‹ Rabelais et ses œvres (volume 3)Chapitre 73 sur 104 · S£S VOYAGES. B · texte numérisé non relu

S£S VOYAGES. B

jour, il dévore, à moitié crue, une de ces bétes^ sans vouloir lâcher prise. On fut obligé de l'attacher dans son berceau avec des chaînes ; quelques-unes de ces chaînes subsistent encore, dit Kabelais; Tune, par exemple, se voit à La Eochelle et se lève entre les deux grosses tours qui se trouvent à l'entrée du port ; une autre fut emportée pour lier Lucifer qui se déchaînait en ce temps-là à cause d'une colique affreuse qu'il s'était donnée en mangeant l'âme d un sergent en fricassée à son déjeuner. Un beau matin, entendant qu'on banquetait dans une pièce voisine, Pantagruel se lève avec son berceau «ur le dos et apparaît dans la salle à manger pour 'récla^ mer sa part du banquet. Un autre fois il étouffa et dévora à moitié un ours qui venait lui lécher le visage.

Pantagruel est envoyé à l'école et parcourt les universités des villes les plus célèbres ; chemin fai^ sant, il sème le pays de monuments antiques; de même que le Qargantua de la Chronique a planté le mont St-Michel, Pantagruel élève un dolmen aux environs de Poitiers ; en passant à Nîmes, il cons* truit en un jour le pont du Oard, et en un autre jour l'amphithéâtre de Nîmes ; c'est à lui aussi que Babelais attribue cette perte du RhônC; sous des rochers qu'on a fait sauter ces dernières années.

La, tradition qui aittribue à des géants l'érection des monuments de pierre brute — appelés improprement monuments druidiques — est répandue dans tous les pays purement celtiques des lies Britan^ Biques et de la France, dit à ce propos M. Henri Martin {Histoire de France, VIII). Il feiut ajouter cependant qu'une autre tradition des mêmes pays.

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