‹ Rabelais et ses œvresChapitre 105 sur 134 · PRÉDÉCESSEURS ET SUCCESSEURS DE RABELAIS · texte numérisé non relu

PRÉDÉCESSEURS ET SUCCESSEURS DE RABELAIS

SOMMAIRE. — 1. P&ntagraélistes et Pannrgistes. — 2. Rabelais et Montaigne. — 3. Aristophane. — 4. Aristophane et Idttré. — &• Pin* tarque* '— 6. Lucien. —- 7. Écrits da moyen âge» Pathelin. — 8. le chevalier de la Tour Landry^ le Violier des histoires romainest les prédicateurs. Les Cent nowfeltee Nouvelles. — 9. La reine de I^avarre.— 10, Bonayenture Despériers. — 11. Henri Estienne. — 12. Les Pannrgistes du XVI« siècle. Etienne Tabourot. -^ 13. Bé-> roalde do Venrille. ;— 14. Noël du FaiL -r. 15. A. d'Aubigné, la Ménippée. — 16. Lés Caquets de l*aeeouehie, — 17. UBeasaméron rustique. 8orel, Scarron, Foretière» Le Sage. ^ 18. Quev«do. Le grand Taeano. — 19. Les Visions, — 20. Cyrano de Bergerac. •— 21. Swift. Le Conte du Tonneau, —22. Les voyages de Gulliver. — 28. Les romans de Voltaire. — 24. Dulaurens, Diderot, Beaumarchais, Restif de la Bretonne. — 25. Sterne. — 26. Npdier. Histoire du roi de Bohême. — 27. Balzac. Contes drolatiques. — 28. Ouvrages où figure Rabelais. Le Suire, le bibliophile Jacob, Constant. — 29. Pièces de théâtre où ûgare Rabelais.— 30. Pièces de thé&tre où figurent les héros de Rabelais.

Nous avons vu les géants de Rabelais passer sans transition des exploits les plus formidables aux occupations les plus infimes. Gargantua, qui vient de mettre une armée en déroute, va lui-même cueillir de la salade et Téplucbe. Pantagrnel emploie sa langue, cette langue assez vaste pour couvrir toute une troupe de combattants, à faire des calembours, qui ne sont pas toujours du meilleur goût.

Rabelais est comme ses géants, il trouve un égal plaisir à développer une grande idée et à combiner un

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jeu de mots. Les polissonneries de Panurge Tamusent tout autant que les contemplations de Pantagruel, et il ne croit pas plub déroger en ramassant les menus détails qu'entassent Pline ou Aulu-Gelle que les grands traits historiques de Plutarque.

Mais les hommes chez qui ces deux facultés sont réunies, ceux qui se passionnent pour les grandes et les petites choses, sont tout à fait exceptionnels. Les aptitudes sont généralement partagées , il y a des spécialités. Aussi parmi les ascendants et les descendants littéraires de Rabelais trouverons-nous deux classes d*esprits tout à fait différents: les penseurs et les viveurs, les philosophes et les joyeux conteurs, les pantagruélistes qui se maintiennent à une certaine hauteur morale et les panurgistes, qui ont une tendance à s^égarer dans les bas fonds de la littérature.

Ce qui caractérise Rabelais comme penseur, c'est sa foi au progrès, sa confiance en l'avenir de Thumanité. Il admire beaucoup la science et la sagesse des anciens , il aime à nous montrer Tesprit de Pantagruel s'élançant au milieu de leurs livres avec Pardeur du feu qui s'élance à travers les broussailles. Mais l'étude de l'antiquité n'est pour lui que le moyen. Sachons d'abord ce. que l'antiquité nous a enseigné et partons de là pour aller plus loin. Les déceptions du moment ne doivent pas nous a:rréter ; méprisons les choses fortuites, en avant ! L'âge d'or est devant nous !

C'est cette foi, cette foi profonde qui le sépare de Montaigne. Montaigne a beaucoup vu, beaucoup ap-

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