de Uen et de savoir.

Rabelais, malgré ces plaisanteries, n^est pas un ennemi de la noblesse ni de la royauté. Ses railleries n'ont rien de malveillant et sont de la même mâture qtoe O0llea que l'on voit les dévots se permettre envers leurs aûata* lies ouvrages fonÂn

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liers de dévoticm coioposés au XVP siècle, les sermons surtout^ oontiennent , à l'endroit des personnages de TEimigile et de la légende sacrée, une foule de traits aussi peu repipectueux que le sont les paroles et les: lédts de Bal^elais i Tendroit de la monarchie ou de la religion, et ne tirent pas plus à conséquence. Cq sont des familiarités, rien de çlits. La généalogie de Gargantua n'a< nas été fabriquée de toutes pièces comme celle des ducs de Lorraine qui prétendaient descendre de Cliarleoiagne» comme celle de 1^ maison de France que les. uns font descendre d'un boucher, (voyez DantQ et le poème de Hugues Capet^ édité il y a quelques années); les autres d'un certain. Robert le Fort dont Thistoirene parait pas beaucoup plus, authentique* Celle de. Gargantua fut, au dire de Rabelais,, découverte par hasard dans un tombeau antique, si. long^ si long qu'on n'a jamais pu en trouver le bout. Là, au milieu de flacons rangés comme des quilles, on aperçut un petit volume d'écorce, contenant, outre, la généalogie; de Gargantua^ déjà publiée dans Paniagrtédy une suite de vers amphigouriques qae Rabelais appelle lui^mjSme des fanfreluches antidotéesy autrement dit : des balivernes autjldatées, des. prédictions en.rair, car «fantolucbes» est probable* ment une < ecmibinaison dea motb italientii: fanfàiuoa^ feuilles Itères emportées par. le vent, et de farfdlùi papillon. Cette manière de âibriquer des mots est fàmilitee i^ ïhtl>ela».

Les «fanfreltacfieis antldotëes» sont en* stpophes de Inift Tersî CMt une imitattenr vislUe de îa maf&ière

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et des prophéties de Nostradamns, qui ne furent réunies en volume que vingt ans après (1555), mais qui couraient déjà manuscrites.

Ce Nostradamns était médecin, comme Rabelais ; il fut même médecin du roi Charles IX, qui le prit au sérieux ; il dédia à deux reprises différentes ses premières Prophéties à JBenri II 0555 et 1558). Les autres furent présentées après sa mort à SenrilY. Elles sont en mauvais vers rimes, mais rhythmés à la façon des chansons de geste, c^està*dire bravant la règle de Thiatus et admettant ^au besoin, après le premier hémiisticbe, une syllabe muette qui ne compte pas dans la mesure, comme dans cette chanson populaire :

Avait pris femme le sire de Framboîsy, La prit trop jeune, bientôt s'en repentit.

Elles sont disposées, les unes en quaibnins, les autres en sixains. Comme elles n'ofirent généralement aucun sens, on y trouve tout ce qu'on veut ; c'est l'ordinaire des prédictions, qu!elles viennent de Nostradamns ou des spirites.

A la centurie IV, quatrain 54, on lit les vers suivants :

De nom qui onques ne fut an roy gaulois, Jamais ne lut un foudre si craintif, Troublant l'Itale, l'Ëspaigne et les Anglois, De fempe estrange grandement attentif.

Les commentateurs ont eu l'art de découvrir là l'histoire de Napoléon I*', après coup, bien entendu*

Les vers suivants qui figurent & la centurie Vin, quatrain 57, annoncent, si Ton en croit les commentateurs, l'avènement du même Napoléon à l'empire :

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