‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 42 sur 104 · LES PROPOS DES «BEUVEIT^S · texte numérisé non relu

LES PROPOS DES «BEUVEIT^S

Ajoutons comme éclaircissefment au texte St-Gelaîs cité plus haut que <Carthaige> désigne ici Oenève, que les dents de Mégéra sont des semences de discorde, et que Jean de Pantalàis, ou du Pont-Alais, est Fauteur de quelques bouffonneries, «et que son nom était devenu synonyme de farceur. V Enigme se trouve dans l'édition elzévirienne de Mellin de St-Gelais, 3 v., 1873.

Le père de Gargantua s'appelle ici Grandgousier, ^^œme dans la Chronique, mais sa mère a un peu <^hangé de nom, elle s'appelle Gargamelle et non Gallemelle. «Grandgousier, nous dit Tauteur, était bon raillard en son temps, aimant à boire net et à manger salé, ayant toi^ours une bonne provision de jambons de Bayonne ou de Mayence et force lan** gués fumées.» Gargamelle, cette fois, n'est plus une œuvre de Merlin, mais la fille du roi des Parpaillots ou papillons. AvaAt de nous faire assister aux faits et gestes de l'enfant du miracle, Gargantua, Tauteur nous raconte une grande fête de man- ^eaille. On tue 367,014 bœufs — remarquez la fraction; — on en sale une partie, puis tous les habitants du pays et Houx eirconvoiains sont invités à en prendre leur part. On mange en plein air, puis on va se rigoler et danser sur Pherbe. On boit surtout ; le vin délie les langues et les fait raisonner et déraisonner. Rabelais, qui se grise lui-même de ce festin à la flamande, nous raconte des <; propos de beuveurs> tels qu'il avait pu en entendre à la «Cave peinte» daius son enfance.

. . . f^lacons d'allftr, jamboas de trotter, gobelets de voler,

180 OAKOJIST0A. — I. L'ÉDUCATIOM .

coupes d« Ho>er. «Ventre SCQoaiel, parlons de boke - Je se bois qu'à mes heures, oomme la mule du pape - Je ne bois qu'en mon bréviaire comme un père gardien ....

n j avait de& bouteilles qui avaient la forme d'un bréviaire. G'e&t ainsi q«e dans le Euy JSlas de y. Hugo, Don César de Bazan^ ouvrant une armoire qu'il croit une bibliothèque, et y trouvant des provisions de bouche et du yini s'écrie en. saisi^sunt une bouteille :

Lisons d'abord ceci. C'est une œuvre admirable De «e fameux poèM appelé le soleil

Nous continuas de citer, en abrégeunt, et en sim»* plifiant l'orthograpfce :

... Je ne bois jamais sans aoii, dit un buveur, sinon présente, au moins future. «Te bois pour la soif à venir. ^ Si je ne bois, dit un attire, Je suis h sec, »e ^ilà m«rt< m(m âme s'enfuira en ^toelque greneaUlère ; jamais lUme a'habite en lieu sec- Si le papier demescédules (ou lettres de change) buvait aussi bien que je fais, mes créanciers auraient de quoi boire. — Si je montais en l'aii* aussi bien que j'avale [ce mot signifiait à la fois dwdef t\ de^eendré], je serais bien lunil en l'air. -Petite pluie abat i^and vent, lonfues bnvetftes rompent le tonnerre -^ Je bavais toat autreCeia, meMStenant je ne laisse rien -^ Celui qui a perdu la soif n'a pas besoin de la chercher ici. —Un remède contre la soif ^ CTest le contraire du remède contne la morsure des chkns r Gourez toujours après le nïàeA, jamais il ne vous mordra ; buvez tonQOtirs avant la soif; jamais elle ne viendra. — Paga reii^^Hs mon verre et couronna le vin : la nature a horreur du vide, etc., etc.

Victor Hugo s'est évidemment souvenu encore de ce passage en éortvaat, dans les MiséraUes, les propos des étudiants en goguette. Le dessin des pror pos est le même et les propos se renenvUest :

Ne parlons point au hasard ni trop vite, dit Tholomyès. Trotp d'improvisation vide bêtement l'esprit. Bière qui coule n'amasse

EHFINCB DE QlAaiHTIfA. 181

pM deauniue. MM^im, pu dsfe&t»; inM«uUiii*ls>Mi'la rÙMkiUt. mneeeia arw ipaaeilleDwat ; £'atima lmtt«, EestintnB lentement, ne noiupressoni paa. Voyez le pTiateinpB; s'il se dépêche, il est flambé, c'est-ft^dire $tlé. L'excès de zète perd les p£cliers et les abrieotlcTs. L'excès de zèle tne la jzrace et la joîs dM bons dîners. Vu de aèH», nessiean t Qrâati de la Rey- BièN est i» l'arâ;4a TâlWtvMKl. etq, st& (^w MittT(fi>Us liT. m.)

Victor Hugo, par boq faire luge et l'aiBplesr de ses allures, est de Uns bos écriviàns cébù qui a le lAos êe faj^rt «rcc Rabelais;-^ pour la forma s'entend et non poar la penaéé.

C'est te jouv d« cette ftte ^e âargwtiu aortit de l'oreille de &a mère. A peine né, il s'écria : < A boire I à boire !> Grandgousier accourut : — <Que grand tu as!» s'écrlft^Hl, mppt» : Ut gorier. ,De li lenom de ÔM-gamtoaidoiué; % sa pregâtlitttre; on loi assigna iT,9is i&t^ea pMHT l'aUeittih, mah U aimait siognlièrement k boire du via et le bruit des âacoas saiàsait pont- le catmer, quand il était es eolère. Lorsqu'il fut grand, lé père le fit^ kaMHer de aes couleurs, blanc et Uen, e^l'aiteur a'amuBc àatus raconter — détaU emprunté à la Ghienlque -^ ewabten il &ltut pour cela d'aunea de toile pour le vêtir : 900 pour SA cbemise, 200 pour les goussets des aissâlles, 813 vues de satin blase pour le pourpoint et 1509 et demi pesusde cblenpoar les aigoiUettes. <£t c^eât alors qu'on commença à attacher les chausses au pourpeint M non )«[ piwpoint a«Z' chansea, ce qui «at contre nature, oonme l'a démontré O^am wir les Sxponibles de U. Hautechaussade* -^ Ockam, le «élèbre tMtàogien. ecAbutiqua u^laia,- a'a pas fait de

182 GABOANTUA. — I. L']ÉDUCATI0N.

dissertatien smr les chausses et les poarpointSi mai» il en a fait sur des questions qui n'étalent guère plu» intéressantes.

Nous croyons inutile de copier les dimensions des autres parties du vêtement Rabelais^ quand il a> trouvé un thème de plaisanterie, ne l'abandonne paa qu'il ne Tait épuisé. C'est un rapport de plus en-^ tre lui et Victor Hugo.

Noua pouvons piuaser sims. regret la dissertation^ sur la signification du bla^c et du bleu, .bien qiae Pauteur y fasse preuve d'une curieuse é^rudition — et plusieurs chapitres sur Tenfance de Gargantua, où: quelques phrases piquantes sont entremêlées de dé* tails «plus, mais non.mieux sentant que roses.»

Signalons eepenâant «ne page amumite eu Tautenr entasse les locutions .proverbiales. I#es première ont report an sujet, mais Tauteur M . tarde pas à se griser de ses proverbes, il. les enfilie et les entasse sans ae sourenir du pomt df) d^rt. Nous abrége<ms et simpUflois* oaasidérablemeiit;

Gargtntaa passa set< i»miiidret sanées cômne les petit» enfants du pays» i boiret, manger eijt dotrmir, j^ dormir, nuKQger et boire; À dorniir, l^ov^e et lOADgep.

Toujours' se vautroit dans la f^nge, se salîssoît le nez, se noircissoit le visage, acculolt ses soulier s, bayoit HXsx mouches^ oouroit après les papitUnis dont son père avoit Peittpire, se monchoit Biir ses manelies» l^ivoit dans a^ j^antonfle et aeérottoii le ventre d'an panier*

Voilà Teifilade de loeutioBS; proverbiales oommen* eée; elle va eontànuer loogtettjps ; il n'y «en a paa moins de 70. .....

Il aigmsoit ses danta â^ labol; 4ajtoit: leslauins de po-

BRFILIDE DE PXOTEGBEB. 183

tagCi se peignoit â'nn gobelet, baTràt en mu^eant m aoupe, mangeoit s<m gitean buib ptin, mordoit enritut, lioiteumorâant, se cachoit eu l'ean de penr de la ploie, songeo^ creux, hîsoit le Bucré, disait la patenOtre da singe, retoumoit à ses montons, mettoit la charrette devant tes bœufa, se grattoit où il n'étoit point démangé, mangeoit son pain blanc le premier, ferroit les cigales, se cbatAuilloit pour se faire rire, faisoit chanter Magnificat à matineB, comptoit sans son hdte, Lattoit les baissons sans prendre les oisUlons, prenoit les vessies pour des lanternes, tiroit d'un sac deux montures, faisoit l'&ne ponr avoir da son, de cheval donné regardoit à la dent, sautott da coq k l'&ne, gardoit la lune des lonps ; si les nuei tomboient espéroit prendre les alouettes, faisoit de nécessité certu ; tons les matins il écorcboit le renard [c'est-à-dire: ïomislaitl; les petits chiens de son père mangeoient en son écuclle «^ lni-in8me mangeoit avec eux, (1 leur mordoit les oreilles, et ils lui ^ratignoient .le nés.

Cea dernières phrases noas r&mènent an sujet, mais nous l'avons singalièrement perdu de vue en chemin. Cest ce que fait presque toujours Sancbo dans Don Çuickbtte- Sgaiiarelle, dans le Don Juan deMollère, se grise aussi peu à peu des proverbea qu'il entasse. Mais la tirade est plus piquante encore, parce qu% Sgamrelle est petSuadé qu'il ^t un raisonnement triomphant.

Sachez, monsienr, qnetantva la crache à l'ean qu'enfin elle se brise ; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l'homme est en e« monda ainri que l'oiseaa sur la branche ; la branche est Attachée à l'arbre \ qui s'attache à l'arbre suit de bons préceptes; les boas préceptes valent mieux que les belles paroles; les belles paroles sont à la cour; à la cour sont les courtisans ; les courtisans suivent la mode ; la mode vient de la fantaisie; lafantnsie est nue facoUé del'ftme; l'ftme est ce qqi nons doane la vie; la vie finit par la mort; la mort nous fait penserau ciel; le ciel est aa-desiua de la terre; la terre n'est point la mer ; la mer est sujette aux orages ; les orages tourmentent les vaisseaux ; les vaisseaux ont besoin d'un bon pilote; un bon pilote a de U prudence! ta prudence

QOMrÀmVk^ — L It'ÉDUCATION.

B'«6t p*8 dui8 IflB jeoaes feas; les jeune» gens «béisMnoe «ux Tieux; les tîcux aûneni tas ikkesses; laa xicliesaes font les rkkes; les xkke» m sont pas pMYres; les pauvres oat de la aéceasité; la nécessité a'a pas de I(H; qui A'a pas de loi vit oq bête brute ; et» par coBséquentk vous sores damné à tous les ctiablea.

Ce passage est mutilé dans la plapftrt des éditions de Molière.

vn.

Arrivons an moment où Ton songe à msrtnrird Gargantua.

Il s'agissait de lui choisir un précepteur. Grandgousiery son père, — qui dans ce chapitre et les suivants est redevenu un homme de tûlte ordisair» — Grandgousier n'est psis tout à £ait un ignorant; il a lu Flutarque et il cite la manière dont Alexan* dre dompta le cheval Bucéphale que personne ne pouvait monter, et cela en 1» faisant courir du côté du soleil et en Tempêchant de voir son ombre, dont il avait peur. — Mais Grandgousiei; se défiait de lui-* même, et bien qu'ayant tout bas son av)p pwsounel, il s'en rapportait ordinairement au jugememt des autres. Il prit nécessairement un précepteur à la mode. II s'appelait Thubal HoIofernO'

Le système d'enseignement était alors en France^ ixmmie il l^st encore aujourd'hui, fort en arrière des besoins. On en était resté aux traditions du moyen âge, et Tart de raisonner, la logique, y occupait la place pr^ndérante. Ce aystème avait ea dm bon. Il datait de l'époque oè, au lieu d>e ctmm tout simplement sur la parole du maître, on s'était mis à raisonner sa croyance^ où ton avait vu la foi cherchei: sa raison d'être, /Me» q¥09ren8 mtdr

PRBinfeBB ÉDVCITION DB QiSfiANTCi. 185

UetuM, suiTBDt le titre d'un traité ife St Anselme. Od «Tait pea île folts, et peo de mojois de les otrserver et de les conoaltre; (m s'terorçait à raisonmer en attendant, on faisait de la gymnastique intellectuelle. CMait fort biea poizr commencer, mais on slmagisa qoe cette gymnastique était le bat, et qae toute rMucatlott ctmsistait à faire des tonrs de force de raisonnemeKt, sans se préoccuper de la base des raisonnements, de l'observation des faits. On {aisaît entrechoquer des mots, <ob se perdait en ^tisctions subtiles sur des c&îmères, on argumentait sur des idées insaisissables et Tagues, tandis qne *

le dMe, qai eovrait impétueusement en avant, im- '.

posait la nécesnté de cwnattre les elioses et d'étudier les fiuts qui. servaient de point de départ au raisonn^nent.

Rabelais va battre en brècbe cette éducation, qui ne formait qne des esprits chimériques, et poser les tiigles du vni système d'éduoatie& rationiie)le, non par des *

raMenneneats, ±ai» m hisant passer les faits de- *

vant nos yeux. ,

Voyons M ''qfle Tfanbâl fitolefeme va faire du Jaime Gargantua. '

11 lui eoseigba d'abord l'alpbabet et, avec une telle ^rfectioK) qu'il pou^t ledipe atnrt bien ea c«mmraçant par e qu'en ^ comcam^nt par a. Oa em- I^ya à Mtte étude cinq ans et trois mois ; puis il IbI avec son élève b Grammaire latine abr^ée, 1

de Bout -, il ïuî fita^prendve par ecsnr «t écrire le *l

lyÊCd et le ThiûdêUi, va reowil d« vers moramt et nue égîogue latine, où le Mensonge, la Vérité et '

la Si^iesse diseat«Bt ea mauvais vers. On lut en* sidteuBp«litIlvi« ddatËraffloese moque beaœoap:

186 GAKGANTUA. — I. L'EDUCATION.

De modis significa/ndi^ avec les conunentaireB de Heurtebois, Faquin^ Tropdit, Jean le Veaa, et astres auteurs de rinvention de Babelais. L'eofant apprit ce livre par cœur, si bien qu'il pouvait le réciter en conunençaat paj: le commencemœt ou par la fia & volonté. Il mit dix-huit ans et onze moÎ9 à cette étude* Il employa encore seize ans . et deux mois à apprendre mot pour mot les autres ouvrages en vogue alors dans les écoles*

D Vtres maîtres vinrent ensuite^ qui continuèrent ce beau système d'éducation, lie dernier s'appelait maître Jobelin Bridée

L'enfant étudiait aveo sale, il apfffeitait bien, il répondait aux examens de manière à satisfaire pleinement ses maUres -r.mais plus il étudiait plus il devenait «fou, niais, resveur et assoté.»

Vin.

Grandgousier se désolait^ Q alla conter son chagrin à un de ses. amis, Philippe desi^rays, viceroi de Papeligosse. Celui-ci lui prouva^ «lair comme le jour, que son fils n'approudi^it jamais rien avec de tels livres et de tels précepteurs, «propres tout au plus ^ abâtardir les bous écrits, paralysor l'arde«r de la jfeunesseet r<abétjrv W i^éduisfia^ tout à d^s exercices de mémoiire*^ . ;

Le vicorToi dit i Grandgousier; qu'il tannaisaait un jeune page qui avait â;udié deux #,ns seulement, mais par une autre méthode et sons ui| aut^^mal^ tre^ et lui proposa 4e le lui amener. Grandgousia: y conseutit*

Le jeupe page lut, amené. H s'appelât Eudémon Ebonnid inlieUigei^e] etson nn^tre £oDo<urates;[pofi^

LS DUC DB BEBBT AU PÀKLSMEKT. 187

^<ur du travail]. Il n'avait rien de la crasse des pédants placés jusqu'alors près de Gar^aotna. Il était isi bien peigné, si bien brossé, si convenable en son maintien que «mieux ressemblait à quelque petit angelot qu'à un homme. >

Le vice*roi l'engagea à s'adresser à Gargantua et à hiî demander de s'attacher à sa personne. Eudémon ne se fit pas prier, et dans un petit discours, un peu oratoire peut-être, il félicita Gargantua des soioa qu'on avait donnés à son éducation ; il dit qu'en Teconnafesance de €es bons soins, il devait se montrer bien respectueux et bien dévoué pour ses parents, et il le pria finalement de vouloir bien le retenir pouor un de sea Aervitauis. U ne demandait pour le moment rien autre chose que de pouvoir lui complaire en quelque service agréable.

GÎargantua fut si, hun^ilié d^ Toir ce jeune page s'^xprimant si. bien et tellement supérieur à lui, qu'il se pôt àplaurer «comme une vaohe»; il se cacba la tête «de so^ bonnet i et il fut impossible d'en tirer une patoie.

Ginguené rappelle, à propos d^ ce pa^f^ge de Bab^s, CQ qui arr J7« à l'un de& âls d^ Louis XIYi au duc de ^^ny, dana ]a séance . du parlement où il reuM^à 1a cpuironiie d'£)f(pt@Qe* Vo^^i le récit de

Le lynQniler.présidint fit lop coiapliiK^nt: ^ M« le* duq de Berry. XiOrsqu'il eut acbeyé, ce fut 2^ ce ^riaoe A répondre. Il ôta à demi son chapeau, le rçmit tout de suite, regarda le premier président et dît: Monsieur . . . Après un moment de pause, il répéta: Mdnsle«kr . . I¥ regarda' Ta ooo^^^ie, et puis dit eneore r Moaaieii]?'. » U 8» tourna à* M. la'dae d^Qriéaae, plus roO|;e tovs

188 GlBaANTTIA. — I. L'ÉDUCATIOW.

^euxquele fén, pain aa premier ptésidettt, et. finiismeat demeura cooi!l sans qu'autre chose i^tne f Moniieur» l«i pùi Bortir /de l4k boucbe.,. I^ôn le premier |)pésident,. voyant .qu'il n'y avait plus de ressource, finit cette cruelle scène,, ôtant son bonnet à M. le duc de Bérry, et sMnclinant fort bas comme si ta réponse était finie, et tout de suite ^aux gens 4u roi de parler. En rentrant i YenaiHes la priBoeas« de Moitmban ala au devant de lui et sans savoir im mot de ee qui &'fétfat j^ssé, eUe se mit i^ crier, dès qu'elle .aperçut le duc, qu'elle était cbanuée de la grâce et de l'éloquence avec laquelle il avait parlé au parlement. Ilrougjttte dépit sans diriirune parole, et'à la finn'y tenajDLt plus, il emmena M. d» St^iatmolieeiuiy ^xàn a^mïtk iflaver» h crier, ^ se plaîa^ du xaî e4 de «m pntoepteiir: Ils n'ont songé qu'à m'abêtir , «f^cria-t-il en pleurant de rage, et à étouffer ce que je pouvais être ; on ne m'a rien appris qu'à Jouer et à cbasser et ils 'ont réussi à Mre dèrmoi un sot et une b^ ineapable dé tout, «t qùf M sera jâinal» pMtu^ à4ito t . . .

La famille dé LonSsXIY • noms éffre àusiâ, toute proportioÊ gardée, un ^nhte nflevé à la façon de Oargantua d'après la métbodis Kraditioimelle, et un prince éte?é< comme Bndélnm d'ailifès nne tnétlMKle plus rationnelle. Le dauphin, élevé par Bossnet, ^reâta d'une déplorable médioa:ité, le duc de Bourgogne» élevé par Fénelon, deviist un homme remarquable. Oela tenait aux dispositiotia des âèves ' sans doute, maie cela tenait «neote plua «u mode d'enseignement. Bosttu€ft appliqua le «r^slèmè de JdbeKn : beaucoup apprendre par codur. Fénelon se rar>pro<fca du système de Ponocrates ; il mit son élève en rapport direct aTec les choses, et, pour réteveràw hauteur, il commença par se fiiiré jeune et ignorant comme lui. Les deux systèmes sont écrits diais les ouvrages c^npo^és par les dei»; éviéqy^es f9W le«^ éii^ ves. BwsQet présente la^ siiieiie» dans toute son«rt-

BOBSDBI ET ftVEUÏS ÉDUCÀTEQItS. 18^

dite et Boo austérité. Voyez plutôt VHisioire tmiversâïle, la. Fûlit4gue Urée de VUeriture sainte, la- Cotmaiesance de IHea et de soi-même. Y a-t-il là ■au seul mot qui suppose un auditeur jeuae et ifpio- TUit ? L'illustra écrivain descendril quelque peu de ses hauteurs Qour ee n^ettco à la portée de son élèfe ? Jamais- Il s'impose, il faut qu'vn, le croie ; il faAt qa'iu apprenno saos ooaipreBdre su mom^t» sauf à oomproidre fias tard. Son élèT« l'a cru sur parole , jl ne s'eBt pte donné, la pei&e âe comprendre ce ^«'OD se daignwt pas hii expliquer : son ïrtelligenee est restée dans les langes et ne s^est jamais dévdoi^éa.

FénelOD, au ooatraîre, comiaQoae par se mettre à la taille de son élève,; il Uii compose d«s fables pour l'amuser en l'inijtruisaQt, des fables nées pour la plupart d'une circonstance de la vie du jeun& prince. Pour lui apprendre lliistoire, il ne commence pas par lui znettre entra les maias un livre aride et systématique; il cause avec lui sur les grands hommeal, et quelquefois, iwi seâ Diaïogma- des morts, par exemple, il le fait assister auif conversations qu'ils ont entre eux. L'esprit de l'enfant s'épanouit sous cette' înSuence bienfaisante; dans cette atmosphère de patience et d'amour , -le jeunet prince grandit par rintelligence ; il se transforme moralement, et s'il lui eât été donné de régner, il fût devenu an- sou- "veraia remarquable, moins brillant peat-étre, mûçplus sensé que Louis XIV. Le dauphin sur le trône eût été inférieur & Louis XV.

Bossqet a mieux réussi que maître Jobelin. Fénelon n'a pas aussi bien réus» que PoooArates, mais enfin, les deux systèmes se sont trouvés en présence, ils-

l&O GAEGANT0A. — I. l'ÉDÏÏCATION.

ont été' Ipratiqués par des hommes également éminents et ils ont produit en petit les résultats annoncées par Tauteur de Gargantua. Le bouffon chez Rabelais n^exclut pas le philosophe.

En voyant Thumiliation de son fils, X^randgousier se mit tellement en colère qnll fut sur le point de tuer le «vieux toasseux de précepteur» , et Ton eut grand peine à le modérer. Il ordonna à la fin qu^on lui payât ses gages, qu^onle'flt «ehoiâner théologalement», puis qu'on l'envoyât «à tous les diables».

Maître Jobelin congédié , il fut convenu que l'éducation de Gargantua serait confiée à Ponocrates et que les deux jeunes gens se rendraient à Paris avec leur précepteur pour connaître quelles étaient et comment se faisaient les études des jeunes Fran çais à cette époque.

Ce voyage à Paris va devenir Toccàsion de quelques-unes de ces scènes bouffonnes que Babelais se plaît à mêler à ses pages les plus sérieuses. Celles qui suivent sont, pour la plut)art, empruntées à la Chronique gargantulne, mais beaucoup plus développées.

Voici d'abord la fameuse jument. Dans la Chronique, elle est fabriquée par Meriin; ici c^est un présent envoyé à Grandgousîef par un roi de Numidie. Elle avait une queue si longue et si forte qu'elle s'en servait pour déraciner les arbres. A ceux qui seraient tentés de s'émerveiller de cette queue, Rabelais cite les moutons de Scythie, et ceux de Syrie, qui au rapport dHérc^ot^, traînaient un petit chariot sur lequd leur queue était

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