SB8 PAHENTS, SA MAISON
jeune était François et qu'il possédait, nott loin de Chinon une maison, la Devinière, et, tout auprès, un clos de vigne oïl l'on récoltait un vin pjineau fort vanté par son filsAUn de ses commentateurs, Le Duchat, a accompagné son édition du dessin de la Devinière et de la maison de Rabelais, telles qu'elles existaient encore vers 1711. Ce qui n'est pas moins certain, c'est que la maison de Thconas Rabelais devint une auberge vers la fin du XVI* siècle ; le fait est attesté par Jacques de Thou, qui au livre VI des Commentaires de sa vie raconte qu'en allant visiter la demeure studieuse de l'écrivain ainsi transformée, il improvisa des vers latins dans lesquels il nous montre l'auteur de fi^^^an^fiaa'applaudissant dans l'autre monde de cette nouvelle destination de son domaine. C'est Rabelais qui parle :
... Per risum atque jocos homîni data vita fruenda...
Inter amarescit séria felle magîs.
Et nanc, ne placidos laedant qubque séria mânes,
Cavit Echionii provida cura Del; Nam qnse a pâtre do mus fuerat Gbinone relicta,
Qua vitreo Lemovix amne Vigenna fluit, Postquam abii, coiumunis in usum versa tabernse,
Lsetiôco strepitu nocte dieque sonat.
Ridet in bac bospes pernox, ridetar in horto
Cum populus fesse cessât in urbe die, Tibiaque inflato saltantes incitât utre.
Tibia Pictonicos docta qiere çiodos, etc.
Le traducteur dès Mémoires de Thou a imité gracieusement ces vers en français :
Ainsi lUicchus, dieu deJa joie Qui régla toujours mon de&tio, Jipsqu'en l'autre monde m'envoie De quoi dissiper mon chagrin.
40 BIOaiUPHIB PB SÀBSLAIS.
Car, de ma maison paternelle.
Il Tient de faire nn cabaret, Où le plaisir se renonvelle Entre le bkno et le clairet
Les jonrs de fête on sV régale.
On j rit dn soir an matin ; Pans le jardin et dans la aalle Toot Chinon se trouve en
Là, obacnn dit sa cliaasonnette, Là, le pins sage est le pins fon, - Et danse au son de la musette Les plus gais branles du Poitou, etc.
Françoia Rabelais a^t pas 4e sœor^ Gonoiit*!! sa mèxe? il n'en parie jamais, il ne parle nulle part de Tamitié maternelle. Gonmie il parle «ouvent de son pàffe >et de Tamour paitemel, il &mt conclure ou qu'il ne connut pas sa mère, ou qu'elle ressemblait à ces femmes dont il est question dans son cinquième Livre:
Je m'esbabis si les mères de par delà portent [leurs enfants] neuf mois en leurs flancs, veu qu'en leurs nudsons elles ne peuvent les porter ni pastir neuf ans, non pas sept le plus souvent, et leur mettant une chemise [une aube] seulement sus la robe, sur le sommet de la teste leur coupant je ne sçay quants cheveux et avec certaines paroles.^ les font devenir oiseaux [moines] .
Babelais parle onMnairement des femmes avec la même amertume. Il résulte cependant des recherches de M. Rathery que Tauteur de Owrganùua n'aurait pas toujours gardé dans ses actes le dédain qu'il affiche généralement pour le sexe féminin. Il a existé, à ce qu'il parait, un petit Théodule Babelais, choyé par des cardinaux et mort i Lyon à Tftge de deux ans, mais on ne nous dit pas un mot de la mère.
IL ft£ FAIT MOIN|S«
Dsos toute rcfinuTe ^de Babelais, ii n'est question qnWe seule lois de femmes sympathiques, aimitos et méritait ^de l'élore, et encore est-ee en passant, i ffopos de Fabbaye 4el3iélèma II faut nécessairemeirt concIorB, ou qu'il ne j'est pas troui^é de femme de oe genre tmr le du^min ée Rabelais, ou que, s'il s'en est reiKcontré, il ne s'est étaîbU aucim attachement sérieux d'amour «n dl'aœiitié eatre ces femmes et lui. Cette aàsenceée femmes faomiétes, bonnes,>et dévouées, dans ia vie de rauteur nous explique en ^ande partie les écarts de ses écrits (en ce qui concerne la plus beUe et Je jaeilleui» moitié du genro Immaîn.
U y avaU a«ix environs de la Definiène, nu village ^ âeuilly une abbajf» où Rabisleis fut liacé comme éoelkr. B y appiit pen de ichoee, à ce^n'tl semUe» mais c'est là, assure^lhon, qu'il titoam le jnodède .d'un ées béros nie son aroman: «Jean -des Jlntoonmeures ou des Entamures*» Il s'appelùt Buinsurt et fut |4u8 tard prieur du couvent de Sermaise. i^Nous avons à ce sujet le témoignage d'un contempoirain, Antoine Couillart^ qui deos une épttro placée en tôte de ses Ckmtredits ijk No^mdamm, dit .à Dom fittinart :
'Quand Eiabelais t'ftppdait 'moine, C'estoît Bans queue et. sans doseove, Ta n'estoû prieur .ai obanoine»
Mais frère Jean de TËntameure.
;80ctir de là, Babdais fut envoyé, suivant tes «tts, ÀJluniisersîté d'Angers, — mais les arcfaives de iWversité sont muettes à oet ép;rd — et suivant les «utres, au eouvient de la£asmette ou de la Baumette^ Ce «ouvieiit avait été fondé par René d'Aigou,
éSt BI0Oa.\PHI£ DS KilBELÀIS.
qui 86 consolait par la culture des lettres de la perte du trône de NapIes^Gonstruit à. rentrée d'une grotte qui ra^ppelait au l'oodateur la grotte de la Ste^Bauine où la traditioa veut que M^elèine soit venue pleurer ses péchés après la mort cte Jésus, il Avait été baptisé d'un nom qui indiquait cette ressemMance ; c^ tait la petite Baume. Bené qui était us poète disdn^ gué — IVL de Qttatr;ebarbes a paMié ses Œuvres en quatre volumes in*Ô''; *— ^' organisa dans ce couvent on syBtèmo d'enseigaernent fort supérieur à celui- de$ établissements voisins. Rabelais, qui avait perdu Je temps à SauiJly, parait J^avoir utilemeiit employé 4 la Basmette pour son instruction.
Il Tutilisa aussi par les connaissances qu'il y fit. C'est: là. qu'ii. rencontra Geoftroy d*Estî«sac, qui devenu plus tard év^èqne <de Maillezais en Poitoti, resta toujours eoa ami, son protec^ur, son corres* pondant et qui imt toujoars^uoe grande place dans sa vie. C'est' là : aussi qu'il se lia avec le» frères da Bellay, qui jouèrent un rôle important à Tépoque, comme militaires et comme dif^omates, et sur lesquels nous aurons- à revenir.
l Rabelfiiis devenart homme, il lui fallait choisir un état. Instruit et épris de la science comme il Venait, il ne pouvait prendre qu'une profossâon libérale, devenir médecin, avocat ou professeur par exemple ; mais pour conquérir ces professions — de revenu incertain — il aurait fallu faire des études spéciales, que son père n'était pas en état ùtx .^ 'di^^po3itioli de payer. Obligé do se décider, il âmhmssay faute de mieux^^une profession qui, sans exiger de nouveaux sacrifices pécuniaires, Idia^sUrerait des loisirs pour continuer ses : étapes: en* lVi.ffraDchis8a»t ' des / préoot;
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