‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 19 sur 104 · BIOGRAPHIE £T ŒUVRES DIVERSES · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE £T ŒUVRES DIVERSES

SOMMAIRE. — 1. En quelle année naquit Babelais. — 2. Ses parents, sa maison, vers de Jacques de Thon, sa mère. — 3. Il reçoit les ordres dans un couTent de Franciscains. — 4. 6a passion pour rétude. — 6. La république des lettres. Préventions contre le grec. <-~ 6. Haine des ignorants contre les savants. — 7. perquisition ehes Rabelais et n» amis. — 8. U quitte le couvent de Fontenay. Légendes à ce sujet. — 9. Il demeure chez Tévêque de Maillesais. Echange de vers entre lui et Jean Bonchet. — 10. Rabelais étudie la botanique. Le* frères du Bellay. —11. Se* jour de Rabelais dans leurs domaines. — 12. Vers que lui adresse Clément Marot. — 13. Rabelais curé et médecin malgré lui. — 14. Rabelais à la Faculté de Montpellier. — 15. Il professe la médecine, ta femme muette.— 16. Son voyage aux îles d'Hyères? — 17. Le gârum, Rabelais chez le chancelier Duprat ? — 18. La robe d!e Rabelais. Ses premières publications. •— 19. Rabelais à Lyon y éditeur et médecin. -— 20. Lettre de Rabelais à un inconnu. II publie deux pièces apocryphes, quMl croit authen* tiques. — 21. Les ouvrages à la mode au XVle siècle. — 22. B»belais parodie les romans chevaleresques. — 23. Les almanache de Rabelais. — 24. La P antagrueline prognottifieation, — 25. Le divorce de Henri VIII. Rabelais accompagne à Rome le cardinal J. du Bellay. — 26. Légende sur ce premier s^our à Rome. — 27. Rabelais devient père.

V^ François Kabelais naquit à Chinon, ville située sur les bords de la Vienne, non loin de l'endroit où elle se jette dans la Loire, en pleine Touraine ; mais à quelle époque ? C'est ici que commencent les incertitudes. On indique 1488, Tan de la mort de Louis XI ; c'est la date consacrée, mais il est difficile de la

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eonciMer arec certainfi actes de la vie de Babelâis qui ont Tair d'être en vetard d'une dizaine d'annéeàMM*. Pjtnl Lacroix et Rathery d'accord sur ce point — par exception — sont d'a?is que les £aits s'expliqneraiait . mieux si Pon supposait Babelais né 4ànq ou six ans seulement av«<nt le XVP eiècle, en 1495 par exom* pie. Leur principale raison est que c'est à 28 ans seulement que Babelais aurait été ordonné prêtre, quHl aurait eu 47 ans lorsqu'il se prés^ita à la Fbt euUé de médecine de Montpellier pour subir son examen, 49 ou 60 ans lorsqu'il composa la Ghr^' nique gargantume^ si cet ouvrage est de lui, et le premier livre 4e PatUagmd, — environ 70 ans Icnhsqu'il écrivit son derni^ livre, et qu'enfin il y a dans Ja vie de Rabelais un long espaoe de temps dont on nes'explique pas l'emplcn.

Ces raisons ont une certaine valeur ; cependant ce nje sont que des conjectures et, en attendant quelque indication plus précise, nous ne voyons aucune impossibilité i la date vulgaire. Rdbelais éÉait f ort érudit, il connaissait la plus grande partie de ce qu*on avait écrit, et il avait beaucoup observé par lui-même, surtout dans les «denoes naturelles. Or, à cette époque, l'instruction ne s'acquérait pas aaas beaucoup de peine. Les procédés d'enseignenient étaient trèscompliqués ; on ne possédait que très peu de bonnes traductions, nombre de livres importants n'étaient pas encore impriméSi il fallait les live sur des manuscrits souvent jneorreets et qu'on ne se procurait qu'avec difficulté, il fallait enfin travailler prodigieusement pour arriver à des connaissances aujourd'hui f&cilement accessibles. Rabelais n'avait pu acquérir le savoir dont ses livres nous o&ent la preuve sans

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BIOORAPHIE PB RABELAIS.

^ temps considérable, d'autant plus que . le travail encyclopédique auquel il se livrait avait été entrepris sans fdau ai:rété, sans but, et par amour désintéressé de ]a science. Ces études ont très bien pu remplir }es longues années passées ps^r Babelaiâ dans le cloître et sur lesquelles nous avons si peu de renseignement^n S'il. a oommencé tard à étudier régulièrement la médeiti ne, s'il a cammencé tard à écrire, c^est que la vocation médicalie ^ c'est que Tidée de se faire auteur furent chez lui le i^odult des circonstaniCes et non l'exécution, d'un plan, préconçu. Quant à la verve qu'il aurait conservée en vieillissant, elle n'a rien qui puisse nous étonner. Jv^ J. Boiisseau, Bernardin de St-Pierre ont écrit tard et n'^n ont pas été moins r entraînants ^t moius : colorés dans leur style. Guizot, à 87 ans, . ayait-il rienpetdu de l'autorité magistrale de sa parole ? La verve, la vivacité, l'ardeur juvénile de:Michelet.n'a-t-eUe pas été en augr mentant jusqu'au jour de sa mort ? La date de 1495 serait très- acceptable sans doute si nous en étion» réduits aux conjectures, mais celle de U83 n'estnul*lement incompatible avec lesfadtSf et elle a l'arantagp de nous avoir été conservée par. .la tradition. Daifâ ce cas, Luther, né en :H84, aurait été d'un aa plus jeune que Fauteur.de Gargantua.,

lie père de Eabelals iétait-il apotiiioaire? était-il câbaretier ?, Cumulait-il lea> deux professions ? Tenait-jl lui-même.te cabaret de la Lamproie qui repar ieAt :é BOOHentàsLns FcmtagrudP Rie» ^,e tout cela B-est bien -établi. Ce qui est certain,, c'est que Thomas^ Rabelsî^ était père dejcinq enfants, dont le plus

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